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Enregistrer les bruits sous-marins pour mieux protéger les bélugas

Un béluga sous l'eau.

Un béluga sous l'eau

Photo : Productions Nova Media

Radio-Canada

Avec l'augmentation du trafic maritime, les bélugas du Saint-Laurent vivent dans un environnement de plus en plus bruyant. Des chercheurs veulent mesurer l'étendue de cette pollution sonore dans l'habitat essentiel du béluga de façon à mieux comprendre les impacts sur cette espèce en voie de disparition.

Un texte d’Ariane Perron Langlois

Le projet, mené par Pêches et Océans Canada, permettra d’installer des hydrophones, des appareils qui enregistrent les sons sous-marins, en plein cœur de l’habitat essentiel du béluga.

Au total, 10 stations d’écoute seront mises en place entre les îles du Bic et l’île aux Coudres.

Les 10 endroits où les chercheurs de l'Institut Maurice-Lamontagne vont installer des stations d'écoute, dans l'habitat essentiel du béluga.

Les 10 endroits où les chercheurs de l'Institut Maurice-Lamontagne vont installer des stations d'écoute, dans l'habitat essentiel du béluga.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

C'est la première fois que Pêches et Océans Canada déploie un système d'écoute aussi important dans le Saint-Laurent.

On fait des enregistrements sous-marins depuis plusieurs années, mais c'est la première fois que c'est une couverture aussi large et avec autant d'instruments à l'eau.

Nathalie Roy, physicienne en hydroacoustique et chef de mission du projet
Des chercheurs de l'Institut Maurice-Lamontagne chargent l'équipement à bord du navire de recherche.

Des chercheurs de l'Institut Maurice-Lamontagne chargent l'équipement à bord du navire de recherche.

Photo : Radio-Canada / Ariane Perron Langlois

Écouter les navires et les bélugas

Pendant toute l’année, ces stations d’écoute vont enregistrer les bruits causés par les navires, mais aussi les sons émis par les bélugas.

D’une part, ces données permettront de cartographier, en trois dimensions, les niveaux de bruit observés dans le fleuve. D’autre part, elles vont permettre de mieux connaître les secteurs dans lesquels se retrouvent les bélugas au fil des saisons.

Les chercheurs pourront ensuite combiner ces données pour voir à quels niveaux de bruit les mammifères sont exposés, dans quels secteurs, et pendant combien de temps.

Ces hydrophones, des appareils qui permettent d'enregistrer le son sous l'eau, seront installés à 10 stations.

Ces hydrophones, des appareils qui permettent d'enregistrer le son sous l'eau, seront installés à 10 stations.

Photo : Radio-Canada / Ariane Perron Langlois

Une pollution sonore qui dérange

Les chercheurs ont déjà établi que la pollution sonore dérange les mammifères marins, parce que le bruit des navires peut masquer les ultrasons qu’ils utilisent pour communiquer et se nourrir.

Les mammifères marins sont des animaux qui utilisent beaucoup le son pour réaliser leurs fonctions vitales : pour sentir leur environnement à distance, communiquer entre eux, naviguer sous l'eau, trouver leur nourriture. La pollution sonore interfère avec ces fonctions-là.

Yvan Simard, chercheur responsable du projet de recherche, Pêches et Océans Canada

Yvan Simard indique qu’il est encore trop tôt pour savoir si ces données pourraient mener à la création d'autres zones d'exclusion fermées à la navigation, comme celle annoncée dans la baie Sainte-Marguerite cette semaine.

Les résultats des recherches seront transmis aux gestionnaires des ministères fédéraux des Pêches, des Transports et des Parcs, qui vont décider des mesures à prendre.

Le projet de recherche doit se poursuivre jusqu’en 2022.

Bas-Saint-Laurent

Protection des espèces