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La résilience d’une agricultrice laissée à elle-même

Judy-Ann donne le biberon à un agneau dans l'étable

L'hiver dernier a été particulièrement difficile pour Judy-Ann Leclerc. La moitié de ses agneaux sont morts de froid.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une productrice agricole de Maskinongé lance un appel à l'aide. Aux prises avec une dépression, le conjoint de Judy-Ann Leclerc est parti, la laissant seule avec leurs quatre enfants et enceinte du cinquième. Heureusement, d'autres agricultrices se mobilisent pour l'épauler.

Le conjoint de Judy-Ann Leclerc est malade depuis quelques années. Envahi par le stress du quotidien, il aurait quitté le domicile familial il y a plus d'une semaine. Selon l'agricultrice, il serait présentement à Vancouver pour réfléchir à son avenir.

Le fardeau du travail incessant, du manque de financement et les travaux en cours à la bergerie pesaient lourdement sur ses épaules, selon sa conjointe. L’hiver dernier, qui a été désastreux pour la bergerie, aurait aussi contribué à anéantir le moral de son compagnon.

Judy-Ann Leclerc est devant la bergerie, un agneau dans les brasAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Depuis plus d'une semaine, Judy-Ann Leclerc doit s'occuper elle-même de sa bergerie et de ses quatre enfants.

Photo : Radio-Canada

Judy-Ann Leclerc doit maintenant s’occuper seule de sa famille et de la bergerie que le couple a fondée il y a trois ans.

Malgré tout, elle n’en veut pas à son conjoint.

« Je préfère qu’il soit parti qu’il ait fait autre chose. Le suicide dans le milieu agricole, c’est énorme. On est tout seul, ici. Je travaille seule à longueur de journée. On n’a pas d’amis. »

— Une citation de  Judy-Ann Leclerc, agricultrice

Un mal répandu

La situation de Judy-Ann et sa famille n'est pas un cas unique. La détresse chez les agriculteurs préoccupe de plus en plus les intervenants du milieu.

« Les gens qui font ce métier-là vivent dans un état de stress quasi permanent, indique le directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide, Jérôme Gaudreault. Lorsque surviennent des événements plus critiques [...], ça vient affecter le rendement de l'installation. Si on est déjà dans un état de stress, ça peut grandement affecter la santé mentale de la personne. »

En deux ans, 1000 personnes ont donc été formées dans le cadre d'un programme de sentinelles pour aller à la rencontre des agriculteurs avant qu'il ne soit trop tard.

Des agricultrices solidaires

Judy-Ann Leclerc a lancé un appel à la solidarité qui a été entendu par d’autres femmes du milieu agricole, toutes membres du même groupe Facebook. Elles ont lancé une campagne de sociofinancement pour lui venir en aide. Plus de 5000 $ ont déjà été amassés. Judy-Ann Leclerc est touchée par ce geste de solidarité.

« Ça me fait chaud au coeur, dit-elle. Malgré tout ce qu’on peut dire sur [les réseaux sociaux], c’est un moyen de nous rapprocher, les agriculteurs. Sans ces mamans-là, je n’ai aucune idée ce que je ferais aujourd’hui. »

Même si son rêve de vie agricole ne se déroule pas du tout comme elle l’avait imaginé, Judy-Ann Leclerc garde le moral. Malgré les difficultés, elle refuse de décourager qui que ce soit à se lancer dans l’agriculture.

« Les agriculteurs, on veut tout faire nous-mêmes! Des fois, il faut juste accepter de l’aide. »

— Une citation de  Judy-Ann Leclerc, agricultrice

La jeune femme indique qu’elle étudie tous les scénarios possibles et imaginables pour sauver sa bergerie. Quant à son conjoint, elle est assurée qu’il reviendra rapidement. En attendant, elle peut compter sur ses amis et sa famille pour l’épauler dans ces temps difficiles.

Selon les informations d'Amélie Desmarais

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