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Voyager en se logeant gratuitement à Winnipeg, c’est possible

Le centre-ville de Winnipeg et le Musée des droits de la personne inuaguré en 2013

Le centre-ville de Winnipeg et le Musée des droits de la personne inauguré en 2013

Photo : Radio-Canada / Bert Savard

Radio-Canada

En cette période estivale, Winnipeg accueille de nombreux voyageurs qui ont trouvé des moyens de se loger gratuitement. Outre un gain économique, disent-ils, loger chez l'habitant et faire du bénévolat offrent des possibilités de rencontres et une immersion dans la culture locale.

Un texte de Mathilde Monteyne

Alexandre Choquette a visité 52 pays en l’espace de huit ans. « Ça me prenait une façon de voyager à moindre coût si je voulais continuer à ce rythme », admet-il en souriant. De passage à Winnipeg, ce jeune photographe québécois a tenté l'expérience du Couchsurfing, un site sur lequel des résidents du monde entier proposent aux voyageurs de dormir gratuitement sur leur canapé.

C’est vraiment un accès privilégié à la culture du pays, tout de suite en arrivant.

Alexandre Choquette, touriste québécois

Selon lui, outre l’hébergement gratuit, cette solution présente des avantages par rapport aux hôtels « où tu vois juste des gens dans le milieu du tourisme ». « Souvent, les gens veulent faire découvrir la culture de leur pays, donc ils vont te faire la bouffe de leur pays, te parler des attractions touristiques et moins touristiques aussi. »

Pierre Dussart, un Français venu à Winnipeg pour affaires, voyage aussi, depuis peu, avec en logeant chez l'habitant. « Ça me permet de me faire des connaissances un peu partout où je vais », explique-t-il, en avouant regretter de ne pas avoir eu vent de cette possibilité plus tôt.

Un échange réciproque

Maria Fadl vit à Winnipeg et a accueilli Pierre Dussart et Alexandre Choquette. Si elle n’en tire, quant à elle, aucun gain économique, elle affirme qu’héberger des gens provenant de tous les horizons, c’est une véritable expérience humaine.

Trois personnes sourient à l'objectif : à gauche, un homme d'une trentaine d'années aux cheveux courts bruns, au milieu une jeune femme aux cheveux bruns mi-longs et avec des lunettes, à droite un homme d'une trentaine d'années avec des cheveux courts bruns.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alexandre Choquette, Maria Fadl et Pierre Dussart chez Maria

Photo : Maria Fadl

Elle explique que les personnes qu’elle reçoit à Winnipeg présentent des profils très variés, mais ont souvent en commun une soif de découvertes, un budget limité et l’envie de faire des rencontres locales.

C’est également ce que constate Dominique Noel, qui tient le gîte La Cabane, à Saint-Boniface. Ici, les voyageurs profitent d’un lit et du petit-déjeuner en échange de quatre ou cinq heures de travail par jour.

Mais ce qu’elle offre aussi, c’est son expérience en tant que résidente de Winnipeg. Elle a décoré son gîte avec des oeuvres d’artistes locaux et, lorsqu’on y entre, c’est la musique d’un groupe winnipégois qui se glisse dans nos oreilles.

Elle a également réalisé son propre guide touristique, dans lequel elle partage à ses hôtes quelques-uns des endroits qu’elle affectionne dans la ville.

Une jeune femme aux longs cheveux bruns sourit à l'objectif, assise à une table blanche sur laquelle trône un bouquet de fleurs mauves.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dominique Noel, propriétaire du gîte La Cabane, à Saint-Boniface

Photo : marcel druwé (m-photo.ca) / Marcel Druwé

C’est de ces conseils dont Claire Tisseront, une jeune touriste française, a pu bénéficier en faisant du bénévolat durant un mois à La Cabane. Elle a trouvé cette possibilité par le biais du site Internet Workaway.

J’avais un petit budget donc c’était une bonne façon de m’intégrer dans la culture à Winnipeg et canadienne, tout en ne payant pas mon logement, qui est en général assez cher, donc c’était un bon compromis.

Claire Tisseront, touriste française

Quant à Dominique Noel, elle explique qu’elle a ainsi obtenu une aide dans ses tâches quotidiennes, et qu’elle a également pu s’octroyer quelques jours de vacances.

Même si tout n’est pas toujours rose

Il va de soi qu’aller dormir chez d’illustres inconnus pose certaines questions, dont celle de la sécurité.

Émilie Delgorgue a aussi fait l’expérience du bénévolat en échange d’un lit gratuit et avoue être déjà « mal tombée ».

Les mauvaises expériences, ça peut arriver. J'ai dû partir d'un volontariat en plein milieu d'une nuit car je ne me sentais pas à l'aise ni en sécurité.

Émilie Delgorgue, touriste française

Pierre Dussart et Alexandre Choquette avouent aussi s’être parfois retrouvés dans des endroits qui manquaient de propreté, ou dans lesquels il fallait faire attention aux vols.

Toutefois, tous ces voyageurs affirment continuer à se loger ainsi, en raison de l'immersion culturelle et d'une véritable dimension humaine au voyage.

Manitoba

Tourisme