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Le nombre de médicaments d'ordonnance déclarés introuvables a augmenté

Une employée d'une pharmacie dépose des médicaments sur des tablettes.

Chaque année, plus de 500 000 médicaments d'ordonnance sont volés dans les pharmacies canadiennes.

Photo : Reuters / Bryan Woolston

Radio-Canada

De plus en plus de médicaments contrôlés et vendus en pharmacie ont été déclarés perdus au cours des cinq dernières années, selon une analyse de CBC.

Chaque année, plus de 500 000 médicaments d'ordonnance sont volés dans les pharmacies canadiennes. La majorité d'entre eux sont des opioïdes, selon les données de Santé Canada.

Au cours des neuf premiers mois de l'année 2017, 1,8 million de doses ont été déclarées perdues à Santé Canada. Cela représente une augmentation de 64 % comparativement à l'année 2012, où 1,1 million de doses étaient introuvables.

Du 1er janvier 2012 au 30 septembre 2017, près de 9 millions de doses ont été déclarées perdues ou non comptabilisées. La plupart de ces médicaments étaient des opioïdes qui peuvent causer une grande dépendance, comme l'oxycodone, l'hydromorphone et la codéine. Dans un cas sur trois, cette disparition était inexpliquée.

L'absence d'explication peut parfois être due à une erreur quant à la commande des médicaments, indique une chercheuse du réseau de recherche de la Police provinciale de l'Ontario. « Cela pourrait survenir lorsque la bouteille commandée au fabricant par la pharmacie avait déjà une pilule ou deux de manquantes. Lorsque vous travaillez avec un grand volume de médicaments, cela peut arriver », explique Mina Tadrous.

Certaines disparitions de médicaments classées comme inexpliquées peuvent aussi être dues à une erreur d'inventaire ou à de petits vols répétés des employés qui n'ont jamais été prouvés et qui n'ont pu être classés dans cette catégorie.

CBC News a limité son analyse aux médicaments perdus qui sont vendus sous forme de capsule, de comprimé, de timbre, de boîte ou de suppositoire. En ne considérant que ces médicaments, CBC News a classé 93 % des déclarations comme des pertes.

Des inspections depuis 2015

Santé Canada, qui a refusé d'accorder une entrevue à CBC, attribue l'augmentation des pertes à ses nombreuses inspections. Les pharmacies sont mieux informées quant à leur obligation d'avertir lorsque des médicaments disparaissent et, ainsi, elles en signalent plus, indique dans un courriel sa porte-parole, Maryse Durette.

L'agence a commencé à effectuer des vérifications dans les pharmacies en 2015 afin de s'assurer que les règles encadrant la perte de médicaments étaient bien suivies. Au cours des rondes en 2016-2017, les inspecteurs ont souvent relevé des problèmes de sécurité.

« La plupart des constatations étaient de nature mineure ou sans grande importance, peut-on lire dans le rapport annuel du programme de Santé Canada. Toutefois, dans certains cas, les inspecteurs ont constaté que les substances contrôlées étaient gardées dans des endroits non sécurisés, c'est-à-dire [...] où les probabilités qu'il y ait un détournement étaient plus élevées. »

Sur le marché noir

Parmi les médicaments déclarés perdus, certains se retrouveront inévitablement sur le marché noir, où la demande est très forte.

De l'oxycodone broyé peut se vendre entre 40 et 80 $ dans la rue, selon Chris Auger, policier de l'unité antidrogue de la Police provinciale de l'Ontario. Il ajoute que ces substances se vendent normalement plus cher lorsqu'on se trouve à l'extérieur des grandes villes. Un timbre de fentanyl, par exemple, peut coûter 250 $ au centre-ville de Toronto et 400 $ à Sarnia.

Les opioïdes peuvent aussi être utilisés comme monnaie d'échange dans la rue, ce qui fait augmenter leurs valeurs, ajoute l'agent Auger.

D'après les informations de Tara Carman et de Vik Adhopia

Avec les informations de CBC

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