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Pour les nouveaux diplômés, trouver un premier emploi est d'abord une affaire de contacts

Pour les nouveaux diplômés, trouver son premier emploi est d'abord une affaire de contacts
Radio-Canada

À la fin de leurs études, des milliers de jeunes diplômés des universités et des collèges s'apprêtent à intégrer le marché du travail. Cette transition peut s'avérer difficile en l'absence d'expérience et d'un réseau de contacts. Le défi est d'autant plus grand pour les immigrants diplômés au Canada.

Un texte de Patricia Bitu Tshikudi

À une semaine de l'obtention de son diplôme en gestion du tourisme, Nicole Connelly cherche activement un emploi.

« Je ne peux pas dire un montant d'heures que je mets, mais c'est définitivement quelque chose que je fais chaque semaine », confie la future diplômée.

Une femme assise sourit en regardant la caméra.Nicole Connelly a terminé ses études en gestion du tourisme à l'Université de Saint-Boniface. Photo : Radio-Canada

Son diplôme à portée de main, elle espère maintenant réintégrer le marché du travail rapidement.

Je me dis, je vais prendre ce qui est là en espérant que ça va ouvrir des portes.

Nicole Connelly, diplômée en gestion du tourisme

« Des fois, ce n’est pas nécessairement un poste que tu vas voir sur un site web, c’est quelqu’un qui va t’en parler », constate-t-elle.

L'importance du réseau

Mais tous les nouveaux diplômés n'ont pas un réseau de contacts pour les aider à intégrer le marché du travail.

Pour que des portes s’ouvrent, cela requiert des compétences, de l’expérience, mais aussi des contacts.

Salimata Soro, coordonnatrice du programme Premier Choix, en témoigne.

Il y a des immigrants qui vont obtenir leur diplôme à l'université ou avoir un baccalauréat ou un diplôme de deux ans et ça va leur prendre deux à cinq années avant de trouver un emploi [dans leur domaine].

Salimata Soro, coordonnatrice de Premier Choix

« [...] Eux n'ont pas de réseau, dit-elle. Ils ne connaissent personne, ils ne savent pas comment chercher un emploi. »

La réalité, c'est qu'une bonne partie des nouveaux diplômés canadiens chercheront un emploi pendant trois à neuf mois, avant d'être embauchés.

Pour les diplômés immigrants, cette recherche peut durer jusqu'à cinq ans.

Plusieurs accepteront d’ailleurs un emploi qui n'est pas dans leur domaine pour se donner une chance d’intégrer le marché du travail; d'autres changeront carrément de domaine.

Un jeune homme regarde la caméra les bras croisés.Rida Atoui a changé de carrière après avoir obtenu un premier diplôme en multimédia en 2012. Photo : Radio-Canada

Changer de carrière

C’est le cas de Rida Atoui. Arrivé au Canada à l’âge de 14 ans, le Winnipégois d'origine libanaise a obtenu un diplôme en multimédia de l'Université de Saint-Boniface en 2012.

Au terme de deux années d’études, sa formation ne lui aura jamais servi.

« J'ai passé sept mois après avoir eu mon diplôme à appliquer partout au Manitoba, au Canada », se souvient-il.

Je suis arrivé à un moment où je me suis dit, tu sais quoi, je vais juste faire une recherche sur Google pour voir qu'est-ce que le Canada veut, qu'est-ce que le Manitoba veut, qu'est-ce que le marché veut.

Rida Atoui, informaticien et ancien diplômé en multimédia

Et la réponse, c’est dans le domaine de l'informatique qu’il l’a trouvée.

Connaître les besoins du marché

Deux années d'études et plus de 10 000 $ en frais de scolarité plus tard, Rida Atoui obtient un certificat en informatique.

« Je les regrette, les deux ans, confie-t-il. Maintenant, si tu aimes les caméras, les vidéos, tu peux aller sur YouTube [...] Tu n'as pas besoin d'aller à l'école pour savoir comment utiliser une caméra. »

Il estime que la méconnaissance du marché et le manque de contacts utiles l'ont désavantagé dans son précédent choix de carrière.

« Les connexions et la politique un peu [...] c'est-à-dire, le favoritisme, genre celui-là je connais son père, celui-là je connais son ami, donc ça a aidé les autres, je crois », dit-il.

Une femme assise à son bureau.Salimata Soro coordonne le programme Premier Choix, à Winnipeg Photo : Radio-Canada

Piste de solution

Selon Salimata Soro, une solution au problème consisterait à créer des partenariats entre les établissements universitaires et collégiaux et les organismes d'aide à l'emploi, pour mieux accompagner les futurs diplômés.

En 2011, le taux de chômage chez les immigrants récemment arrivés était deux fois plus élevé que chez les personnes nées au Canada.

Taux de chômage en 2011

  • Immigrants très récents : 13,6 %
  • Immigrants récents : 8,2 %
  • Immigrants établis : 7,1 %
  • Natifs du Canada : 5,5 %

Source : Statistique Canada

Selon le recensement de Statistique Canada effectué en 2016, les étudiants qui ont obtenu un baccalauréat dans le domaine des sciences, des technologies, des mathématiques ou en génie ont eu plus de chance de trouver un emploi ayant un lien avec leur champ d’études.

À l'inverse, ceux qui détenaient un baccalauréat en « arts et sciences humaines » ou en « sciences sociales » étaient plus susceptibles de trouver un emploi sous-qualifié.

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