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Trump, ce vent du sud qui décoiffe Trudeau

Le président Trump pointe Justin Trudeau du doigt alors que les deux hommes marchent  côte à côte.
Le premier ministre canadien Justin Trudeau en compagnie du président américain Donald Trump, en octobre dernier, lors d'une visite de M. Trudeau à Washington Photo: Getty Images / Chip Somodevilla
Radio-Canada

Les décisions de Donald Trump bouleversent la politique fédérale et obligent le gouvernement Trudeau à dépenser une bonne partie de ses énergies à s'adapter. La capacité des chefs de parti à naviguer sur les flots de l'imprévisibilité du président des États-Unis jouera-t-elle un rôle dans les élections générales de l'an prochain?

Une analyse de Fannie Olivier

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland passe tellement de temps à Washington qu’il serait presque plus simple d’y déménager carrément sa famille. Le gouvernement Trudeau ne veut ménager aucun effort dans la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain – sans garantie aucune d’en arriver à une conclusion satisfaisante.

Ottawa doit constamment être à l’affût d’une déclaration fracassante d’un président qui « éprouve de la fierté à [faire preuve d’un] certain degré d’imprévisibilité », selon les mots de Justin Trudeau dans son dernier point de presse avant la pause estivale.

En plus d’avoir élaboré une réponse aux tarifs douaniers sur l’aluminium et l’acier, les fonctionnaires doivent désormais plancher sur une contre-attaque pour le secteur automobile, au cas où la Maison-Blanche imposerait des restrictions aux importations de voitures, comme elle a menacé de le faire.

Même les politiques internes de Donald Trump ont des répercussions jusqu’ici. Ses décisions sur l’immigration expliquent en bonne partie l’arrivée de milliers de migrants qui traversent la frontière de façon irrégulière, dans l’espoir de s’établir au Canada.

Ottawa et les autres ordres de gouvernement doivent gérer cet afflux, traiter les demandes, mettre en place une stratégie pour inciter les immigrants potentiels à passer par les canaux officiels.

Plus que jamais, le Canada semble bien vulnérable aux bourrasques en provenance des États-Unis. Et Ottawa n’a pas d’autre choix que de jouer au météorologue pour tenter de prédire la direction du vent.

Une distraction

Ce faisant, il met nécessairement de côté d’autres priorités. Quand elle est à Washington, Chrystia Freeland ne rencontre pas ses homologues d’ailleurs pour tisser de nouveaux liens. Elle ne promeut pas la candidature du Canada comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

Quand des fonctionnaires travaillent sans relâche pour concocter un communiqué du G7 rassembleur, déchiré par Donald Trump quelques heures après être sorti de l’imprimante, ce sont des efforts mis à la poubelle qui auraient pu être consacrés à étoffer des politiques.

Quand les journalistes bombardent le premier ministre de questions sur sa relation avec Donald Trump, ils ne l’interrogent pas sur ses projets de loi – et je plaide coupable.

Justin Trudeau n’a pas d’autre option que de se résigner et de tenter de gérer du mieux qu’il peut cette relation compliquée, alors que personne n’a trouvé la recette miracle pour mettre de son côté ce personnage hors du commun.

La fermeté du premier ministre à l'égard de Trump depuis l’imposition des tarifs douaniers et le Sommet du G7 semble plaire aux Canadiens, si on en croit les sondages qui font état d’une hausse du taux d’approbation du premier ministre. Mais qui sait si ce nouveau ton aura encore la cote si Donald Trump impose de nouvelles barrières au commerce?

Bien sûr, le semestre qui s’achève ne peut se résumer qu’à la relation entre Ottawa et Washington. Les libéraux ont été en mesure de remplir une de leurs promesses phares de 2015 : celle de légaliser la marijuana. Ils ont toutefois bafoué un autre engagement électoral – celui de diminuer progressivement des subventions aux énergies fossiles – en se portant acquéreurs du pipeline Trans Mountain.

Ce sont là deux dossiers polarisants que les électeurs auront en tête lorsqu’ils iront aux urnes l’an prochain.

Mais les Canadiens risquent aussi de demander qui, des chefs de partis fédéraux, est le mieux placé pour faire face à Donald Trump.

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