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Le cancer du poumon est le plus meurtrier au Nouveau-Brunswick

Vue rapprochée de la bouche d'une personne qui fume une cigarette et laisse échapper un peu de fumée
Le cancer du poumon est le plus meurtrier au Nouveau-Brunswick. Photo: David Donnelly
Radio-Canada

La province a publié mardi son quatrième rapport sur le cancer, dans lequel elle recueille des données allant de 2007 à 2013. Elle y révèle que le cancer du poumon est toujours en tête de liste des cancers qui font le plus de victimes dans la province.

Un texte de Camille Martel

De 2007 à 2013, 4588 nouveaux cas de cancer ont été signalés, en moyenne, par année.

Les quatre cancers les plus courants (cancer de la prostate, du sein, du poumon et colorectal) ont représenté 56 % des nouveaux cas de cancer diagnostiqués.

Le cancer du poumon représentait la première cause de décès attribuable au cancer chez les hommes et les femmes pendant cette période. Il représente plus de décès que le cancer de la prostate, le cancer du sein et le cancer colorectal réunis.


Le cancer en bref au Nouveau-Brunswick (2007-2013)

 12,6 nouveaux cas par jour (en moyenne)
 12 833 personnes sont mortes du cancer
 1 décès sur 3 est lié au cancer du poumon chez les hommes
 1 décès sur 4 est lié au cancer du poumon chez les femmes

Source : Le cancer au Nouveau-Brunswick 2007-2013


Différentes régions, différents diagnostics

La région de Moncton est celle qui recense la plus forte incidence de cancer du sein, soit environ 10 % de plus que dans le reste de la province.

La région la moins touchée par ce cancer est Miramichi, mais c'est cette région qui a l'incidence la plus élevée de cancers de la prostate chez les hommes.

La mammographie d'une femmeUne majorité de femmes atteintes du cancer du sein et qui reçoivent un traitement de chimiothérapie n’en auraient pas besoin, selon une étude. Photo : iStock

Le cancer colorectal est celui qui est le plus diagnostiqué chez les hommes, et ce, dans toutes les régions à l'exception de Miramichi.

Chez les femmes, c'est le cancer du sein qui est le plus diagnostiqué à travers la province.

Dans tous les cas, c'est le cancer du poumon qui cause le plus de mortalités.

Le taux de survie s'est amélioré

Les mortalités dues aux cancers diminuent et ça, c’est très important, dit d'entrée de jeu le Dr Eshwar Kumar, coauteur du rapport, oncologue et conseiller médical au Réseau du cancer du Nouveau-Brunswick (RCNB).

Malgré une augmentation continuelle des nouveaux cas de cancer, les taux de mortalité et de survie se sont améliorés par rapport à la période précédente, soit de 2002 à 2006.

Les cancers de l'estomac, du poumon et de la prostate chez les hommes et les cancers de sein et du col de l'utérus chez les femmes ont causé moins de mortalités de 2007 à 2013 que précédemment.

Or, le Nouveau-Brunswick demeure en retard par rapport au reste du pays en ce qui a trait à la prévention et au traitement du cancer. Il y a une grande séparation entre l'est et l'ouest, explique le Dr Kumar.

On détecte les cancers à un stade beaucoup plus avancé dans l’est et cela fait en sorte qu’il y a plus de mortalités.

Dr Eshwar Kumar, coauteur du rapport, oncologue et conseiller médical au Réseau du cancer du Nouveau-Brunswick (RCNB)

Selon lui, cela est peut-être dû au fait que les résidents de l'Atlantique semblent moins sensibilisés aux bienfaits des saines habitudes de vie.

Toutefois, les habitudes de vie ne sont pas seulement à blâmer. D'autres provinces disposent de programmes de dépistage pour certains cancers qui ne sont pas encore disponibles ou mis en place ici en Atlantique, comme le programme pilote de dépistage du cancer du poumon en Ontario.

Une augmentation de 20 % d'ici 2030

Il devrait y avoir plus de 7000 nouveaux cas de cancers invasifs par année d'ici 2030 si les tendances actuelles se maintiennent, indique le rapport.

Les cas de cancers vont grimper et c’est en grande partie dû au vieillissement de la population. On sait que la plupart des cancers se développe après l’âge de 60 ans, explique le Dr Kumar.

Par contre, les habitudes de vie y sont encore pour beaucoup, selon lui.

Il faut le répéter et le répéter : on peut éviter le cancer en modifiant son style de vie. Fumer, manger de la malbouffe et être sédentaire sont tous des facteurs de risques. Il y a beaucoup de facteurs de risques, mais ceux-ci sont les principaux.

Dr Eshwar Kumar, coauteur du rapport, oncologue et conseiller médical au Réseau du cancer du Nouveau-Brunswick (RCNB)

Il indique aussi qu'il est important que les gouvernements fassent leur part en favorisant l'accès à des aliments sains et à des installations sportives : Il faut construire des pistes cyclables et favoriser le déplacement à pied.

Pour se préparer à ce tsunami, illustre le Dr Kumar, il faudra aussi repenser à la façon dont on prodigue des soins médicaux aux patients atteints du cancer.

La collaboration devrait être de mise, par exemple avec les infirmières. En ce moment, on ne les utilise pas à leur plein potentiel, soutient-il, en ajoutant que le manque d'oncologues dans la province est aussi un problème qu'il faudra régler.

Nouveau-Brunswick

Cancer