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Donald Trump se heurte à un mur

Donald Trump après avoir signé le décret mettant un terme à la séparation des familles.
Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison-Blanche. Photo: La Presse canadienne / Pablo Martinez Monsivais

L'immigration est devenue un problème presque insoluble aux États-Unis. Le flux de migrants à la frontière mexicaine est ingérable. La situation est d'une complexité inouïe. Le président Donald Trump a eu une bonne idée, cette semaine, des limites de ses pouvoirs, voire de son impuissance.

Une analyse de Christian Latreille, correspondant à Washington

Tous les présidents depuis Bill Clinton se sont cassé les dents en s’attaquant au difficile dossier des illégaux. La semaine désastreuse vécue par l’administration Trump incarne le lamentable échec d’un autre président qui a promis de régler la crise à la frontière.

On entend encore résonner « build the wall, build the wall, build the wall » lors des rassemblements de Donald Trump durant la campagne de 2016. Un cri de ralliement devenu le symbole de la résistance des « trumpistes » face aux politiques « permissives » en immigration.Trump promettait alors d’appliquer les lois à la lettre.

Le 7 mai, le procureur général, Jeff Sessions, annonçait, à San Diego, en Californie, la nouvelle politique de tolérance zéro à la frontière États-Unis-Mexique. La ligne dure promise par Trump était maintenant une réalité. Tous les parents arrivant illégalement avec des enfants aux États-Unis seraient dorénavant séparés de leur progéniture et poursuivis en justice.

Cette politique, qu’aucune administration n’avait osé mettre en place, n’aura duré que quelques semaines. Mercredi, le président américain a dû battre en retraite devant le tollé international provoqué par sa décision de séparer les familles de migrants.

Ce sont les femmes autour de Donald Trump qui semblent lui avoir fait entendre raison. Sa conjointe Melania et sa fille Ivanka, deux mères de famille, lui ont soufflé à l’oreille que cette politique de séparation des familles n’était pas la bonne solution. Les républicains lui ont fait savoir moins subtilement. Cette affaire mettait en danger leur siège aux élections de mi-mandat en novembre.

Ces images d’enfants en pleurs ont choqué le monde entier. Ces jeunes en cage abandonnés dans des centres de détention ont laissé l’impression d’un pays, d’une administration, d’un président sans compassion. Des scènes que les démocrates exploiteront avec un malin plaisir dans leurs prochaines publicités électorales.

Trump souhaite depuis son arrivée à la Maison-Blanche de régler tous les problèmes en immigration : les « Dreamers », les demandeurs d’asile, la carte verte (permis de travail), le mur. Mais le président des États-Unis constate qu’il fait face à un énorme casse-tête.

Les représentants républicains ont perdu un premier vote, jeudi, à la Chambre, sur une réforme en profondeur de l’immigration. Et l'issue du second vote était tellement incertaine que le vote, qui devait avoir lieu vendredi, a été reporté à la semaine prochaine.

Un échec sur toute la ligne

La politique du président Trump en immigration est un échec sur toute la ligne. Le mur n’est toujours pas construit, le problème des jeunes Dreamers n’est pas réglé, la frontière déborde et plus de 2300 enfants cherchent leurs parents.

Pour l’instant, c’est la confusion à la frontière. Le département de la Sécurité intérieure n’a pas l’infrastructure nécessaire pour recevoir tous ces migrants. L’administration Trump a d’ailleurs demandé au ministère de la Défense de se préparer à accueillir plus de 20 000 illégaux dans ses installations.

De plus, on ne sait toujours pas si ces milliers d’enfants réussiront à retrouver leur mère et leur père. Des rumeurs laissent entendre que les parents ne seraient plus poursuivis par le département de la Justice. Beaucoup d’enfants sont éparpillés aux quatre coins des États-Unis. Revoir leurs parents pourrait prendre des mois.

Bref, un solide mal de tête pour Donald Trump qui continue de blâmer les démocrates. Mais les démocrates ne sont pas à la Maison-Blanche, ne contrôlent pas la Chambre des représentants ni le Sénat. La promesse phare de Trump de bâtir un mur et de sécuriser la frontière n’est même pas à portée de main. Et ça, ses partisans n’aiment pas ça. Ils n’aiment surtout pas voir leur président se heurter à un mur.

Donald Trump, président des États-Unis

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