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Allégations d'inconduite sexuelle visant Norman Hardie : l'industrie vinicole de l'Ontario sous le choc, selon une amie

Norman Hardie.
Norman Hardie (archives) Photo: Radio-Canada / Michel Labrecque
Radio-Canada

Une productrice de vin du comté de Prince Edward espère que le secteur ne subira pas les conséquences des accusations d'inconduites sexuelles qui visent l'une des personnalités importantes de l'industrie. Mercredi, le Globe and Mail a publié une enquête faisant état « des habitudes d'avances sexuelles et de harcèlement sexuel présumées » contre Norman Hardie, fondateur d'un vignoble dans le comté de Prince Edward.

Radio-Canada n’a pas vérifié ces allégations.

Les révélations ont fait des vagues dans l’industrie vinicole de l’Ontario, selon Vicki Samaras, cofondatrice de Hinterland Wine Company.

Elle raconte qu’elle mangeait avec quelques collègues, des vignerons de la région du Niagara, mercredi, quand elle a commencé à recevoir des messages et des appels au sujet de l'article du Globe and Mail.

Nous avons arrêté de manger et avons lu l’article et puis nous nous sommes tous regardés, a-t-elle dit en entrevue à l’émission de radio de CBC Here and Now. Nous étions très bouleversés.

Hinterland Wine Company se trouve à quelques minutes de route du vignoble de Norman Hardie et Vicki Samaras dit qu’elle connaît cette personnalité importante et influente de l'industrie depuis de nombreuses années.

Ils se sont rencontrés lorsque Vicki Samaras s’est présentée à lui et sont devenus rapidement amis, raconte-t-elle. Norman Hardie aidait volontiers une compagnie concurrente en envoyant souvent des clients chez elle et en étant toujours gentil et généreux, selon elle.

Des remarques occasionnelles

Mais alors que Vicki Samaras dit qu’elle se considère comme une égale de Norman Hardie, elle l’a déjà entendu faire des remarques occasionnelles sur son corps ou sa tenue. Des remarques qu’elle balayait d’un revers de la main. Elle croit cependant qu'il est possible que ça n'ait pas été aussi facile pour d’autres qui n’avaient pas le même statut qu’elle.

Le vignoble de Norman Hardie avait une réputation impeccable, assure-t-elle. S’il recommandait quelqu’un comme un employé potentiel, cette recommandation avait de l’importance.

Nous n’avons pas vu jusqu’où ça allait. Norm a la réputation d’être un homme à femmes. Il dit parfois des choses inappropriées. [...] Il commentait ce dont j’avais l’air dans certaines tenues, faisait des commentaires sur ma poitrine.

Vicki Samaras, cofondatrice de Hinterland Wine Company

Le problème, c’est que c’est dit de manière si décontractée que vous vous dites à ce moment-là en tant que femme, comment devrais-je réagir? Est-ce que je me rebiffe et dis : "Ce n’est pas bien! Je ne veux pas que tu me parles de cette façon. Tu m'offenses, tu me mets mal à l’aise"? se demande Vicki Samaras.

Elle ajoute qu'en raison de sa relation de travail amicale avec Norman Hardie, il était difficile pour elle de l'affronter par rapport aux commentaires qui la rendaient mal à l’aise.

C’est difficile parce qu’il vous envoie des clients, il vous aide, il aide votre famille, il est formidable avec vos fils, il nous appuie avec générosité. Vous devez prendre ça en compte comme personne. Vous pensez : "Est-ce qu’il a vraiment voulu dire ça? Il buvait beaucoup de vin".

Vicki Samaras ajoute qu’elle a senti qu’elle devait parler pour celles qui ont trop peur de le faire.

Mais nous ne savons pas ce qui va se passer; nous ne savons pas quelles seront les conséquences, affirme-t-elle. J’espère seulement que nous en ressortirons meilleurs.

Des excuses de Norman Hardie

Dans une déclaration écrite publiée sur son site Internet mercredi, Norman Hardie s'excuse pour un comportement et des propos que je voyais à ce moment-là comme inoffensifs ou de bon aloi [qui] étaient tout sauf ça, disant que sa position de pouvoir explique presque certainement pourquoi ça a pris des années avant que des femmes le dénoncent.

En lisant les histoires de ces femmes et comment mon comportement les a affectées, je me sens profondément honteux. À toutes celles qui se sont senties marginalisées, rabaissées ou offensées pendant qu’elles travaillaient avec moi ou à mes côtés, je suis vraiment désolé.

Norman Hardie, producteur de vin

Norman Hardie admet que plusieurs des allégations le visant sont vraies, mais que certaines ne le sont pas.

Il poursuit en disant qu’il avait été approché par un collègue il y a plusieurs années qui lui avait exprimé des inquiétudes quant à l'environnement de travail et lui avait dit que la socialisation et les discussions trop familières devaient cesser.

J’ai pris ça à cœur et j’ai depuis travaillé dur pour changer mon comportement. Mais j’ai clairement beaucoup plus de travail à faire, écrit Norman Hardie, ajoutant que son entreprise a commencé à mettre en place des recommandations d’une étude indépendante sur l’environnement de travail et qu’il s’engage à continuer travailler sur cette question.

Toronto

Société