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Histoire électorale de Saint-Boniface, un comté qui compte

Profil de Saint-Boniface

On a voté pour la première fois en 1870 dans Saint-Boniface, une circonscription qui a contribué à l'histoire du Manitoba et à la dualité linguistique.

Les électeurs et électrices de Saint-Boniface iront aux urnes le 17 juillet dans le cadre d'une rare élection partielle estivale. C'est l'occasion de retracer l'histoire électorale de ce comté situé au cœur de Winnipeg.

Lors de ces premières élections manitobaines, en 1870, les questions linguistiques, religieuses et métisses occupaient une large place. Saint-Boniface est divisé en deux circonscriptions, est et ouest, qui seront représentées par Marc-Amable Girard et Louis Smith. Plus tard, ces deux comtés seront fusionnés en un seul.

Selon le Dictionnaire biographique du Canada, le programme électoral de Marc-Amable Girard en 1874 parle entre autres de réduction des dépenses gouvernementales et de remaniement des circonscriptions électorales; il deviendra premier ministre en juillet, poste qu'il occupera brièvement avant de démissionner, avec son cabinet, en décembre de la même année.

Des députés premiers ministres

Marc-Amable Girard a été le premier francophone à accéder au poste de premier ministre du Manitoba. Il était venu de Montréal à la suite de la création de la province, et il est arrivé au même moment que d'autres notables appelés à jouer des rôles importants au Manitoba, tels que Joseph Dubuc et Joseph Royal. En vue des élections du 27 décembre 1870, le Manitoba fut divisé en 24 districts électoraux :12 à majorité catholique et 12 à majorité protestante. Marc-Amable Girard fut élu dans Saint-Boniface Est, le plus important district catholique de l'époque.

Si son règne de premier ministre est court et marqué par une période tourmentée, Marc-Amable Girard sera membre de l'Assemblée législative jusqu'en 1878 et y occupera diverses fonctions. Il sera aussi, au même moment, membre du Sénat du Canada. Mort en 1892, il repose au cimetière de Saint-Boniface; sa tombe, qui n'est pas loin de celle de Louis Riel, n'indique pas qu'il a été premier ministre.

Saint-Boniface a plus tard donné un autre premier ministre au Manitoba en la personne de Greg Selinger.

Une tradition d'alternance

Au 20e siècle, à partir des années 60, les résultats électoraux sont marqués par les débuts d’une alternance entre libéraux et néo-démocrates, comme en témoigne l'élection de Laurent Desjardins (libéral, puis NPD), de Neil Gaudry (libéral) et de Greg Selinger (néo-démocrate).

C’est le départ de Greg Selinger qui entraîne le déclenchement de l’élection partielle du 17 juillet.

Saint-Boniface est aussi vu comme le cœur de la francophonie de l’Ouest canadien. Un peu moins du tiers de la population ont le français comme langue maternelle, et c’est dans ce quartier qu’on trouve la plupart des institutions essentielles à la vie en français : Université de Saint-Boniface, Centre culturel franco-manitobain, Cercle Molière, Festival du voyageur ou encore les bureaux de la Société de la francophonie manitobaine.

Traversé par des kilomètres de voies ferrées et appuyé sur un vaste parc industriel, Saint-Boniface conserve ainsi des traces d’un passé pas si lointain, où ville et campagne se rencontraient à ses portes.

La dernière fois que les citoyens de Saint-Boniface ont été appelés à voter lors d'une élection provinciale, c'était à l’élection générale de 2016. Le taux de participation avait été d'un peu moins de 65 %.

Le NPD avait remporté 42 % de la faveur populaire et les conservateurs un peu moins du quart des votes. Arrivés bon troisième, les libéraux en avaient récolté 20 % et le Parti vert, 12 %.

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