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Les pompiers se sont-ils mis en danger à Bas-Caraquet?

Les pompiers au travail s'affairent à monter sur le toit de l'église.
Les pompiers ont notamment dû intervenir sur le toit de l'église. Photo: Radio-Canada / René Landry
Radio-Canada

Les pompiers qui sont intervenus pour éteindre l'incendie à l'église Saint-Paul de Bas-Caraquet n'ont pas pris toutes les mesures nécessaires pour assurer leur propre protection, selon un expert.

Un texte de René Landry

Dans une vidéo qui circule sur Facebook, on voit des pompiers entrer dans l'église sans appareil respiratoire.

Robert Henley, ex-pompier et consultant en combat d'incendies, au Québec, a examiné cette vidéo. Il a été dérangé par ce qu'il a vu.

Robert Henley expert en incendieRobert Henley expert en incendie Photo : gracieuseté de Robert Henley

Les pompiers à l'extérieur tirent le boyau et entrent à l'intérieur de l'église enfumée. Demander à des pompiers d'aller à l'intérieur combattre un incendie où il y a de la fumée sans appareil respiratoire, c'est d'une négligence, dénonce-t-il. C'est complètement irresponsable! On est en train de dire à des pompiers "entrez à l'intérieur, allez exposer votre santé, allez vous intoxiquer". Ce petit bout de vidéo est dramatique. On aurait besoin d'une méchante mise à jour de l'autorité en ce moment, une révision en profondeur de toute l'organisation de ce service-là.

Des pompiers lors de l'incendie de l'église de Bas-Caraquet

Le chef du service d'incendie Caraquet Bas-Caraquet, Marc Landry, n'accorde plus d'entrevue au sujet de l'intervention à l'église Saint-Paul. Le maire de Bas-Caraquet, Roger Chiasson, a également refusé d'accorder une entrevue à Radio-Canada.

L’article 51.6 (1) de la Loi sur l’hygiène et la sécurité au travail stipule:

Un pompier qui peut être exposé à une atmosphère pauvre en oxygène ou à des concentrations dangereuses de polluants lorsqu’il se livre à la lutte contre un incendie d’immeuble ou effectue un sauvetage, doit porter un équipement de protection des voies respiratoires (Nouvelle fenêtre).

Des photos de groupes

Le lundi 25 juin au matin, après que l'église a été ravagée par les flammes, des pompiers ont posé pour des photos de groupe devant les ruines encore fumantes. C'est un chef de brigade qui prenait les photos. Des résidents, comme des journalistes, étaient toujours sur place.

À ce sujet, l'expert Robert Henley ne mâche pas ses mots :

Ce n'est rien d'édifiant pour des pompiers qui, finalement, viennent d'échapper un feu. Il n'y a rien de drôle là-dedans, de perdre un joyau du patrimoine. Ce n'est pas un trophée qu'on a gagné, c'est une triste défaite. Je n'en reviens pas. Ça dépasse l'entendement. On se fait photographier devant les ruines d'un feu qu'on a manqué.

Des pompiers se prennent en photo devant les ruines de l'église Saint-Paul, détruite par un incendieDes pompiers se prennent en photos devant les ruines de l'église Saint-Paul, détruite par un incendie Photo : Radio-Canada / René Landry

Le chef du service d'incendie du village de Bertrand, Gaston Chiasson, reconnaît qu'il a pris des photos d'un groupe de pompiers. Il explique qu'il n'a pas pris ces photos avec son appareil et qu'il l'a fait à la demande des membres d'une autre brigade.

Ce n'est pas une photo que tu vas voir sur mon compte Facebook ou sur celui de n'importe quel autre de mes pompiers, assure-t-il. La politique pour notre brigade, c'est qu'il n'y a aucun pompier qui a le droit de publier ces photos-là. Ce ne sont pas des photos de gloire. C'est juste comme un souvenir et pour dire qu'ils étaient là.

Il ne veut pas que ce geste soit mal interprété par le public.


Le réflexe, quand tu prends une photo, c'est que tout le monde va sourire, c'est normal. Mais si c'était à recommencer, c'est probablement quelque chose qu'on ne ferait pas.

Nouveau-Brunswick

Prévention et sécurité