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Un test d'entraînement physique pour les pompiers pourrait être discriminatoire, selon la Cour d'appel

Une trentaine de pompiers étaient sur place.
En 2012, la Saskatchewan a implanté un test de forme physique appelé test WFX-Fit, mis au point par le Centre interservices des feux de forêt du Canada. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Un test d'entraînement physique qui établit une norme « rigoureuse » pour les gens qui veulent devenir pompiers en Saskatchewan pourrait être discriminatoire à l'égard des femmes et des hommes plus âgés, selon une décision de la Cour d'appel de la Saskatchewan.

Dans une décision du 15 juin, les juges Georgina Jackson, Maurice Herauf et Peter Whitmore ont appuyé la conclusion d'un arbitre selon laquelle le pointage du test WFX-Fit, tel qu'il est établi, « pourrait avoir un effet discriminatoire sur les femmes et les hommes plus âgés » et que ce n'est pas une exigence professionnelle justifiée.

Rien n'indique que des femmes ou des hommes plus âgés soient incapables de faire leur travail lors de feux de forêt de type 1 dans la province, mais en raison des normes du test, ces derniers sont plus susceptibles de faire partie des 20 % de gens qui échouent à ce test, avait indiqué l'arbitre.

« Il a plutôt trouvé que le pointage était un moyen de discriminer les femmes et les hommes plus âgés, parce que ces individus n'ont pas la même capacité aérobique que des hommes plus jeunes », peut-on lire dans la décision d'appel.

En 2012, la Saskatchewan a implanté un test de forme physique, appelé test WFX-Fit, mis au point par le Centre interservices des feux de forêt du Canada. Le test a été développé pour établir une norme reconnue pour que les pompiers puissent travailler dans différentes provinces. Les gens sont testés sur leur capacité à accomplir une série de tâches physiques difficiles, dans un délai minimum défini.

Ce nouveau test a incité le Syndicat des employés du gouvernement de la Saskatchewan à déposer des griefs auprès du Conseil d'arbitrage du travail, en s'appuyant sur le Code des droits de la personne de la Saskatchewan et en invoquant la discrimination.

Les femmes et hommes plus âgés témoignent

Une marathonienne de 25 ans a raconté à l’arbitre que la réalisation d'une partie du test, qui consistait à atteindre une rampe qui était très haute pour elle, lui a causé « des blessures graves et possiblement permanentes. »

Un homme de 47 ans, qui est pompier depuis 26 ans, a mentionné dans son témoignage qu'il a toujours respecté les normes provinciales d'entraînement, mais puisque le temps nécessaire pour compléter son test ne va qu’en augmentant, il craint qu’il puisse perdre son emploi.

Plusieurs autres personnes ont témoigné des difficultés à terminer le test dans le temps requis. Certains ont même mentionné avoir été blessés après avoir complété le test.

Le syndicat n'a pas contesté la nécessité d'effectuer des tests de forme physique pour les pompiers forestiers, mais a déclaré que le test WFX-Fit n'était pas représentatif du travail à effectuer et a soutenu qu'il n'était pas approprié de déterminer des normes minimales. Le syndicat a aussi fait valoir que ce test expose les gens à des risques de blessures aux tendons, aux genoux et aux hanches.

À la suite de la demande de révision judiciaire du gouvernement, un juge de la Cour du Banc de la Reine a conclu que la décision de l'arbitre était « à la fois incorrecte et déraisonnable » et l'a annulée.

La décision de la Cour d'appel de la Saskatchewan a toutefois conclu que l'arbitre avait énoncé un raisonnement « justifié, transparent et compréhensible » et a maintenu la décision initiale.

Avec les informations de CBC

Saskatchewan

Justice et faits divers