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Les éleveurs de la Saskatchewan à la rescousse des prairies

Le reportage de Miriane Demers-Lemay
Radio-Canada

Les prairies naturelles font partie des écosystèmes les plus menacés de la planète, selon plusieurs biologistes. Pour protéger celles qui restent, des organismes de conservation de la Saskatchewan misent sur la collaboration d'acteurs inédits : les éleveurs de bétail.

Un texte de Miriane Demers-Lemay

Au volant de sa camionnette, le Saskatchewanais Tom Harrison regarde les prairies qui semblent s’étirer jusqu’à l’horizon, de part et d’autre de la route près de Regina.

Les provinces des Prairies semblent bien porter leur nom. Mais malgré les apparences, peu de ces paysages sont encore naturels.

« La situation [des prairies] est peut-être encore pire que celle de la forêt tropicale amazonienne ou des écosystèmes nordiques », explique celui qui est à la tête d’un programme de conservation des prairies du sud-ouest de la Saskatchewan.

Tom Harrison.Le Saskatchewanais Tom Harrison dirige un organisme de conservation qui vise à protéger les prairies naturelles du sud-ouest de la province, avec la collaboration des éleveurs locaux. Photo : Radio-Canada / Rob Kruk

Conversion en terres agricoles, transformation pour le développement urbain ou effets des changements climatiques… La superficie couverte par ces écosystèmes a fondu comme neige au soleil au cours des dernières décennies. Tant et si bien que des biologistes estiment qu'il reste moins de 1 % de la surface originelle de certains types de ces écosystèmes.

« Lorsque les prairies disparaissent, toutes les espèces qui ont besoin de cet habitat disparaissent aussi », observe M. Harrison.

Toutefois, les espèces végétales et animales ne sont pas les seules qui dépendent des prairies. Selon M. Harrison, les principaux intéressés à leur conservation sont ceux qui utilisent ces écosystèmes comme gagne-pain : les éleveurs de bétail.

Les éleveurs au secours des prairies

« On veut protéger ce qui nous rapporte de l'argent à la fin de la journée, explique l’éleveuse Kerry Gaillard. Si on prend soin de notre environnement, [celui-ci] va prendre soin de nous. »

Kerry Gaillard fait partie des éleveurs qui se mobilisent pour protéger ces écosystèmes naturels en Saskatchewan. Dans cette province, la majorité des prairies naturelles qui subsistent sont situées sur des terres administrées par les éleveurs.

Kerry Gaillard tente de gérer de façon durable les prairies naturelles qu'elle utilise comme pâturages pour ses troupeaux de bétail. L'éleveuse Kerry Gaillard s'investit pour la protection des prairies naturelles. Elle est notamment la coordonnatrice des programmes éducatifs pour la Semaine d'appréciation des prairies, célébrée en Saskatchewan. Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

Cette année, Kerry Gaillard a retiré son bétail de ses pâturages pendant plusieurs mois pour permettre aux herbes de repousser. Elle coordonne aussi des programmes d'éducation pour la protection des prairies.

« Non seulement mes animaux sont contents, parce qu'ils ont une excellente source [de nourriture], mais j'ai aussi la chance de prendre soin de l'écosystème », dit-elle.

Les éleveurs de bétail sont sur la ligne de front. Ce sont eux qui font la gestion de ces habitats au quotidien.

Tom Harrison, directeur du programme de conservation South of the Divide
Des vaches dans un champ en Saskatchewan.Un broutage modéré par le bétail peut stimuler la croissance de plusieurs plantes indigènes des prairies, selon le directeur du programme de conservation South of the Divide, Tom Harrison. Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

Selon l’éleveuse, il est également important de sensibiliser les jeunes générations aux enjeux touchant les prairies. « [Elles] n'ont pas la chance d'être sur la ferme ou de voir ce que sont les prairies [naturelles] », dit-elle.

La collaboration avec les éleveurs fait partie de la stratégie des organismes de conservation comme celui administré par l’équipe de Tom Harrison, mais aussi de Parcs Canada, qui a conclu une entente avec des éleveurs locaux. Les éleveurs font brouter leur bétail dans certains secteurs du parc national des Prairies, dans le sud-ouest de la Saskatchewan, ce qui stimule la croissance des plantes. En contrepartie, les éleveurs plantent des espèces indigènes sur leurs propres pâturages.

Malgré ces efforts, Tom Harrison considère qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour sauver ces écosystèmes en péril et les espèces qui leur sont associés.

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