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Des Innus de Mashteuiatsh bientôt en route vers la France

Diane Blacksmith est dans sa résidence et porte l'habit traditionnel qu'elle a fabriqué.
Diane Blacksmith porte un régalia utilisé pour la danse traditionnelle autochtone. Photo: Radio-Canada / Mélissa Paradis
Radio-Canada

Dans une semaine, des Autochtones du Québec, dont une dizaine du Lac-Saint-Jean, participeront à un pow-wow international à Ornans, en France. Pour l'occasion, les Innus de Mashteuiatsh mettront leurs habits traditionnels, appelés régalias, afin de faire rayonner la culture autochtone d'ici.

Un texte de Mélissa Paradis

Dans les valises de la famille de Diane Blacksmith, les régalias occupent une place bien particulière en vue du 10e pow-wow de l’organisme suisse Four Winds.

Depuis une quinzaine d’années, c’est elle qui fabrique celles que ses proches portent lors des grands rassemblements autochtones.

Un sac à main rouge-vin orné de perles accroché sur un présentoir.Chaque pièce nécessite un travail de moine pour placer chacune des perles à la main. Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Chaque pièce est significative comme les roses qu'elle a soigneusement perlées et qui tapissent le châle qu'elle amènera au rassemblement d'Ornans.

Une rose, c'est beau, mais j'ai eu tellement de difficultés dans ma vie, il y a des épines aussi, explique-t-elle. Les épines, c'est ma souffrance que j'avais quand j'étais enfant, ajoute la danseuse traditionnelle.

Un habit sacré et non un costume

Là où l'œil du touriste y voit bien souvent et à tort un costume, pour les Premières Nations, le régalia est hautement sacré.

Plusieurs éléments en témoignent comme la plume d'aigle, symbole de la spiritualité autochtone.

Bien souvent, le monde nous voit danser, explique le conjoint de Diane Blacksmith, Gérald Guay. C'est beau, c'est un show pour eux, mais moi, je prie, ajoute le danseur traditionnel qui prendra aussi part au pow-wow d'Ornans.

Une histoire de famille

C'est d'abord pour leur fils que Diane Blacksmith se met à confectionner des régalias.

Au début des années 2000, alors qu’il avait six ans, Sylvain Blacksmith-Guay a été impressionné par les danseurs d'un rassemblement autochtone à Montréal.

Dès lors, il sait qu'il veut devenir danseur et demande à sa mère de lui fabriquer son premier habit traditionnel.

C'est là qu'on a commencé à aller dans des pow-wow, raconte Diane Blacksmith. On est allés chercher l'enseignement. On posait des questions, c'étaient quoi les habits et les régalias.

Moi, ça me prend de la sauge pour me purifier. Ça me prend la musique du tambour. Quand je confectionne, je ne suis pas là. Le corps est là, mais l'esprit est ailleurs. Il est ailleurs à travers mon régalia que je suis en train de faire.

Diane Blacksmith, danseuse traditionnelle

Aujourd'hui, toute la famille danse et participe à la confection des habits, qui correspondent à un type de danse précis.

Pour exécuter des danses de guérison, la fille de Diane Blacksmith, Shannon Blacksmith-Charlish porte un régalia orné de clochettes.

Chaque régalia reste toutefois personnel à chacun. Maintenant âgé de 22 ans, Sylvain Blacksmith-Guay porte un habit sur lequel figurent plusieurs superhéros.

Ça a beau être un petit jeune homme, un petit danseur, s'il veut avoir Popeye dessus, c'est parce qu'il se sent bien avec ça, explique Gérald Guay. Quand il grandira, il le changera, mais lui, il a grandi et il n'a pas changé, raconte-t-il en riant.

Certains porteront le même régalia toute leur vie, qu'ils modifieront au rythme de leurs expériences.

D'autres Autochtones les donneront au fil du temps, une façon pour eux de transmettre leur culture.

Gros plan sur des perles et une dent qui décorent un habit autochtone traditionnel.Les fabricants d'habits autochtones ne comptent pas les heures, car la confection est un processus spirituel. Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Saguenay–Lac-St-Jean

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