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Des migrants arrêtés à la frontière américaine avec le Mexique sans nouvelle de leur enfant

Melvin raconte être à la recherche de son fils de 17 ans, lors d'une conférence de presse à El Paso, au Texas.

Melvin raconte être à la recherche de son fils de 17 ans, lors d'une conférence de presse à El Paso, au Texas.

Photo : The Associated Press / Matt York

Associated Press

Ils sont originaires du Honduras, du Guatemala, du Salvador. Certains voulaient fuir la violence; d'autres étaient en quête d'une vie meilleure. Ils ne se doutaient pas qu'au premier pas franchi à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, les autorités les sépareraient de leur enfant, en vertu de la politique « tolérance zéro » de l'administration Trump. Témoignages.

Un groupe de 32 personnes détenues par les autorités fédérales jusqu’à tout récemment ont été libérées. Au cours d’une conférence de presse, lundi, à El Paso, au Texas, cinq d’entre elles ont raconté être hébergées temporairement dans un refuge, leurs déplacements suivis à la trace grâce aux moniteurs accrochés à leur cheville.

Le président américain Donald Trump a mis fin à la séparation des familles de migrants qui franchissent illégalement la frontière avec le Mexique, le 20 juin, par décret. Or, les poursuites ont depuis été temporairement suspendues, faute de ressources et de lieux pour détenir ces familles, ont indiqué lundi les autorités américaines.

Entre le 5 mai et le 9 juin, plus de 2300 enfants de migrants ont été séparés de leurs parents, selon des statistiques officielles publiées par le gouvernement américain.

Si certains n’ont aucune idée d’où se trouve leur enfant, d’autres affirment savoir, sans toutefois pouvoir établir avec certitude le moment de leurs retrouvailles. Leurs fils et leurs filles ont de 4 à 17 ans.


Iris est originaire du Honduras. Elle sait que son fils se trouve dans un centre, en Arizona.

Iris est originaire du Honduras. Elle sait que son fils se trouve dans un centre, en Arizona.

Photo : Associated Press / Matt York

Iris

Arrêtée le 15 juin, Iris se rappelle avoir enlacé son fils de 6 ans en apprenant qu’ils seraient séparés l’un de l’autre et qu’elle prendrait le chemin de la prison.

Mère célibataire de 40 ans, cette native du Honduras a demandé aux autorités de les retourner au pays, elle et son fils, mais il était trop tard, raconte-t-elle.

Iris sait que son fils est quelque part en Arizona. Un travailleur social du centre où il se trouve a contacté l’un de ses proches pour l’en aviser. À l’instar des 31 autres parents libérés, Iris quittera sous peu El Paso et compte aller retrouver son fils.

« La nuit, lorsque je trouve le sommeil, la première chose à laquelle je rêve, c’est à mon fils. »


Christian, en pleurs, raconte être parti du Honduras pour trouver refuge aux États-Unis, avec sa fille de 5 ans.

Christian est parti du Honduras pour trouver refuge aux États-Unis. Il se trouvait alors avec sa fille de 5 ans.

Photo : Associated Press / Matt York

Christian

Après avoir voyagé 17 jours du Honduras jusqu’à la frontière américaine, Christian a été arrêté pour être entré au pays illégalement.

« Ils m’ont dit que j’avais violé les lois des États-Unis, raconte cet ouvrier agricole de 23 ans. J’ai répondu : "D’accord, j’y consens, mais pouvez-vous me laisser avec ma fille?" »

En larmes, Christian se remémore le moment de leur séparation. Sa fille de 5 ans semblait plus apeurée que lui en apprenant qu’il s’en allait en prison.

Christian a pu parler à sa fille, il y a une semaine, après qu’un employé du bureau du shérif eut localisé l’enfant dans un centre d’accueil de Chicago.


Miriam vient du Guatemala. Avec émotion, elle se remémore la séparation d'avec son fils de 4 ans.

Miriam vient du Guatemala. Avec émotion, elle se remémore la séparation de son fils de 4 ans.

Photo : Associated Press / Matt York

Miriam

Son jeune fils de 4 ans était en train de dormir lorsque les agents fédéraux lui ont indiqué qu’elle serait séparée de lui, juste avant l’aube. « Si j’avais su, jamais je ne serais venue [aux États-Unis] », affirme Miriam, qui est originaire du Guatemala.

Miriam en veut aux autorités, qui l’ont induite en erreur en lui faisant croire qu’elle pourrait revoir son fils, peu importe le lieu où elle serait détenue.

Son fils, qu’elle décrit comme un petit garçon gêné, se trouve en ce moment dans un centre d’accueil de New York. Lorsqu’un travailleur social l’a contactée pour lui apprendre la nouvelle, elle n’a pas pu parler à son fils.

« Il était fâché et ne voulait pas parler. Le travailleur social m’a dit : "Il pense que tu l’as abandonné" », raconte-t-elle.

Miriam ignore quand elle pourra revoir son fils.


Mario, originaire du Honduras, a traversé la frontière illégalement avec sa fille unique de 10 ans.

Mario, originaire du Honduras, a traversé la frontière illégalement avec sa fille unique de 10 ans.

Photo : Associated Press / Matt York

Mario

Père de 32 ans, Mario raconte la douleur d’être séparé de sa fille unique de 10 ans, qui doit fêter son anniversaire le 26 juin.

Celui qui a fui le Honduras ne sait pas où se trouve sa fille depuis que les autorités les ont séparés à la frontière mexicaine, le 25 mai dernier.

Les agents fédéraux lui ont fourni un numéro de téléphone auquel il peut appeler pour tenter de retrouver la trace de sa fille, mais jusqu’à présent, les démarches ont été infructueuses. Un avocat l’aide aussi au cours du processus.

« Depuis qu’ils m’ont pris ma fille, je n’ai pas de nouvelles d’elle », déplore-t-il.


Melvin est entré illégalement en territoire américain après être passé par un ponceau de béton avec son fils de 17 ans.

Melvin est entré illégalement en territoire américain après être passé dans un ponceau de béton avec son fils de 17 ans.

Photo : Associated Press / Matt York

Melvin

Immigré hondurien, Melvin a demandé l’asile aux États-Unis à l’un des points d’entrée d’El Paso, en compagnie de son fils de 17 ans.

Par désespoir, raconte-t-il, le père et le fils se sont entendus pour traverser la frontière illégalement à la nuit tombée, par un grand ponceau de béton.

Les autorités fédérales ont procédé à leur arrestation et les ont séparés peu de temps après, leur laissant à peine le temps de se dire au revoir, explique Melvin.

À ce jour, il ne sait toujours pas où se trouve son fils.

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