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  • Archives
  • Madeleine Parent : une syndicaliste qui ne faisait pas toujours dans la dentelle

    Madeleine Parent sourit.  Derrière elle se retrouve une balustrade en boiserie.
    La syndicaliste Madeleine Parent s'est battue pour le droit des travailleurs de l'industrie des textiles pendant plus de 60 ans. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    La syndicaliste Madeleine Parent est née il a y a exactement 100 ans ce 23 juin 2018. Nos archives gardent le souvenir d'une femme qui s'est battu toute sa vie contre les abus des pouvoirs établis, quels qu'ils soient.

    Une Michel Chartrand sans les « sacres »

    Ce commentaire de l’ancienne porte-parole de Québec solidaire Françoise David, lors du décès de Madeleine Parent, résume en quelques mots la personnalité de la défunte.

    Pour comprendre le parcours et la pensée de Madeleine Parent, nous vous proposons de regarder une entrevue qu’elle a accordée à la journaliste Armande Saint-Jean. Elle a été diffusée à l’émission Première page, le 7 avril 1978.

    À premier abord, l'image de Madeleine Parent ne correspond pas du tout de celle qu'on se fait d'habitude d'une syndicaliste militante. Elle est née dans une famille aisée. Elle parle une langue châtiée que ne corrigerait pas une religieuse.

    L'image est cependant trompeuse. Madeleine Parent est très tôt une jeune fille qui constate la présence de l'injustice. Élève dans des couvents menés par des religieuses, elle est indignée par la différence de traitement entre les pensionnaires et les servantes.

    Madeleine Parent se jette dans la lutte syndicale dès le début des années 1940. Elle dirige la tentative de syndicalisation des travailleuses de l’industrie des textiles dans les usines de Saint-Henri et de Hochelaga à Montréal, de même qu’à Valleyfield.

    Maurice Duplessis lui voue une haine féroce

    Son style déterminé ne fait pas toujours dans la dentelle. En juin 1946, comme la société Dominion Textiles refuse de reconnaître la syndicalisation des ouvrières, Madeleine Parent organise une grève. Celle-ci durera 100 jours.

    Elle s’attirera alors la haine éternelle du premier ministre du Québec Maurice Duplessis. Celui-ci la traite faussement de « communiste russe débarquée en Gaspésie pour venir faire la révolution ».

    Le premier ministre Maurice Duplessis fait arrêter Madeleine Parent à plusieurs reprises pour conspiration séditieuse. En 1955, après un procès qui a battu des records de longueur dans les annales judiciaires du Québec, la syndicaliste est acquittée.

    La trahison des syndicats

    Nous avons démontré que les syndicats américains ont extrait un profit en 14 ans de 250 millions de dollars sur les cotisations des travailleurs. Un profit après toute dépense, y compris les fonds de grève.

    Madeleine Parent

    Madeleine Parent ne s’est pas seulement battue contre les pouvoirs politiques ou économiques. Elle a aussi pourfendu ce qu’elle considère comme la trahison des bureaucrates syndicaux envers les travailleurs des textiles canadiens.

    Ce constat l’amène à fonder en 1952, avec son compagnon de lutte et de vie Kent Rowley, le Syndicat canadien des travailleurs du textile et de la chimie.

    En 1969, le couple crée la Confédération des syndicats canadiens. Cette action transforme Madeleine Parent en une des rares syndicalistes à avoir eu de l'influence autant au Québec qu’au Canada anglais.

    Madeleine Parent meurt en 2012 à l’âge de 93 ans. Comme le rapporte le journaliste Benoît Giasson dans une biographie diffusée au Téléjournal du 12 mars 2002, son décès suscite de nombreux éloges de la part de ses collègues et consœurs syndicalistes.

    Au long de ses trois-quarts de siècle comme féministe et militante syndicale auprès des travailleurs du textile, Madeleine Parent n’a jamais capitulé.

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