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BlackRock : le transport du minerai suscite des inquiétudes au BAPE

Un plan 3D de l'usine de Métaux BlackRock.

L'usine de Métaux BlackRock

Photo : Courtoisie / Métaux BlackRock

Radio-Canada

Métaux BlackRock privilégie le transport par voie ferroviaire plutôt que par camion pour acheminer son minerai de la mine de Chibougamau à la future usine du port de Grande-Anse. La décision est toutefois loin d'être prise puisqu'aucune entente n'a encore été signée avec Rio Tinto, propriétaire d'une partie de la voie ferrée.

Un texte de Roxanne Simard

Les deux scénarios envisagés, soit le transport par train ou par camion, ont suscité de nombreuses questions lors de la première audience du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui se tenait mardi soir à Saguenay. Une centaine de citoyens ont pris part à l'audience, qui portait sur le projet d'usine de transformation de concentré de fer en fonte brute et en ferrovanadium à la Ville de Saguenay.

Métaux BlackRock affirme qu'il y a encore trop d’analyses à réaliser et que la décision devrait être prise cet automne.

Le transport ferroviaire, c’est notre option préférée. Ça, c’est clair.

Jean Rainville, président de BlackRock

David Dufour, directeur exécutif-régions pour Métaux BlackRock, assure être toujours en très bons termes avec Rio Tinto, avec qui il négocie actuellement.

M. Dufour précise toutefois qu’il y a trois enjeux majeurs dans les négociations avec la multinationale. Le premier est celui de partir du point A pour aller au point B avec un seul transporteur.

Le deuxième enjeu, c’est d’avoir des tarifs qui sont compétitifs et acceptables. Présentement, on n’est pas rendus là. Troisièmement, il y a la capacité du chemin de fer à accueillir notre projet.

David Dufour, directeur exécutif-régions, Métaux BlackRock

Selon lui, si Rio Tinto annonce par exemple la mise en place d'autres projets, la capacité de la voie ferrée ne serait plus suffisante. « Pour nous, c’est une zone de risque qui est difficilement acceptable. »

Une voie de contournement pourrait par contre résoudre en partie la question de fluidité du transport.

Des gens assis sur des chaises dans une vaste salleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une centaine de personnes ont participé aux audiences publiques concernant le projet BlackRock.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Simard

Lors de son passage à Saguenay lundi, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s’est dit très ouvert à l'idée de soutenir Métaux BlackRock afin de privilégier le transport par rail. Il s'est même engagé à régler la question de l'engorgement ferroviaire. Cette proposition a bien été reçue par la compagnie.

Camion contre train

Les organismes environnementaux, entre autres, s'inquiètent des émanations de gaz à effet de serre (GES) si le transport par camion est retenu.

Selon une étude préliminaire commandée par Métaux BlackRock, le camionnage devrait générer 25 000 tonnes de GES annuellement, contrairement à 13 000 tonnes pour le train. Ce calcul comprend la distance aller et retour pour des camions d'environ 40 tonnes.

L'option ferroviaire nécessiterait de son côté la construction de liens pour effectuer du transbordement et l'acquisition de wagons. Le trafic serait de 180 wagons par semaine.

Métaux BlackRock ajoute que le ministère des Transports ne s'oppose pas au transport par camion, puisque la hausse de l'achalandage sur les routes demeurerait marginale, selon une étude.

L’option du camion pourrait néanmoins permettre la création d’une centaine d’emplois selon la compagnie.

Les organismes environnementaux se font entendre

Eurêko, le comité Zip Saguenay-Charlevoix, l'organisme de bassin versant (OBV) et le Comité régional de l'environnement et du développement durable (CREDD) ont fait entendre leurs points de vue sur cinq enjeux environnementaux.

En plus du transport et des émanations globales de GES, ils ont soulevé la question de la quantité de matières résiduelles qui sera générée, celle de la perte de milieux humides en raison des infrastructures d'alimentation en eau, en gaz et en électricité, ainsi que celle du transport par voie navigable sur la rivière Saguenay.

Les quatre organismes environnementaux à l'audience du BAPE.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tommy Tremblay du Comité régional d'environnement, Simon Gagné de Eurêko, Marco Bondu, de l'Organisme de bassin versant et Arnaud Boucheny du comité Zip.

Photo : Radio-Canada

Les organismes ont d'ailleurs discuté avec les dirigeants de Métaux BlackRock à ce sujet avant la rencontre.

« Pour nous, c’est des alliés qui vont nous permettre d’avoir un meilleur projet. On a quand même la prétention d’avoir l'un des projets les plus acceptables et en avance sur les autres dans le monde sur le plan de l’environnement », explique David Dufour, directeur exécutif-régions.

Les organismes ont aussi dénoncé le fractionnement du projet dans l'évaluation des impacts environnementaux. Une situation qui ne permet pas de connaître les répercussions environnementales de la mine jusqu'à l'exportation par bateau.

L’audience publique du BAPE se poursuit mercredi après-midi à l’hôtel La Saguenéenne. Une présentation d’Hydro-Québec est entre autres prévue.

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