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Un sommet « utile » malgré l'absence de consensus sur les migrants à Bruxelles

17 dirigeants européens posent pour les journalistes lors d'un sommet d'urgence à Bruxelles.
Les chefs d'État de l'Union européenne réunis d'urgence à Bruxelles pour discuter de la crise des migrants Photo: Reuters / Yves Herman
Reuters

Angela Merkel s'est prononcée dimanche, à l'issue d'un sommet européen restreint sur la crise migratoire, en faveur d'accords bilatéraux, en l'absence de consensus sur cette question qui menace son gouvernement.

Emmanuel Macron a quant à lui jugé ce sommet « utile » dans la mesure où il a permis d'évacuer des solutions « non conformes » aux valeurs européennes.

Les chefs d'État et de gouvernement de 16 pays européens dont la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, l'Autriche et Malte ont assisté à cette réunion informelle organisée à la dernière minute par la Commission européenne pour désamorcer ce dossier éminemment sensible avant le Conseil européen des 28 et 29 juin.

Les « 28 » donneront à cette occasion leur feu vert à un renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l'UE et de l'aide financière aux pays d'origine, mais ont renoncé à essayer de s'entendre sur la répartition des demandeurs d'asile.

Sous pression de l'aile droite de sa majorité, qui réclame un durcissement de la politique migratoire, la chancelière allemande a elle-même reconnu dès vendredi qu'il n'y aurait pas de solution commune fin juin.

Les deux hommes assis discutent en gesticulant avec leurs mains.Le premier ministre italien Giuseppe Conte (gauche) discutant avec le président français Emmanuel Macron (droite) Photo : Reuters / Yves Herman

La clef pourrait davantage se trouver dans « des accords bilatéraux, trilatéraux et multilatéraux », a-t-elle estimé, une position également adoptée samedi par Emmanuel Macron, qui a parlé de « solutions intergouvernementales ou bilatérales ».

Après la crise provoquée par le refus du nouveau gouvernement italien de laisser accoster l'Aquarius, un navire humanitaire, le ton est une nouvelle fois monté d'un cran cette semaine entre partisans d'une ligne dure et unilatérale et défenseurs d'une « approche européenne et coordonnée ».

« Égoïsme national »

Opposés à la mise en place de « quotas » contraignants pour la répartition des demandeurs d'asile entre États membres, les quatre pays du groupe dit de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) avaient annoncé qu'ils ne participeraient pas à la réunion de dimanche, la jugeant « inacceptable ».

Samedi à Paris, le président français leur a indirectement répondu en dénonçant l'« égoïsme national » et en brandissant la menace de sanctions financières contre les États de l'UE qui manqueraient à leur devoir de solidarité en ce qui concerne l'accueil des réfugiés.

Emmanuel Macron, qui s'en était déjà pris de façon à peine voilée aux pays de l'Est et à l'Italie en dénonçant la « lèpre » du nationalisme, a également proposé, avec l'Espagne, d'augmenter le nombre de « centres fermés » pour migrants « dès leur débarquement » sur le sol européen.

La proposition a été discutée dimanche, tout comme celle avancée par le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, proposant d'introduire un quota de migrants économiques par pays, assorti de sanctions pour les États membres refusant d'accueillir des réfugiés et d'une refonte des procédures de Dublin, qui suppose le renvoi des migrants dans le pays d'arrivée. Le chef du gouvernement italien s'est dit dimanche « vraiment satisfait » du sommet.

Emmanuel Macron a reconnu qu'aucun plan n'avait été « mis sur la table », mais a promis la poursuite du dialogue en vue du Conseil européen de jeudi et vendredi.

« Il faut aussi que nous ne nous mentions pas à nous-même : certains essaient d'instrumentaliser la situation de l'Europe pour créer une tension politique et jouer avec les peurs », a estimé le président de la République, que le ministre italien de l'Intérieur issu de La Ligue (extrême droite), Matteo Salvini, a jugé samedi « arrogant ».

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