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Malgré les critiques, la Nouvelle-Écosse financera la recherche d'hydrocarbures extracôtiers

Geoff MacLellan à l'Institut d'océanographie, à Bedford.
Le ministre de l'Énergie en Nouvelle-Écosse, Geoff MacLellan, lors de l'annonce effectuée le 20 juin 2018 à l'Institut d'océanographie, à Bedford Photo: La Presse canadienne / Michael Tutton
Radio-Canada

La Nouvelle-Écosse investit de nouvelles sommes pour encourager les activités de recherche d'hydrocarbures extracôtiers. La décision est qualifiée d'incongrue par des partisans des énergies renouvelables.

La province va consacrer à la recherche dans les eaux au large de ses côtes un montant de 11,8 millions de dollars au cours des quatre prochaines années, a annoncé le ministre de l’Énergie, Geoff MacLellan.

Nous allons devenir des leaders mondiaux, a soutenu le ministre MacLellan lors de l’annonce faite mercredi à l’Institut d’océanographie de Bedford, en banlieue d’Halifax.

Le programme d’exploration prévoit la cueillette d’échantillons et des analyses microbiologiques qui serviront à déterminer où le pétrole et le gaz naturel se trouvent sur le plateau néo-écossais, ainsi que la création de cartes des fonds océaniques et de la couche sous-jacente.

Le programme veut aussi recréer les données sismiques ayant mené à la séparation de la Nouvelle-Écosse et du Maroc, il y a 200 millions d’années.

Une décision jugée incompatible avec la lutte contre les changements climatiques

Des environnementalistes soutiennent toutefois qu’il est incohérent pour la Nouvelle-Écosse d’annoncer de tels investissements lorsque le Canada s’est engagé, en signant l’Accord de Paris, à réduire ses émissions de carbone.

Nous sommes en 2018 et nous dépensons des millions de dollars de l’argent des contribuables pour appuyer l’industrie pétrolière et gazière », s’étonne Stephen Thomas, du Centre d’action écologique, à Halifax. Nous ne pensons pas que c’est la voie à suivre.

Stephen Thomas, du Centre d'action écologiqueStephen Thomas, du Centre d'action écologique Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

M. Thomas ne voit pas comment les objectifs en matière de climat peuvent être atteints si la province parvient à extraire, comme elle le souhaite, huit milliards de barils de pétrole au large de ses côtes.

Déjà, les effets des changements climatiques sont remarqués en Nouvelle-Écosse. La fréquence des ondes de tempête s’intensifie et l’érosion côtière s’accélère.

La plateforme gazière du projet Deep Panuke, au large de la Nouvelle-ÉcosseLa plateforme gazière du projet Deep Panuke, au large de la Nouvelle-Écosse Photo : SBM Offshore

Carey Ryan, directeur du développement des affaires à l’Association pour la recherche sur l’énergie extracôtière (Offshore Energy Research Association), croit que ces nouvelles recherches renouvelleront l’intérêt de l’industrie pour la Nouvelle-Écosse.

Il souligne qu’au début des années 1990, la prospection pétrolière était au point mort dans la province, mais que des initiatives de ce genre ont mené à des projets comme celui de l’exploitation de gaz naturel près de l’île de Sable.

M. Ryan estime que même si l’exploration se fait depuis 60 ans au large de la Nouvelle-Écosse, il reste des zones « relativement inexplorées » aussi grandes que le golfe du Mexique.

Ce n’est pas l'avenir, réplique Stephen Thomas. Nous souhaitons la poursuite des investissements dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, dit-il.

M. Thomas cite une étude d’Efficacité énergétique Canada, qui estime que 4200 emplois pourraient être créés en Nouvelle-Écosse dans les 12 prochaines années si la province réduisait sa consommation d’énergie de 2 % par an.

Avec les informations de La Presse canadienne

Nouvelle-Écosse

Industrie pétrolière