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  • Archives
  • Bayer fait disparaître Monsanto sur-le-champ

    Des plans de canola se balancent dans le vent.
    La pharmaceutique allemande a supprimé le nom de Monsanto après avoir acquis le géant américain de l'agrochimie. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le 4 juin 2018, le géant pharmaceutique allemand Bayer a pu acheter la multinationale américaine Monsanto et supprimer son nom. Bayer a ainsi rayé d'un trait de plume une marque synonyme pour plusieurs de dérive dans l'agriculture moderne. Nos archives ont conservé les traces du combat de certains Canadiens opposés au géant Monsanto.

    « Bayer demeurera le nom de l’entreprise. Monsanto en tant que nom d’entreprise ne sera pas maintenu. »

    C’est par ces deux phrases d'un communiqué de presse que le groupe pharmaceutique allemand a officialisé la mise à mort du géant américain de l'agrochimie. En agissant ainsi, Bayer se débarrasse d’un symbole combattu par de multiples organisations paysannes et les défenseurs de l’environnement.

    Un David canadien contre un Goliath américain

    Téléjournal, 10 juin 2000

    Le 10 juin 2000, l’animatrice Michèle Viroly nous présente un reportage du journaliste Marc Godbout au Téléjournal. Le reportage brosse un portrait d’un Canadien qui a tenu tête à Monsanto.

    Marc Godbout s'intéresse au combat de Percy Schmeiser, un fermier de la Saskatchewan. En 1998, Monsanto l’accuse d’avoir utilisé dans ses champs des semences de canola modifiées sans en avoir payé les droits.

    Faux, rétorque Percy Schmeiser : les vents ont amené les graines transgéniques de chez ses voisins et ont contaminé ses récoltes. L'agriculteur poursuit l'entreprise pour cette contamination et pour avoir mis les pieds sur ses terres sans son consentement.

    Une bataille légale et inégale s’engage. D’un côté se trouve une riche compagnie assistée par une armée d’avocats. De l’autre se bat un homme seul aux ressources financières limitées.

    Ils peuvent nous traîner devant les tribunaux. Ça nous coûte de l’argent. J’ai dû hypothéquer ma ferme.

    Percy Schmeiser

    Empêcher que la vie soit brevetée

    Téléjournal/Le Point, 21 mai 2004

    En 2001, un juge de la Cour du Banc de la Reine de la Saskatchewan rend une décision défavorable à Percy Schmeiser.

    Le fermier fait appel du jugement. Une deuxième bataille juridique s’enclenche devant la Cour suprême du Canada.

    C’est ce que raconte le reportage du journaliste Julien Thibeault, que présente l’animatrice Céline Galipeau au Téléjournal/Le point le 21 mai 2004.

    Percy Schmeiser conteste devant le plus haut tribunal du pays la plaidorie de Monsanto. La compagnie affirme détenir un brevet sur des semences génétiquement modifiées et être en mesure de maîtriser leur utilisation.

    Faux, selon Percy Schmeiser et les groupes environnementaux qui le soutiennent. Les plantes et les semences constituent, selon leur argumentaire, des formes de vie qui ne peuvent être brevetées.

    En 2004, dans une décision serrée de cinq juges contre quatre, la Cour suprême du Canada donne raison à Monsanto. C’est une immense déception pour Percy Schmeiser et ses compagnons de lutte.

    Cependant, d'autres opposant prennent la relève. Marc Loiselle et un groupe de fermiers de la Saskatchewan poursuivent à leur tour Monsanto pour les dommages que ses semences transgéniques ont causés à leurs récoltes.

    Les Schmeiser récompensés

    La semaine verte, 7 octobre 2007

    Le 7 octobre 2007, l’animateur Errol Duchaine et le réalisateur Raynald Daoust de l’émission La semaine verte nous apprennent qu’il y a une heureuse conclusion à l’histoire de Percy Schmeiser.

    Le fermier et sa conjointe Louise viennent de se voir décerner le prix Right Livelihood 2007, accordé par un mécène suédois. La récompense vise à honorer ceux et celles qui sont considérés comme des oubliés par les prix Nobel.

    Pendant les années qu’a duré son combat, le couple saskatchewanais est devenu une des figures emblématiques de la lutte contre les organismes génétiquement modifiés (OGM) à l’échelle de la planète.

    Si Bayer a décidé de supprimer sur-le-champ le nom de Monsanto, un fermier des Prairies canadiennes et sa conjointe y sont un peu pour quelque chose.

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    Environnement