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Un jeune autochtone déçu du traitement qu’il a reçu à sa collation des grades

Deux hommes entourent une femme qui tient des fleurs.
Daniel Falconer, Bernie Riley (qui a fait la chemise traditionnelle de M. Falconer) et Alan Wildeman, recteur de l'Université de Windsor. Photo: Photo remise par Daniel Falconer

L'étudiant de l'Université de Windsor, en Ontario, avait choisi de porter une chemise traditionnelle autochtone pour sa cérémonie de remise de diplôme avant de se faire dire que ce n'était pas permis par des bénévoles et membres du personnel.

Daniel Falconer a reçu son deuxième diplôme de l’Université de Windsor lors de la collation des grades du printemps 2018. Pour l’occasion, le jeune diplômé en travail social avait décidé de ne pas porter la toge de l’université. Il a plutôt décidé de porter une chemise traditionnelle autochtone, pour honorer héritage culturel et les expériences qu’il a vécues.

C’est un habit traditionnel qui m’a été donné en cadeau par une collègue étudiante.

Daniel Falconer, diplômé de l’Université de Windsor

En se rendant au Centre St-Denis pour la cérémonie, M. Falconer avait un pressentiment que les choses ne seraient pas simples. Cela a été confirmé lorsqu’il était en file avant de monter sur scène et qu’un bénévole l’a amené dans une salle en retrait pour lui annoncer qu’il ne pourrait aller chercher son diplôme à moins de revêtir la toge remise par l’université.

M. Falconer explique avoir mentionné aux bénévoles et membres du personnel qui étaient là que sa chemise revêtait une importance traditionnelle pour lui. Il se serait fait répondre qu’il fallait suivre les règles de l’université.

Deux hommes sourient. Daniel Falconer et Alan Wildeman portaient tous les deux une chemise traditionnelle autochtone lors de la collation des grades. Photo : Photo remise par Daniel Falconer

Au moment où le jeune homme a indiqué qu’il ne monterait donc pas sur scène et qu’il quittait les lieux, un bénévole est venu le voir pour l’informer qu’il avait finalement la permission d'y aller avec sa chemise traditionnelle.

M. Falconer est alors monté sur scène en remerciant Alan Wildeman, le recteur de l’université, qui portait lui aussi, sous sa toge, une chemise traditionnelle autochtone.

Les chemises des deux hommes ont été faites par Bernie Riley qui célébrait également la fin de ses études ce jour-là.

Une expérience humiliante et décevante

Même s’il est reconnaissant de l’appui qu’il a reçu des membres de sa famille, d’amis et de certaines personnes qui étaient présentes lors de la cérémonie, Daniel Falconer est déçu du déroulement des événements.

Je me sentais très frustré, humilié, déçu. J’étais amer.

Daniel Falconer, diplômé de l’Université de Windsor

Le jeune homme, dont la famille était venue à Windsor spécialement pour l’occasion, a trouvé dommage que ce moment spécial soit terni à cause de règlements.

Réaction de l'Université de Windsor

M. Falconer explique qu’Alain Wildeman lui a écrit après la cérémonie pour le féliciter d’avoir eu le courage de monter sur scène en portant sa chemise traditionnelle.

John Coleman, le porte-parole de l'université, indique que Daniel Falconer a fait la bonne décision d'honorer son patrimoine et sa culture. Selon lui, il y a eu un malentendu qu'il associe au grand nombre de personnes impliquées lors de la collation des grades. Il dit que la situation a été rectifiée dès que les gens responsables ont su ce qu'il se passait et que M. Falconer a donc pu, comme il en avait le droit, monter sur scène avec sa chemise traditionnelle autochtone.

Selon M. Coleman, bien que les toges fassent partie de la tradition universitaire reliée à la collation des grades, il estime que la situation est différente pour les Premières nations.

S'ils veulent porter quelque chose pour souligner leurs origines, c'est très approprié et important qu'ils le fassent.

John Coleman, porte-parole de l'Université de Windsor

L'Université de Windsor se dirige, selon M. Coleman, dans la bonne direction en permettant une plus grande reconnaissance des communautés ancestrales et des terres sur lesquelles se trouve l'université.

Daniel Falconer est maintenant employé comme travailleur social et espère pouvoir aider les gens qui sont marginalisés.

Windsor

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