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Inondations 2013 : le futur des propriétés achetées par la province toujours incertain

Des panneaux interdisant l'accès sur un terrain vide.

Ce terrain vide fait partie des 17 propriétés de Calgary achetées par le gouvernement de l'Alberta après les inondations de 2013.

Photo : Radio-Canada / Julie Préjet

Radio-Canada

Après les inondations historiques de 2013 du sud de l'Alberta, le gouvernement provincial a acheté près d'une centaine de maisons dans le cadre du programme de relocalisation des propriétés en zones inondables. Cinq ans plus tard, la plupart de ces maisons ont été soit déménagées soit démolies.

Les terrains restent vides, en attendant des travaux de mitigation en amont des rivières Bow et Elbow.

À Calgary, 17 propriétaires dans les quartiers de Elbow Park, Rideau Park et Roxboro ont fait une demande auprès du programme. Leur demande a été acceptée, et leurs maisons démolies en 2016. Aujourd’hui, les terrains ressemblent à des parcs. Des panneaux indiquent cependant autrement; ces terrains appartiennent au gouvernement provincial et il est interdit de s’y promener.

Ces propriétés vides ont tout de même un coût élevé. À Calgary, le gouvernement estime que les coûts d’entretien seront d'environ 80 000 $ pour l’année financière 2018-2019. Au total, la province a dépensé environ 99,3 millions de dollars pour acheter les 94 maisons dans le sud de l'Alberta.

C’est un investissement « ridicule » selon Monique Beaumont, une résidente du quartier Roxboro. « Une maison a été achetée pour presque 7 millions de dollars, affirme-t-elle. Personne ne dépensera 7 millions de dollars pour un terrain vide, alors c’est beaucoup d’impôts gaspillés. »

Les rachats n’ont rien accompli, sauf des terrains vides dans de vieux quartiers.

Monique Beaumont, résidente du quartier Roxboro

La maison de Monique Beaumont a été inondée jusqu’à cinq pouces au premier étage, mais elle a choisi de réparer et rénover sa maison, plutôt que d’accepter l’offre de rachat de la province.

Les propriétaires qui ont refusé l’offre du gouvernement ont dû prendre des mesures de protection contre les inondations, afin d’être admissibles pour de l’aide lors de futures inondations.

Monique Beaumont, résidente du quartier Roxboro à Calgary.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La maison de Monique Beaumont, résidente du quartier Roxboro à Calgary, a été inondée en juin 2013.

Photo : Radio-Canada / Monty Kruger

Elle ne comprend cependant pas pourquoi certains propriétaires ont pu participer au programme de relocalisation alors que d’autres n’étaient pas admissibles. « Je sais qu’il y a des raisons techniques pour les zones inondables, mais du point de vue de quelqu’un qui a vécu les inondations, l’eau n’était ni plus haute, ni plus rapide ici que juste à côté de la rivière, dit-elle. C’est un autre programme du gouvernement que je ne comprends pas. »

Mise à jour de la cartographie des zones inondables

Pour déterminer quelles maisons faisaient partie du programme de relocalisation, le gouvernement provincial s'est fié à la cartographie des zones d’inondations.

Mais selon un rapport de l’université de Waterloo en 2016, la province a encore du travail à faire afin de mieux se préparer aux inondations, particulièrement en ce qui concerne la mise à jour de ses cartes.

L’Alberta a reçu l'une des pires notes du pays en matière de préparation aux inondations, en raison d’un manque de travail pour mettre à jour la cartographie. La province est la seule à ne pas avoir conduit de travaux de révision au cours des 15 dernières années.

La ministre albertaine de l'Environnement, Shannon Phillips, affirme que ces travaux sont une priorité qu’elle a identifiée en 2015. « Nous avons mis à jour plus de cartes dans les trois dernières années que dans les trente dernières années. »

Treize études de nouvelles cartes sont en cours, dont cinq qui devraient être achevées d’ici la fin de l’année. Ces cartes concernent notamment les municipalités de Bragg Creek, Canmore, Calgary, Cochrane, Exshaw, Fort McMurray, Rivière-la-Paix et High River.

Toujours de l’incertitude pour les propriétés à High River

La moitié des maisons achetées par la province étaient situées à High River, à environ 70 km au sud de Calgary. Deux quartiers ont été supprimés complètement : ceux de Beachwood Estates et de Wallaceville. Les maisons ont été soit démolies soit déménagées par les propriétaires ou des acheteurs.

Parmi les propriétés achetées par le gouvernement dans les autres quartiers, plus d'une douzaine sont cependant encore debout, la plupart vides. Mais quelques résidents y habitent toujours et défendent leurs maisons.

Une maison avec les rideaux fermés et planches de bois qui couvre les fenêtres.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cette maison est parmi quatorze propriétés que la municipalité de High River tente de retourner à leurs propriétaires.

Photo : Radio-Canada / Julie Préjet

La municipalité de High River demande depuis plusieurs années à la province de rendre les maisons situées dans les rues Riverside et Highview Park à leurs propriétaires. Une décision qui dépend de la cartographie des zones d’inondation, explique le maire Craig Snodgrass. « C’est très difficile d’obtenir de l’information de la province et la priorité numéro un, c’est les cartes », dit-il.

(La cartographie des zones inondables) est essentielle pour chaque communauté en Alberta

Craig Snodgrass, maire de High River

Selon le maire, ces propriétés ont connu peu de dommages en 2013, mais font partie du programme en raison « d’une ligne rouge sur les cartes ». « C’est une affaire de politique, ce n’est pas la réalité, explique-t-il. J’ai demandé aux ministres de venir, afin de leur montrer qu’ils ont besoin de régler ce problème. »

Le maire de High River, Craig Snodgrass, sur le bord de la rivière HighwoodAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de High River, Craig Snodgrass, tente de convaincre la province de retourner plus d'une douzaine de maisons achetées à leurs propriétaires.

Photo : Radio-Canada / Julie Préjet

La province affirme dans un communiqué qu’une fois que les travaux de mitigation seront terminés, elle espère revendre et développer les propriétés. « Ce sera aux experts de déterminer si ces régions sont suffisamment protégées par des mesures de mitigation. Si l'on détermine que c’est sécuritaire pour y remettre des propriétés résidentielles sur le long terme, et si c’est ce que la communauté veut, c’est ce qu’on fera. »

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