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Il y a 40 ans, l'ouverture de CBON, la station de Radio-Canada dans le Nord de l'Ontario

Une émission de radio enregistrée devant un public.
Dès les premières années, CBON est devenue très présente dans la communauté. Photo: Radio-Canada / Archives

Dans ses mots, le directeur fondateur de CBON, Marie Poulin, raconte les débuts de la station nord-ontarienne de Radio-Canada.

Un récit de Marie Poulin

Quelque temps avant l’ouverture de la station, on m’annonce que les lettres d’appel seront CBJS. Je sursaute. Elles ont une sonorité plus anglophone que francophone.

Assise à mon bureau, je joue avec des lettres... CBNO, CBON, CBCO, etc.

Bernard m’apporte un café. En regardant la liste, il sourit. Pointant du doigt CBON, il dit : C’est pas compliqué, c’est bon. Je saute de joie.

Note :

Marie Poulin préfère utiliser le titre masculin des postes qu'elle a occupés. Elle était donc le directeur fondateur et, après 1995, le sénateur Marie Poulin.

Lors de mon voyage suivant à Montréal, la direction discute des budgets nécessaires à la mise sur pied de la station.

Je pose une question hors contexte : Serait-il possible de changer les lettres d’appel?

On m’informe que les lettres d’appel sont approuvées par le gouvernement fédéral et qu’il est impossible de faire un changement.

En sortant de la réunion, l’ingénieur qui y participait me demande : Quelles seraient les lettres d’appel que vous aimeriez avoir pour la station de Sudbury?.

Je lui confie l’idée de CBON, pour Canadian Broadcasting Ontario Nord, et le lien avec c’est bon, tout en soulignant la longue attente et l’implication des gens du Nord pour leur centre de production de CBC/SRC.

Il me répond : J’ai un bon contact au ministère. Je lui donne un coup de fil tout de suite. Puis-je raconter votre histoire?.

Anticipant un miracle, je lui dis : Une douzaine de roses vous attend si vous réussissez cette prouesse.

Cela fonctionne! Nous sommes dorénavant connus sous le nom CBON et mon collègue trouve un superbe bouquet de roses sur son bureau.

Lundi 19 juin 1978

Il est 5 h du matin. Il fait un temps magnifique dehors.

La petite équipe de CBON se retrouve dans un édifice toujours en rénovation, où un garde-robe au 2e étage sert de studio et de salle de régie, du moins pour quelques semaines.

L’émission C’BON L’MATIN entre en ondes comme prévu à précisément 6 h 05, après le bulletin de nouvelles nationales diffusé de Montréal.

L’émission du matin conservera ce nom pendant cinq ans.

Une photo d'archive montrant des employés de Radio-Canada Sudbury.L’équipe de C’BON L'MATIN Photo : Radio-Canada / Archives

C’BON L’MATIN a reçu le Prix Marcel Blouin en 1982, remis à la meilleure émission du matin de la SRC au Canada.

L’émission vise à informer et à divertir, cinq jours par semaine, de 6 h à 9 h. Elle offre une variété d’information régionale, de musique, de petites histoires et d’entrevues avec des gens du Nord.

L’émission du matin est la locomotive d’une station de radio. Les recherches démontrent que l’auditeur qui choisit une fréquence pour écouter la radio le matin change rarement sa fréquence durant la journée.

En ce lundi 19 juin 1978, la plus belle des surprises nous attend : la visite spontanée de gens de Sudbury, venus nous dire : Bienvenue chez nous Radio-Canada!.

Ils arrivent avec des beignes et des muffins de chez Cecutti’s, la boulangerie voisine de notre édifice, rue Beech.

Une tradition est née. Encore aujourd’hui, on mange des beignes et des muffins lors des célébrations à CBON.

Quarante ans plus tard, les pâtisseries me rappellent ce fameux matin où cette première équipe de production a su offrir aux auditeurs de CBON une émission de radio de grande qualité.

Le jingle de CBON

À la suite de la mise en ondes de CBON, j’appelle le chansonnier Robert Paquette, originaire de Sudbury, qui demeure à Montréal.

Je lui demande : Voudrais-tu composer une ritournelle qui permettrait aux auditeurs de faire un lien entre CBON et la chanson de Maurice Chevalier C’est si bon?.

Robert Paquette en concert avec sa guitareL'auteur-compositeur-interprète Robert Paquette. Photo : Gilles Comtois

Le compositeur reçoit carte blanche. Quelques semaines plus tard, Robert nous revient avec une bobine. Sa composition est encore meilleure qu’espérée. Quel professionnel!

Ce fut le début de l'élaboration de l’image de marque de CBON.

La salle de nouvelles CBON

Dans une station de radio, la salle de nouvelles est le nerf de la guerre.

En 1978, celle de CBON compte deux journalistes qui travaillent déjà à Sudbury comme correspondants pour la SRC.

J’y ajoute immédiatement deux autres journalistes, des gens qui ont peu ou pas d’expérience journalistique, mais qui connaissent le Nord.

Je me dis : le métier, ça s’apprend! et je gagne mon pari, car les journalistes qui y sont déjà accueillent les nouveaux avec générosité.

Un groupe d'employés de Radio-Canada à Sudbury au début des années 1980.Une photo d’équipe prise au début des années 1980. Photo : Radio-Canada / Archives

J’embauche aussi des commentateurs pigistes, des professeurs d’université qui ont l’habitude de prendre du recul, pour analyser l’actualité.

Pendant mes cinq années à CBON, je me fais un devoir de passer du temps à la salle de nouvelles tous les jours pour en prendre le pouls.

Je m’assure que le groupe n’est pas surchargé, et je maintiens le lien entre les journalistes et l’équipe de production. Et malgré les années qui passent, je trouve toujours cet environnement stimulant.

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