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Appropriation culturelle : le Festival de jazz de Montréal défend SLĀV

Une affiche du spectacle SLAV vandalisée

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) se porte à défense du spectacle SLĀV mettant en vedette Betty Bonifassi et mis en scène par Robert Lepage, dénoncé par des manifestants comme de l'appropriation raciste.

« Avant de leur faire un procès d'intention, nous croyons fermement que nous devons assister au spectacle qu'ils nous proposent », indiquent mercredi les organisateurs de l'événement par voie de communiqué.

« Pendant 39 ans, le Festival a été synonyme de village global où il n'y avait ni race, ni sexe, ni religion, et où tous les êtres humains étaient égaux, lit-on dans leur déclaration. Cette année ne fait pas exception. »

Les organisateurs, qui refusent les demandes d’entrevue, se disent « choyés » d’accueillir une première collaboration d’artistes de calibre mondial comme la chanteuse Betty Bonifassi et le metteur en scène Robert Lepage.

Sur le compte Facebook d'Ex Machina, la société de production de Robert Lepage, ce dernier a publié mardi un message cosigné avec Betty Bonifassi. « De notre point de vue, nous avons surtout, Blancs ou Noirs, un devoir, celui d’aborder les épisodes les plus sombres de l’histoire pour tenter d’en tirer un peu de lumière. La musique et le théâtre comptent certainement parmi les moyens les plus nobles de le faire », écrivent-ils notamment.

S'enrichir sur le dos des Noirs?

L’artiste hip-hop Lucas Charlie Rose, qui a organisé la manifestation mardi soir devant le Théâtre du Nouveau Monde lors d’une représentation, la veille de la première, ne partage pas cet avis.

« On pense que le spectacle SLĀV est de l'appropriation culturelle parce qu'il est basé sur des chants d'esclaves afro-américains et qu'il est monté par des personnes blanches », a-t-il expliqué sur les ondes de Gravel le matin.

Selon lui, « les chants d’esclaves n’ont pas été écrits pour que des personnes blanches fassent un profit sans inclure des personnes noires ».

En plus d’exiger l’annulation du spectacle et des excuses publiques de la part du FIJM, Lucas Charlie Rose croit qu’il faut impliquer la communauté noire.

Si vous voulez faire quelque chose sur les esclaves noirs, allez voir les descendants des esclaves.

Charlie Lucas Rose, organisateur de la manifestation dénonçant l'appropriation culturelle
« L'appropriation, c'est une suprématie blanche », lit-on sur la pancarte d'une manifestante, le 26 juin 2018, la veille de la première médiatique de « SLAV ».

« L'appropriation, c'est une suprématie blanche », lit-on sur la pancarte d'une manifestante, le 26 juin.

Photo : Radio-Canada

Que contient vraiment le spectacle?

Le hic, c’est que ni les manifestants ni les journalistes n’ont pu voir SLĀV, dont la première médiatique a lieu mercredi soir.

Des images de répétition, qui ne peuvent être diffusées avant 22 h, laissent entrevoir que des six choristes, deux sont des Noirs. Le spectacle explique entre autres l’origine du mot « esclave ».

Selon le site du FIJM, SLĀV : une odyssée théâtrale à travers les chants d'esclaves permet de « tisser des liens de manière universelle entre différentes pages d'histoire connues et moins connues – ou volontairement oubliées – qui ont mené l'humanité à asservir des peuples ».

Certains spectateurs de mardi soir ont refusé de parler d’appropriation culturelle. L'argument ne convainc pas non plus l'anthropologue Serge Bouchard : « C'est surréaliste. Je ne peux pas m'imaginer que des gens responsables disent qu'un Blanc ne peut pas parler des chansons noires. »

Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet

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