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Ce que j’ai appris du président Trump

Le président des États-Unis, Donald Trump.

Le président des États-Unis, Donald Trump

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ceci n'est pas un bilan des premières années mouvementées de la présidence Trump. Il ne s'agit pas non plus d'une liste de leçons pour ses successeurs. Ce sont plutôt les réflexions d'un observateur privilégié d'une période cruciale de la vie américaine.

Un dernier texte de Yanik Dumont Baron, correspondant à Washington. Retrouvez-le dès la fin août comme correspondant à Paris.

Il faut éviter les clichés. Inutile de s’attarder sur la première leçon de la présidence de Donald Trump : les normes seront bousculées, l’impossible (ou l’impensable) peut se réaliser.

Pas besoin non plus de trop s’étendre sur ces deux Amériques. Deux pays en un, divisés par des valeurs profondes, vivant dans des réalités différentes. Attardons-nous, plutôt, aux transformations qui bousculent le pays.

1- Les faits

Les faits ne semblent plus avoir autant de poids. Tout peut être contredit par un tweet ou une manchette partagée sur Facebook. Bien s’informer, comprendre le fond d’une affaire est presque devenu une activité à temps plein.

L’actualité semble devenue un déluge d’informations, mélangée à des approximations, des mensonges et des demi-vérités. Ce qui se perd le plus facilement, ce sont les nuances. Et les faits. D’où l’importance de bien choisir ses sources d’informations. Et de garder l’esprit ouvert.

Ce déluge d’infos est en grande partie lié aux habitudes du président. Ses déclarations sans nuance, ses revirements soudains. Un tweet signé Donald Trump peut détourner l’attention d’un pays en quelques instants.

2- Les réseaux sociaux

Le compte Twitter du président américain Donald Trump sur un écran d'ordinateur à Washington. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La plainte avait été déposée en juillet dernier par le Knight First Amendment Institute de l'Université Columbia et sept personnes ayant été bloquées par M. Trump après avoir critiqué le président républicain.

Photo : The Associated Press / J. David Ake

Justement, l’attention des Américains (et de bien des Canadiens) est accaparée par les médias sociaux. La place qu’occupent ces outils dans nos conversations civiles est soudainement devenue très importante. Peut-être trop.

C’est par ces merveilles technologiques que les fausses nouvelles se répandent.

L’année 2016 l’a démontré : les réseaux sociaux peuvent être exploités pour empoisonner les esprits, semer le doute, alimenter la méfiance envers l’autre.

3- La normalité

Dans cet univers politique très divisé, il faut souligner la capacité de certains Américains de pardonner. Ce qui passait pour scandaleux et inacceptable il y a quelques années a été banalisé par la présidence de Donald Trump.

Après tout, les États-Unis ont élu un homme accusé d’agression sexuelle. Et l’empire familial ne semble pas se gêner pour rentabiliser son passage à la Maison-Blanche. Et que dire des goûts luxueux de certains membres de son cabinet?

Il serait peut-être plus juste de parler de la capacité de certains Américains de regarder ailleurs, de ne pas voir ces écarts et ces abus. Une partie du pays répète que « ce n’est pas normal »; l’autre pense aux réductions d’impôt pour les plus riches, à l’arrivée de juges conservateurs...

4- Le populisme

Une caricature montrant Donald Trump crucifié sur une croix en bois. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président Donald Trump n'en est pas à une caricature près.

Photo : Courtoise

L’appui solide au président Trump témoigne de l’ardeur populiste d’une partie des Américains. Des gens souvent marginalisés dans un pays qui a longtemps mené les autres vers un système libéral et mondialisé.

Donald Trump s’est fait leur porte-étendard. Ils sont devenus sa « base d’appuis ». Des fidèles. Au point où il est permis d’imaginer qu’aucune révélation ni aucune mise en accusation ne les fera changer d’avis.

Le « Trumpisme » semble capable de survivre à l’actuel président. Peu importe quand ou comment il quittera ses fonctions.

5- Le temps

Le long terme. C’est justement cette idée qui me reste en tête, alors que je quitte les États-Unis pour l’Europe. Il y a de quoi avoir le tournis avec tous ces revirements, ces bousculades de l’ordre établi.

Un peu de recul ne peut pas faire de tort. Aux impatients qui défendent leur héros à coup d’insultes envers leurs compatriotes, comme aux inquiets. D’un côté comme de l’autre.

Le recul, c’est ce que m’ont enseigné plusieurs Américains, sans le savoir. Des gens rencontrés dans les cinq dernières années. Leur situation semblait sans issue. Aujourd’hui, ils ont retrouvé le sourire et l’espoir.

Ceux qui sont inquiétés par l’état actuel du pays peuvent trouver un peu de réconfort en contemplant un horizon plus lointain… en pensant, par exemple, aux prochaines élections.

Après tout, la vie d’une nation se mesure en années et en décennies, pas seulement d’heure en heure, d’un bulletin de nouvelles à l’autre...

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