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Le Mexique a un nouveau président : Andrés Manuel Lopez Obrador

André Manuel Lopez Obrador donne une conférence de presse après sa défaite à l'élection présidentielle mexicaine de 2012.

Andrés Manuel Lopez Obrador a été élu président du Mexique le 1er juillet 2018.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une nouvelle ère s'ouvre au Mexique. Andrés Manuel López Obrador, souvent surnommé AMLO par ses partisans, succédera à Enrique Pena Nieto comme président des États-Unis du Mexique. Nos archives suivent le parcours du prochain chef de l'État mexicain. Une trajectoire qui pourrait amener plusieurs ruptures dans la politique intérieure et extérieure de ce pays.

Un maire de gauche dirige la ville de Mexico

Andrés Manuel López Obrador est né en 1953 dans une modeste famille de commerçants. Ses premiers emplois l’ont amené à s’intéresser à la condition autochtone et à la protection des consommateurs mexicains.

Sa sympathie pour les défavorisés le mène à militer dans ce qu’on pourrait appeler la « gauche » mexicaine. Dès 1989, il quitte le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) au pouvoir depuis des décennies. Il devient un des fondateurs du Parti de la révolution démocratique (PRD), qu’il préside entre 1996 et 2000.

En décembre 2000, AMLO devient maire du district fédéral de Mexico, la capitale du Mexique.

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Zone libre, 3 décembre 2004

Le 3 décembre 2004, l’animateur de Zone libre Jean-François Lépine présente un reportage de Jean-Michel Leprince, correspondant de Radio-Canada en Amérique latine, sur la manière dont AMLO dirige la mégalopole mexicaine.

Levé à l’aube, le maire de Mexico arrive à l’hôtel de ville dans une petite Nissan Sintra. Il accorde sans exception tous les jours à six heures quinze du matin une conférence de presse.

Il veut que tout le monde sache exactement ce qu’il fait. Ce souci de transparence rompt avec l’opacité avec laquelle certains de ses prédécesseurs ont dirigé la ville.

AMLO se bat aussi sur un autre front comme nous l’apprend notre correspondant.

Il a fait de la lutte contre la criminalité et la corruption, deux fléaux intimement liés, son cheval de bataille.

Jean-Michel Leprince

La corruption est un cancer, une gangrène.

Andrés Manuel Lopez Obrador, maire de Mexico

Cette bataille lui permet d’abaisser les coûts des travaux publics dans la ville. Grâce en partie à l’argent récupéré, il a entrepris, par exemple, le décongestionnement de l’autoroute périphérique qui ceinture l'agglomération de Mexico.

Le maire a aussi adopté des politiques sociales innovantes tel un tarif solidarité pour l’utilisation du métro de sa ville.

En 2006, le bilan d’AMLO comme maire de Mexico en fait presque naturellement le candidat de la gauche pour l’élection présidentielle mexicaine.

Le 3 juillet 2006, l’animatrice de l'émission Le Téléjournal/Le point Céline Galipeau présente un autre reportage du correspondant en Amérique latine Jean-Michel Leprince. Les Mexicains vivent dans l’attente d’un vainqueur à l’élection présidentielle.

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Le téléjournal/Le point, 3 juillet 2006

La lutte est en effet extrêmement serrée. Le 2 juillet 2006, jour de la tenue du scrutin, l’institut fédéral responsable du dépouillement électoral, stupéfie la population. Il avoue être incapable de déclarer un gagnant entre les deux principaux candidats à la présidence.

Il faut recompter tous les bulletins à la main. Pendant ce temps, Andrés Manuel Lopez Obrador et son adversaire du Partido Acción Nacional (PAN), Felipe Calderón, crient victoire. AMLO affirme même qu’on tente de lui voler la présidence alors qu’il aurait un demi-million de votes de plus que son adversaire.

Nous allons défendre notre triomphe!

Andrés Manuel Lopez Obrador, 2 juillet 2006

Il faudra plusieurs mois pour que la victoire de Felipe Calderon soit confirmée.

Pendant ce temps, la situation politique s’est détériorée au Mexique. Le candidat de la gauche s’est déclaré président légitime et a formé un gouvernement parallèle. Il a fallu plusieurs mois pour qu’AMLO reconnaisse officiellement Felipe Calderón vainqueur.

En 2012, plusieurs analystes se sont demandé si le scrutin présidentiel mexicain ne serait pas une répétition de celui de 2006.

Ça n’a pas été le cas. Le candidat du PRI, Enrique Peña Nieto, obtient une avance de 7 % sur AMLO. Le candidat de la gauche montre cependant une mauvaise volonté et tarde un peu à reconnaître la victoire de son adversaire.

En 2018, à sa troisième tentative, AMLO est élu président du Mexique avec 53 % des suffrages exprimés.

Son prédécesseur, le président Enrique Pérez Nieto, lui laisse un héritage difficile. Le nouveau président devra gérer un pays endeuillé par la guerre contre le narcotrafic, dégoûté par la corruption et effrayé par les intimidations de son voisin américain.

Le nouveau président sera assermenté le 1er décembre prochain. On verra alors si AMLO sera capable et prêt à entreprendre les ruptures dans la politique intérieure et étrangère qu’espère une partie importante de la population mexicaine.

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