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Climat d'insécurité allégué à l'École des Pionniers : le CSF ouvre une enquête

Des élèves tiennent une pancarte.
Des élèves du CSF dénoncent un climat sexiste devant leur école à Port Coquitlam. Photo: Radio-Canada / Michaële Perron-Langlais
Radio-Canada

Plusieurs élèves de l'École des Pionniers-de-Maillardville, à Port Coquitlam, près de Vancouver, allèguent que leur école est devenue le théâtre de comportements sexistes et d'inconduites sexuelles et accusent la direction d'inaction. Le Conseil scolaire francophone enquête.

Un texte de Noémie Moukanda

Jeudi matin, des élèves de l’École des Pionniers se sont réunis devant l’établissement pour dénoncer « le harcèlement et la mentalité misogyne qui contribuent au climat d’insécurité ».

Élève de 11e année, Sophie Arseneault a pris la parole pour accabler de reproches la direction de son école. L'adolescente estime que celle-ci « n’a pas pris assez d’actions pour décourager la culture sexiste et intolérante qui se propage de plus en plus ».

Radio-Canada n'a pas pu vérifier indépendamment les allégations formulées par le groupe d'élèves. La direction de l'école a refusé notre demande d'entrevue et nous a redirigé vers le Conseil scolaire francophone (CSF).

Rectificatif :

Une version précédente de ce texte comportait une image d'une quinzaine d'élèves rassemblés autour des élèves responsables de la manifestation. Après la publication de cet article, Radio-Canada a obtenu des informations portant à croire qu'au moins une des élèves dans cette image n'était pas pleinement informée des doléances exprimées. Nous avons recadré l'image.

Bertrand Dupain, directeur du CSF, qui parle au nom de l'administration de l’École des Pionniers, dit avoir été « mis au courant de cette situation il y a deux, trois semaines, voire quatre, mais pas beaucoup plus ».

Il qualifie les allégations des élèves de « choses extrêmement graves et inquiétantes ». M. Dupain ajoute que le CSF s’est tout de suite saisi de l’affaire pour évaluer si la « réponse a été adéquate ».

Nous avons dû prendre les cas entre nos mains, quelques élèves allant jusqu’à demander l’aide de la GRC et du ministre de l’Éducation de la Colombie-Britannique.

Sophie Arseneault, élève de 11e année à l'École des Pionniers-de-Maillardville

Des plaintes auprès de la GRC

Le caporal Michael McLaughlin, de la Gendarmerie royale du Canada à Coquitlam, confirme que deux plaintes émanant des élèves de l’École des Pionniers-de-Maillardville ont été déposées. Il explique que ce sont là des faits « complexes ».

La première plainte concerne une allégation de harcèlement qui a été déposée le 24 mai.

Une enquête policière a été effectuée et il a été déterminé qu’il n’y avait aucune preuve pour appuyer des accusations criminelles.

Caporal Michael McLaughlin, Gendarmerie royale du Canada à Coquitlam

Le caporal McLaughlin dit que les élèves concernés et interrogés relativement à cette plainte sont âgés de 16 à 17 ans et que la GRC leur a expliqué pourquoi le dossier avait été clôturé.

En revanche, la seconde plainte au sujet d’une agression sexuelle présumée est aujourd’hui en révision, car la GRC dit « vouloir faire les choses correctement ». Dans ce cas, la plaignante et le garçon qui fait l’objet de la plainte sont âgés de 16 à 17 ans, mais l’incident présumé ne s’est pas produit au sein de l’école, souligne la GRC.

Le caporal McLaughlin explique par ailleurs que, dans le second cas, si les preuves sont suffisantes pour appuyer des chefs d’accusations criminelles, la procédure se poursuivra avec possiblement des mesures alternatives, car l’affaire concerne des mineurs. Si les preuves sont insuffisantes, le dossier sera clos, dit la GRC.

La police précise également que « normalement, dans ce genre de plaintes, [elle implique] l’école ». Cependant, étant donné que les faits présumés se sont produits loin des enceintes scolaires, le caporal McLaughlin dit donc « ne pas savoir si l’école est au courant de ces faits ».

Quatre filles en avant-plan s'expriment lors d'un rassemblement avec d'autres élèves en arrière-plan.Des élèves de l'École des Pionniers de Maillardvaille se rassemblent pour dénoncer le sexisme au sein de leur établissement scolaire. Photo : Radio-Canada / Michaële Perron-Langlais

Manque de sanctions

Les élèves présents à ce rassemblement disent espérer « que l’année prochaine sera différente ». Ces deux dernières années ont été particulièrement difficiles, dit Sophie Arseneault, parce que « certains élèves ont eu de la difficulté à se concentrer sur leurs études ». Elle ajoute qu’il n’est pas question « de blâmer l’administration, mais de reconnaître qu’il y a un problème qui concerne [leur] sécurité en tant qu’individus ».

Plusieurs élèves ont perdu leur confiance en soi. Mais de manière peut-être plus inquiétante, plusieurs élèves se sentent comme s’ils n’ont pas le soutien ou la sécurité qui devrait venir de la part de l’école.

Sophie Arseneault, élève de 11e année à l'École des Pionniers-de-Maillardville

Le CSF enquête

Les allégations des élèves font l’objet d’une enquête de la part du CSF. M. Dupain dit tenir les parents et les personnes concernés au courant.

Le conseil scolaire ne tolère aucun sexisme.

Bertand Dupain, directeur général du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique

Sans vouloir envenimer la situation, le CSF assure que les résultats de son enquête conduiront « à ce que certaines actions soient posées ». Bertrand Dupain rappelle que son « rôle est administratif [...] en mettant en place les politiques du CSF et de la province ».

Le directeur du CSF affirme que, s’il s’avère que cette administration n’a pas répondu correctement, des sanctions verront le jour. Cela peut aller jusqu'à un licenciement, précise Bertrand Dupain.

Ce seront des sanctions qui seront à l’échelle de la faute qui a été faite, s’il y a eu faute.

Bertand Dupain, directeur général du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique
Deux filles tiennent une pancarte qui dit en anglais « pour une éducation et sécurité égales. Le futur est féminin ».Une pancarte qui réclame une éducation égale pour les filles de l'École des Pionniers de Maillardville. Photo : Radio-Canada / Michaële Perron-Langlais

Avec des informations de Michaële Perron-Langlais

Colombie-Britannique et Yukon

Éducation