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Les réfugiés arrivant à Vancouver sont détenus pendant 48 heures

Une affiche en anglais sous forme de bande dessinée qui explique l'histoire d'un réfugié et une autre sur les audiences concernant un cas de demande d'asile

Une affiche sur le parcours d'un réfugiés à la Journée mondiale des réfugiés célébrée à la Bibliothèque centrale de Vancouver

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les demandeurs d'asile qui passent par la Colombie-Britannique peuvent passer jusqu'à deux jours dans le centre de détention d'immigration de Vancouver, un séjour court en comparaison à l'est du Canada.

Le pays compte trois centres de détention d'immigration : à Laval, Toronto et Vancouver. Dans la métropole britanno-colombienne, ce centre de détention se trouve en dessous de l'aéroport international. Ces infrastructures sont pensées de sorte à accueillir les familles au complet.

Peter Edelmann à la journée internationale des réfugiés célébrée à la Bibliothèque centrale de VancouverAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Peter Edelmann, avocat spécialisé en droit d'immigration et des réfugiés

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Peter Edelmann, avocat spécialisé en droit d'immigration et des réfugiés, souligne que « les détentions qui se font dans le centre sont vraiment très courtes ». Elles ont lieu dans un cadre qui est loin des prisons qui constituent le premier arrêt au Québec et en Ontario.

Un demandeur d’asile qui passe par le centre de détention de Vancouver a droit à une révision de son dossier, explique Peter Edelmann. Après ces deux jours, il est transféré dans des institutions provinciales, c’est-à-dire la prison. Cependant, le séjour y est d’une semaine avant une autre révision du dossier.

En moyenne, au Canada, les demandeurs d'asile ont été détenus 13 jours chacun l'année dernière.

Pourquoi détenir le réfugié ?

  • S’il pose un danger pour le public canadien
  • S’il risque de fuir et ne pas se présenter pour les procédures d’immigration
  • En raison d’une enquête à leur égard
  • S’il y a incertitude par rapport à l’identité du réfugié

Des enfants en détention

La situation de détention des enfants est loin de celle que vivent plus 2300 d’entre eux en centre de détention aux États-Unis, où ils sont séparés de leur famille. En 2017, le Canada a mis 151 mineurs accompagnés de leurs parents en détention, alors que le pays en a détenu 11 qui étaient seuls.

« De façon technique, ce ne sont pas les enfants qui sont détenus. Ce sont les parents qui sont détenus et les enfants les accompagnent. »

— Une citation de  Peter Edelmann, avocat spécialisé en droit d'immigration et des réfugiés

Même si les chiffres sont en baisse, l'expérience n'en demeure pas moins traumatisante, affirme l'avocat. Selon M. Edelmann « beaucoup de personnes qui arrivent ici en tant que réfugiés ont déjà souffert de traumatisme dans leur pays d'origine, et ils arrivent ici avec une expérience très négative ».

« Être dans un centre de détention, ça pose des traumatismes en soi pour les enfants. Ça va les toucher pour le reste de leur vie. »

— Une citation de  Peter Edelmann, avocat spécialisé en droit d'immigration et des réfugiés

Après le centre de détention, la maison d’accueil

Plusieurs organismes accueillent les demandeurs d’asile. Parmi eux, figure Journey Home Community qui existe depuis 12 ans et qui a aidé plus de 500 personnes au cours de ces années.

L'organisme prend en charge les réfugiés dès le début de leur vie dans le Grand Vancouver. Il les loge, les aide à s’établir pendant les quatre premiers mois et à entamer toute démarche qui faciliterait leur intégration.

Laura Brook devant deux affichesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laura Brook de Journey Home Community

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Laura Brook, conseillère en ressources auprès de Journey Home Community, explique que son organisme aide de temps à autre des familles qui sont passées par le centre de détention d’immigration même si ce n’est pas courant.

« Beaucoup de gens ont peur lorsqu’ils arrivent au Canada. Pour eux, passer par un centre de détention, cela peut réveiller des traumatismes. »

— Une citation de  Laura Brook, conseillère en ressources, Journey Home Community

Selon elle, les organismes d’établissement sont d’une grande importance. Elle affirme que pour les demandeurs d’asile de savoir qu’il y a des gens qui sont prêts à leur tendre la main, « à les aider à naviguer dans un système très compliqué, cela a un impact significatif dans leur vie ».

La Journée mondiale des réfugiés du 20 juin sert à sensibiliser à la cause et aux conditions de certains demandeurs d'asile. Les organismes sont d’avis qu’il faut intensifier l’aide et les services envers les réfugiés.

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