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La casa de papel : Netflix attend beaucoup de la troisième saison

Les personnages de la série <i>La casa de papel</i> se tiennent debout dans un champ, regardant la caméra.
Les personnages de la série La casa de papel Photo: Netflix
Radio-Canada

Plus grand succès des séries non anglophones sur Netflix, La casa de papel, qui raconte histoire d'un braquage spectaculaire de la Fabrique nationale de la monnaie espagnole, va revenir pour une troisième saison. Ayant le feu vert de la plateforme, les créateurs entendent cette fois explorer le passé des personnages.

Signe de sa réussite, La casa de papel a été récompensée cette semaine par une Nymphe d'Or, trophée de la meilleure série dramatique, au festival de Monte-Carlo. Le succès est d'autant plus beau que les deux premières saisons ont été produites avec un budget de moins de 600 000 euros (quelque 929 000 $CA) par épisode.

Tout avait pourtant mal commencé. Diffusée dans un premier temps par la chaîne espagnole Antena 3, la série n'avait pas reçu un accueil favorable. En achetant les droits de la fiction, Netflix pensait l'adapter dans une version en langue anglaise, puis a opté pour l'originale. Le choix a été judicieux, puisque La casa de papel a finalement su capter l'attention de nombreux adeptes de la plateforme.

« Nous n'étions pas certains de tenir une bonne idée » pour une troisième saison, annoncée en avril, a raconté à Monte-Carlo le scénariste Alex Pina. « Après deux mois de réflexion, nous avons eu une idée qui nous a semblé merveilleuse, nous l'avons présentée à Netflix et tout s'est mis en marche. » La troisième saison devrait être « prête pour une diffusion en 2019 » sur la plateforme qui lui laisse « une liberté totale », a-t-il affirmé.

Le spectateur manipulé

Pour ce troisième volet encore au stade de l'écriture, l'auteur a confié travailler sur des « temporalités différentes » dans chaque épisode. « Nous brouillons les pistes en manipulant le spectateur et je crois qu'il aime ça », a assuré Alex Pina à l'Agence France-Presse (AFP).

Netflix ne communique pas les chiffres d'audience, mais assure que la série occupe le premier rang des séries non anglophones.

« C'est au Brésil, en Argentine, en France et en Turquie qu'elle semble remporter le plus grand succès », a affirmé le créateur, tout en reconnaissant que les pays anglo-saxons y sont plutôt restés indifférents.

Un succès lié à la crise du système libéral?

Selon l'historienne française et spécialiste des médias Marjolaine Boutet, la réussite de cette série repose davantage sur sa résonance avec le contexte actuel que sur ses qualités intrinsèques.

Cette fiction dénonce « le pouvoir de l'argent » et se fait l'écho du sentiment antilibéral grandissant, juge-t-elle, interrogée par l'AFP.

Le cerveau du cambriolage, dit « le professeur », conditionne son équipe de braqueurs « en leur inculquant l'idée qu'ils vont agir pour une cause et pas uniquement pour leur intérêt personnel », rappelle-t-elle.

Cela fait partie « des ingrédients propres à séduire la jeunesse ».

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