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Le combat de Michael Ignatieff pour la démocratie en Hongrie

Michael Ignatieff, debout au micro, s'adresse au public.
Michael Ignatieff, recteur de l’Université d’Europe centrale, à Budapest, en Hongrie Photo: CEU/Daniel Vegel-Zoltan Tuba
Radio-Canada

L'Université d'Europe centrale, à Budapest, reconnue pour ses valeurs libérales, est la cible du régime autoritaire de Viktor Orban. Elle pourrait être forcée de quitter le pays. Rencontre avec son recteur, Michael Ignatieff.

Un texte de Frank Desoer, à Désautels le dimanche

« Nous sommes devenus un symbole de liberté académique et d’autonomie institutionnelle », note l’ex-chef du Parti libéral du Canada et ancien professeur à Harvard.

Assis à son bureau de l’Université d’Europe centrale, le recteur Michael Ignatieff reste songeur. De sa fenêtre, il peut voir les magnifiques édifices de style Art déco du vieux Budapest et, un peu plus loin, le Danube qui traverse la ville.

Ce spectacle, il risque de ne plus pouvoir l’admirer très longtemps. L’Université d’Europe centrale pourrait fort bien, dès l’an prochain, déménager ses locaux à Vienne, en Autriche. Elle est en butte à l’hostilité du régime autoritaire du premier ministre, Viktor Orban, qui a déclaré la guerre à toutes les institutions et organisations non gouvernementales (ONG) financées par le milliardaire et philanthrope américain d’origine hongroise George Soros.

Orban a ciblé Soros parce que c’est un ennemi à sa hauteur.

Michael Ignatieff, recteur de l’Université d’Europe centrale

George Soros a fondé l’Université d’Europe centrale il y a 25 ans pour former et éduquer une nouvelle élite démocratique après la chute du communisme.

Gros plan sur l'édificeÉdifice de l’Université d’Europe centrale à Budapest, en Hongrie Photo : CEU/Daniel Vegel-Zoltan Tuba

Aujourd’hui, l’institution qui promeut les valeurs libérales est fréquentée par quelque 1500 étudiants venant de 120 pays.

Des jeunes filles et de jeunes garçons de différentes originesDes étudiants de l'Université d'Europe centrale Photo : CEU/Daniel Vegel-Zoltan Tuba

L’an dernier, le gouvernement Orban a adopté une loi qui restreint le droit des universités fondées à l’étranger et qui n’ont pas de campus dans leur pays d’origine de poursuivre leur mission éducative en Hongrie. Ce geste ciblait directement l’Université d’Europe centrale.

Écoutez le reportage de Frank Desoer diffusé le 17 juin à Désautels le dimanche sur ICI Première

Dans le même esprit, le Parlement de Budapest pourrait adopter dans les prochains jours la loi « Stop Soros ». Cette législation, qui, officiellement, est destinée à lutter contre l’immigration clandestine, vise dans les faits à contrecarrer l’action des dizaines d’ONG financées par Soros, lesquelles sont souvent critiques envers le pouvoir en place. Elle imposerait notamment des peines de prison à tout individu soupçonné d’aider des migrants illégaux à entrer sur le territoire hongrois.

Du côté de l’Union européenne, un important bras de fer est engagé autour de ce projet de loi. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe doit se prononcer prochainement sur le bien-fondé de cette mesure qui est jugée, par certains, contraire aux droits et libertés fondamentaux.

En attendant ce verdict, le recteur de l’Université d’Europe centrale, Michael Ignatieff, se veut un brin philosophe :

J’ai été en politique. Il ne faut jamais désespérer des peuples démocratiques. L’histoire n’est jamais finie. Je ne suis pas optimiste à court terme, mais je le demeure à plus long terme.

Michael Ignatieff, recteur de l’Université d’Europe centrale

Voici l’entrevue de Frank Desoer avec Michael Ignatieff :

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