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Aliss de Patrick Senécal pourrait devenir une BD

Il sourit à son voisin.
L'auteur Patrick Senécal Photo: Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa
Radio-Canada

Vingt ans après la parution du roman, Aliss et son univers glauque pourraient avoir une seconde vie en roman graphique, en 2020. L'auteur Patrick Senécal et le bédéiste Jeik Dion ont lancé lundi une campagne de sociofinancement pour réaliser ce projet.

Un texte de Pascale Fontaine

Inspiré d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, le personnage d’Aliss abandonne à 18 ans la quiétude de sa banlieue pour aller vivre sa liberté en ville, sauf qu’elle atterrit dans un quartier qui n’existe pas, où elle croise d’étranges personnages.

« De tous mes romans, s’il y en a un qui peut faire un roman graphique avec les excès que ça peut permettre – les angles, les personnages très typés, parce qu’on est dans un univers entre la réalité et la fantasmagorie – c’est Aliss », estime Patrick Senécal dans une vidéo sur le site de sociofinancement Ulule.

Jeik Dion, qui a signé les adaptations d’Amos Daragon et de Turbo Kid, compte d’ailleurs exploiter cette ambivalence en jouant avec la forme, loin des cases bien délimitées de la bande dessinée traditionnelle. Son coup de crayon, qui puise aussi dans le manga, pourrait rendre l’atmosphère de l’histoire encore plus sombre que dans le roman.

Comme faire un film là-dessus [serait] très compliqué au Québec, le roman graphique va nous permettre d’aller jouer dans des zones visuelles qu’on aurait aimé faire avec un film.

Patrick Senécal, auteur d'« Aliss »

L’écrivain a vu nombre de ses écrits – comme 5150, rue des Ormes, Les sept jours du talion – être transposés au grand comme au petit écran.

Un extrait du roman graphique « Aliss » qui devrait paraître en 2020 si la campagne de sociofinancement se déroule bien. Le roman graphique qui fera 200 pages se tiendra loin des cases rigides de la BD traditionnelle. Photo : Courtoisie/Studio Lounak

Appel aux internautes

Pour y arriver, le Studio Lounak, qui chapeaute le projet, espère qu'au moins mille exemplaires de la future BD seront vendus durant la campagne de sociofinancement qui se termine le 15 juillet.

Cela représente environ 80 000 $, estime Gautier Langevin, éditeur au Studio Lounak. Environ 40 % de ce montant sera versé aux auteurs, notamment à Jeik Dion qui passera plus d’un an et demi à sa table à dessin. Près de la moitié ira dans l’édition et la production d’un livre de 200 pages.

Pour l’heure, la prévente va bon train. L’équipe a atteint le tiers de son objectif en moins de 72 heures. Mais Gautier Langevin est catégorique : si moins de 1000 albums ne s'écoulent pas en prévente d’ici la fin de la campagne, Aliss ne verra pas le jour.

Pourquoi alors ne pas avoir fait appel à des programmes de subventions? « Les subventions à la création sont souvent très pratiques, indique Gautier Langevin. Malheureusement, il y a très peu d'élus chaque année. Et comme les lecteurs de Patrick Senécal semblaient prêts pour ce genre de campagne, nous avons osé l'expérience. »

Jusqu’à maintenant, le Studio Lounak a tenté un tel pari à quelques reprises, notamment pour la BD de Turbo Kid ainsi qu'en parainnant les projets des Mystérieux étonnants et de Homeward. « Et [les campagnes] ont toutes atteint leur objectif », assure l’éditeur.

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