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Langues officielles : le N.-B. a besoin d'un secrétariat, selon la commissaire d'Entremont

Katherine d'Entremont

La Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d'Entremont

Photo : Radio-Canada / Mikael Mayer

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d'Entremont, recommande au gouvernement de créer un secrétariat aux langues officielles.

Katherine d'Entremont a présenté son rapport annuel, mercredi matin, à l'Assemblée législative.

Le secrétariat, explique-t-elle, veillerait sur la mise en application de la Loi sur les langues officielles, en appui au premier ministre.

Katherine d'Entremont assise à une table s'apprête à lire son rapport à l'Assemblée législativeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Katherine d'Entremont, qui a récemment annoncé sa décision de prendre sa retraite cet été, présente son dernier rapport annuel.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

La commissaire d'Entremont estime que le plan gouvernemental de mise en oeuvre de la loi, présenté en 2017, présente peu de résultats concrets justement à cause de l'absence d'un organisme responsable.

C'est parce qu'on a mené une enquête, et les gens nous ont dit certaines choses. On a constaté que le plan d'application de la loi ne donne pas les résultats voulus. Le rapport du premier ministre qu'il a déposé il y a un an fait état de la situation. Les objectifs n'ont pas été atteints. Donc, la recommandation pour un secrétariat, c'est justement pour appuyer le premier ministre dans sa responsabilité en vertu de l'article 2, explique Katherine d’Entremont.

À l’heure actuelle, déplore la commissaire, seuls des fonctionnaires d'échelons peu élevés sont responsables de divers aspects des langues officielles. Avec la création d'un Secrétariat, souligne-t-elle, un sous-ministre pourrait prendre cette responsabilité en main.

Le Secrétariat aux langues officielles, précise-t-elle, devrait avoir les responsabilités suivantes:

  • supervision de l'application de la loi sur les langues officielles;
  • coordination du processus de révision de la loi;
  • supervision du plan d'application des langues officielles;
  • conseils à toutes les parties de la fonction publique;
  • publication de données permettant de suivre la progression.

Il existe déjà des organismes semblables, rappelle Katherine d'Entremont, pour les communications gouvernementales, les initiatives spéciales et l'égalité des femmes.

Peu d’enthousiasme chez les députés des principaux partis

La recommandation de la commissaire est accueillie avec peu d’enthousiasme à l’Assemblée législative.

Ni les progressistes-conservateurs ni les libéraux n'ont posé de question à ce sujet. Seul David Coon, du Parti vert, a interrogé la commissaire d’Entremont.

Selon David Coon, les autres députés ont peur d’aborder la question linguistique à l’approche des élections prévues pour l’automne.

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) s’est également prononcée, par voie de communiqué, sur ce rapport. Elle appuie inconditionnellement la recommandation de la Commissaire quant à la création d’un Secrétariat aux langues officielles.

« Le recul du français au Nouveau-Brunswick est réel, documenté et ne doit plus tomber sous silence », a déclaré le nouveau président de la SANB, Robert Melanson.

La langue française continue de perdre du terrain au Nouveau-Brunswick

La commissaire a cité les faits saillants d’une étude publiée par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML).

La proportion de personnes de langue maternelle française au Nouveau-Brunswick continue sa lente diminution. Elle est passée de 33,8 % en 1971 à 31,9 % en 2016. Entre-temps, la proportion de personnes de langue maternelle anglaise est restée stable, à 65 %.

Katherine d’Entremont recommande au gouvernement de prendre des mesures pour redresser la situation.

L’étude de l’ICRML nous fait prendre conscience que l’avenir d’une langue repose sur plusieurs facteurs interreliés, affirme la commissaire d’Entremont. Il faut agir efficacement et d’une manière coordonnée sur l’ensemble des facteurs de vitalité pour assurer l’avenir de la langue française au Nouveau-Brunswick.

Avec les informations de Michel Corriveau

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