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Tarifs sur l'acier : la contre-offensive de l'UE est officiellement en vigueur

Un travailleur se tient debout entre des rouleaux de feuilles d'acier.

Avant l'UE, le Mexique, également concerné, avait mis en place début juin des mesures de rétorsion contre Washington, tandis que le Canada compte le faire début juillet.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Union européenne (UE) a lancé sa contre-offensive dans le conflit commercial qui l'oppose au président Donald Trump en imposant des droits de douane additionnels sur des dizaines de produits américains, comme les jeans, le bourbon et les motos.

Ces nouvelles taxes, officiellement entrées en vigueur vendredi à minuit, heure de Bruxelles, se veulent la réponse des Européens aux taxes de 25 % sur l'acier et de 10 % sur l'aluminium imposées par les États-Unis à la plupart des pays du monde, dont certains de ses alliés.

« La décision unilatérale et injustifiée des États-Unis » d'imposer ces droits de douane « ne nous laisse pas d'autre choix », a insisté cette semaine la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

« Les règles du commerce international ne peuvent être violées sans réaction de notre part », a ajouté Mme Malmström, précisant que « si les États-Unis suppriment leurs tarifs douaniers », les mesures européennes seraient « également supprimées ».

Avant l'UE, le Mexique, également concerné, avait mis en place début juin des mesures de rétorsion contre Washington, tandis que le Canada compte le faire début juillet.

Dans ce contexte, déjà marqué par les tensions entre la Chine et les États-Unis, le spectre d'une guerre commerciale mondiale se dessine.

Le risque est d'autant plus grand que Donald Trump envisage aussi de taxer les automobiles étrangères, ce qui porterait tout particulièrement préjudice aux constructeurs japonais et allemands.

La crainte d'une escalade dans le conflit a d'ailleurs agité jeudi les bourses européennes, qui ont fini dans le rouge.

Nous avons une guerre commerciale – et c'est une guerre commerciale qui s'intensifie.

Une citation de : Robert Bergqvist, économiste à la banque suédoise SEB

Pour le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, la réponse européenne se veut « claire et mesurée » en réaction à une décision américaine qui « défie toute logique ».

Du bourbon américain, des jeans et une moto de la marque Harley-DavidsonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La liste européenne comporte des produits américains très emblématiques comme le bourbon, les jeans et les motos de la marque Harley-Davidson.

Photo : Reuters / Mike Blake, iStock/Mantonature/eugenesergeev

Les taxes imposées par l'UE s'appliquent sur une liste de biens fabriqués aux États-Unis, comme des produits agricoles (riz, maïs, tabac, etc.) ou en acier, ainsi que des véhicules (motos, bateaux, etc.) ou du textile.

« Si nous avons choisi des produits comme les [motos] Harley-Davidson, le beurre d'arachide ou le bourbon, c'est parce qu'il y a des solutions de rechange sur le marché [européen]. Nous ne voulons rien faire qui puisse nuire aux consommateurs », a expliqué jeudi le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen.

« De plus, ces produits auront politiquement une forte portée symbolique », a-t-il argué.

Des relations qui battent de l'aile

Les Européens ont longtemps espéré échapper aux taxes punitives annoncées en mars par Donald Trump. Mais après deux exemptions temporaires et des tentatives de discussions commerciales avec Washington, l'UE a finalement vu ces taxes s'appliquer le 1er juin.

Dans la foulée, les Européens ont déposé une plainte devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Ils comptent aussi instaurer des mesures dites « de sauvegarde » pour protéger leur marché de l'acier et de l'aluminium étrangers qui ne trouveraient plus de débouchés aux États-Unis.

Les mesures de rétorsion appliquées depuis vendredi sur les produits américains correspondent, en valeur, aux dommages causés par la décision américaine sur les exportations européennes d'acier et d'aluminium vers les États-Unis, soit un total de 6,4 milliards d'euros en 2017.

L'UE exercera d'abord ses droits sur les biens américains à hauteur de 4,3 milliards dollars.

Le rééquilibrage sur l'équivalent des 5,5 milliards de dollars canadiens restants aura lieu soit dans trois ans, soit après une éventuelle victoire des Européens dans leur recours devant l'OMC.

Les relations transatlantiques battent de l'aile depuis l'élection de Donald Trump en raison de mésententes sur de nombreux sujets, comme l'Accord de Paris sur le climat, le déménagement de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem ou encore l'accord sur le nucléaire iranien.

Les relations ont été particulièrement tendues après le récent sommet du G7, lorsque le président américain a brusquement rejeté la déclaration conjointe et insulté son hôte canadien, le premier ministre Justin Trudeau.

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