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Économie du nord : « Il faut sortir des approches électoralistes »

Un pont dans la ville de Bathurst, avec plusieurs immeubles en arrière plan.

La ville de Bathurst, dans le nord du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement devrait changer sa façon de faire, lorsqu'il est question de développement économique dans le nord du Nouveau-Brunswick, juge le directeur général de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB), Frédérick Dion.

Le développement économique, ça commence par la base. Il faut sortir des approches électoralistes, des annonces à la pièce, il faut travailler vraiment avec les gens sur le terrain, juge le directeur général.

M. Dion plaide pour que davantage de décisions économiques soient prises en région.

On ne doit pas avoir un développement économique qui nous vient de Fredericton, ce n’est plus cette méthode-là, qui date des années 50.

Frédérick Dion, directeur général de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick

Il faudrait établir une stratégie de développement à long terme avec des objectifs clairs, des échéanciers et une façon de mesurer les résultats, selon lui.

Alors que le premier ministre Brian Gallant multiplie les annonces de son gouvernement en matière d'économie, les taux de chômage restent élevés dans le nord de la province.

Dans la plupart des régions du nord, l'an dernier seulement, la population a diminué de 3 % à 5 %. Si le taux de chômage pour l’ensemble de la province a chuté à 8 %, entre Miramichi et Campbellton, il se maintient toujours à plus de 13 %.

Frédérick Dion répond aux questions d'un journaliste sur la situation économique du nord.

Frédérick Dion, directeur général de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada

Encourager les entreprises locales

C'est le même son de cloche du côté du Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CENB). Son président-directeur général, Thomas Raffy, soutient que le développement économique de la région passe, d’abord et avant tout, par les entreprises locales.

Le nord de la province a à sa disposition suffisamment d'entreprises et de produits pour rayonner, selon lui. Il faudrait maintenant miser sur elles et leur donner les ressources pour rayonner.

Le plus important, c'est de miser sur ces atouts au lieu de constamment lancer un message comme si on va relancer les choses, comme si ça ne marchait pas.

Thomas Raffy, président-directeur général du Conseil économique du Nouveau-Brunswick
Thomas Raffy, président-directeur général du Conseil économique du Nouveau-Brunswick.

Thomas Raffi, directeur général du Conseil économique du Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada

Rétention de la main-d'oeuvre

Un des principaux défis des entreprises dans le nord serait l’accès à une main-d’oeuvre qualifiée. Même si les taux de chômage sont élevés, il y a peu de travailleurs spécialisés disponibles pour occuper les postes offerts, explique le maire de Bathurst, Paolo Fongemie.

Il nous manque du monde, l'âge moyen des résidents de la ville de Bathurst est 53 ans.

Paolo Fongemie, maire de Bathurst

Parmi les solutions envisagées, on évoque un effort plus important en ce qui a trait à l’immigration francophone en région.

Il faut une vision d'ensemble, et peut-être même une forme de dualité au niveau de l'immigration francophone pour s'assurer qu'on a des gens qui viennent combler des postes qui sont vacants dans beaucoup d'entreprises, ajoute Frédérick Dion.

Le maire de Bathurst répond aux questions du journaliste sur la situation économique du nord.

Le maire de Bathurst, Paolo Fongemie

Photo : Radio-Canada

Responsabilité gouvernementale

Certaines décisions gouvernementales n'auraient pas contribué à dynamiser la région, toujours selon ces observateurs.

On évoque, entre autres, la fermeture de plusieurs services gouvernementaux, comme des palais de justice, des bureaux de Service Nouveau-Brunswick ou des bureaux du ministère des Ressources naturelles.

Depuis peut-être les 20, 30 dernières années, on a vu beaucoup de diminution de services dans les régions rurales. Encore là, ce sont des décisions prises par des ministères qui n'ont pas de vision claire du développement des régions, et ça, il faut que ça change, lance Frédérick Dion.

Maintenir la qualité des infrastructures

Un point revient auprès des intervenants : il faut investir dans les infrastructures pour assurer le développement des entreprises.

Si le gouvernement veut jouer un rôle de leader pour nous appuyer dans le développement économique, c'est dans l'investissement des infrastructures de base, comme le chemin de fer et comme l'autoroute.

Paolo Fongemie, maire de Bathurst

Dans certains cas, par exemple, les routes sont dans un tel état que des camions lourds de livraison doivent réduire le poids de leurs cargaisons, ce qui augmente les coûts et diminue leur compétitivité.

Afin de créer de l'emploi dans la région, le premier ministre Brian Gallant a annoncé jeudi qu'il évaluait la possibilité qu'une minière s'établisse à Belledune.

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