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Le secteur pharmaceutique risque de devoir dévoiler ses dons offerts aux médecins

Un pharmacien compte des pilules beiges à l'aide d'une lame de métal.

Les entreprises pharmaceutiques devront peut-être dévoiler leurs dons aux médecins

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Colombie-Britannique songe à forcer les entreprises pharmaceutiques et les fabricants d'appareils médicaux à dévoiler les paiements qu'elles offrent aux médecins, aux groupes de patients et aux autres organisations de santé.

Un texte de Julie Landry

La province emboîterait ainsi le pas à l’Ontario, la seule province qui a adopté une loi à ce sujet, en décembre 2017. Le but, d'après le ministre de la Santé, Adrian Dix, est de rendre plus transparentes les relations financières entre les fabricants de médicaments ou d'appareils médicaux et les médecins.

« Dans certains cas, ces relations ont des résultats positifs, il faut le reconnaître. Il existe également un risque de conflit d'intérêts », constate-t-il. M. Dix précise qu'il existe, en Colombie-Britannique, environ 600 personnes qui travaillent tous les jours à vendre des médicaments aux médecins.

Ce qu'on veut, c'est mettre la lumière sur tout ça et cela va aider tout le monde.

Adrian Dix, ministre de la Santé de la Colombie-Britannique

Ceux qui bénéficieront le plus de cette transparence, d'après le ministre de la Santé, ce seront les patients. La province entamera une série de consultations cet été auprès de groupes d'intérêt pour déterminer si elle suivra l'exemple de l'Ontario ou si elle prendra un chemin différent.

Moins de pression pour les médecins

Le médecind Pascal Lavoie dans un hôpital, devant des sarraus blancs et de l'équipement médicalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le médecin chercheur Pascal Lavoie croit que cette mesure s'incrit dans un mouvement grandissant en Amérique du Nord et en Europe.

Photo : Radio-Canada / Harold Dupuis

Pascal Lavoie, médecin chercheur à l’Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique, appuie cette mesure qui permettrait de garder le lien de confiance entre le public et les médecins : « À partir du moment où il y a une possibilité de conflit d’intérêts, ça peut affecter la confiance du public. »

Le médecin admet que la ligne est parfois mince entre ce qui est acceptable et ce qui relève du conflit d’intérêts. « Le fait qu’on ait une politique comme ça qui soit globale, qui soit provinciale, ça permet d’enlever du poids sur l’individu de décider où il trace la ligne et quand est-ce que la ligne est franchie », dit-il.

Pour le Dr Lavoie, la mesure ne changera pratiquement rien parce qu’il est déjà tenu, comme tous les employés de la régie de la santé provinciale, de déclarer les montants reçus des compagnies pharmaceutiques. Mais à son avis, elle permettra un niveau de transparence supplémentaire et rendra la pratique uniforme, sans toutefois éliminer les conflits d’intérêts.

Ce n’est pas ce genre de déclarations qui va éliminer les conflits d’intérêts, c’est plus dans l’éducation et dans la sensibilisation.

Pascal Lavoie, médecin chercheur à l'Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique

Il souhaite en revanche que ce genre de politique n’enfreindra pas la contribution des compagnies pharmaceutique en recherche, une contribution très importante à son avis.

Le directeur de la Clinique médicale francophone de Vancouver, Brian Conway, abonde dans le même sens. « Les compagnies pharmaceutiques jouent un grand rôle présentement dans le système de santé. C'est important que tout le monde comprenne les relations qu'elles vont avoir avec les médecins, de quelle façon ça pourrait améliorer la livraison des services de santé, et de quelle façon ça pourrait être mis en perspective lors de l'interaction individuelle entre un malade et un médecin », croit-il.

Les entreprises pharmaceutiques contactées n’étaient pas disponibles pour répondre à nos questions à temps pour la publication de cet article.

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