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Les 5 moments marquants de la commissaire aux langues officielles Katherine d'Entremont

Katherine d'Entremont en entrevue
Katherine d'Entremont, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Une relation difficile avec le gouvernement, des rapports réprobateurs et une mauvaise compréhension de son rôle : les cinq années du mandat de Katherine d'Entremont n'ont pas été de tout repos. Voici un retour sur ses moments marquants avant qu'elle dépose, mercredi matin, son dernier rapport avant sa retraite.

Un texte d'Anaïs Brasier

Katherine d’Entremont a été nommée commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick en juin 2013. Sielle n’a jamais reculé devant l’adversité, comme disait le juriste spécialiste des questions linguistiques Michel Doucet lorsqu’elle a annoncé sa retraite en avril dernier, cela lui a parfois valu des remontrances.




5 moments marquants du mandat de la commissaire aux langues officielles

rapport
Un premier rapport critique
Katherine d’Entremont dépose son premier rapport le 17 juin 2014. C’est le début d’une série de rapports critiques à l’égard du gouvernement provincial. Dans ce document, elle démontre que le gouvernement n’effectue pas de contrôle de la qualité des services bilingues qu’il offre aux citoyens. Elle révèle alors que des fonctionnaires désignés bilingues ne le sont pas vraiment. « Les avis [d’embauche] pour les personnes bilingues, on ne spécifie pas à quel niveau on recherche ce bilinguisme. Donc 45 ans après que la loi sur les langues officielles a été mise en oeuvre, on n’a toujours pas de lignes directrices claires pour aider les gestionnaires. »


gouvernement
Une relation difficile avec le gouvernement
À l’automne 2015, l’affaire Wayne Grant éclate dans les médias. Quelques mois auparavant, Katherine d'Entremont avait amorcé personnellement une enquête au sujet d’un incident impliquant un commissionnaire unilingue anglophone, Wayne Grant. Les commissionnaires sont chargés de la sécurité à l'entrée des édifices gouvernementaux provinciaux. La commissaire d'Entremont est alors critiquée pour ne pas avoir révélé qu'elle lançait elle-même l'enquête. L’ancien ministre Donald Arsenault, alors porte-parole du gouvernement en matière de langues officielles déclare « qu'il est un peu étrange que Katherine d'Entremont ait donné l'impression que la plainte venait d'une tierce personne. » Quatre jours plus tard, Katherine d’Entremont contre-attaque. « M. Arseneault peut critiquer mon travail s'il le veut. Toutefois, il tient des propos qui donnent à penser qu'il est acceptable que des institutions ne respectent pas les droits linguistiques des Néo-Brunswickois ». Certains sont même allés jusqu’à demander la démission de Madame d’Entremont, qui a préféré rester en place, malgré les critiques.


commissaire
La commissaire forcée de rappeler son rôle aux politiciens
En juin 2016, Katherine d’Entremont déclare que de nombreux politiciens ne comprennent pas son rôle. Elle affirme même qu’ils voudraient qu’elle se cantonne à la promotion des langues officielles plutôt que de dénoncer des manquements à la loi. « C'est certain que c'est frustrant. [...] C'est assez souvent qu'on se rend compte que les gens et peut-être certains élus ne saisissent pas tout à fait le rôle de commissaire. »


ambulance
Ambulance NB : une situation « inacceptable »
En avril 2014, Katherine d’Entremont presse pour une première fois le gouvernement d’agir pour assurer un service bilingue de la part d’Ambulance NB, suite à un examen concernant un accident datant de 2013. Deux ambulanciers dépêchés à Dieppe, pour porter secours à une résidente, ne parlaient pas français. ANB avait reconnu que la cliente n'avait pas été en mesure de se faire offrir un service dans la langue de son choix. Un problème survenu à six reprises en sept ans et qui, selon Katherine d’Entremont, contrevient aux droits linguistiques. « Tenter de secourir une personne en ne lui parlant pas dans sa langue peut avoir de graves conséquences. Or, ANB a continué d'utiliser des équipes d'ambulanciers unilingues. Cela est inacceptable. » En décembre 2017, la Commissaire réitère cette demande. « Ce sont les mêmes problèmes qui refont surface : manque d'effectifs bilingues, manque d'offre active, manque de capacité. Il manque des gens avec les compétences nécessaires. »


bilinguisme
Le bilinguisme des hauts fonctionnaires de l’Assemblée législative
En juin 2017, dans son quatrième et avant-dernier rapport, Katherine d’Entremont affirme que le gouvernement du Nouveau-Brunswick ne respecte pas le principe d'égalité des deux langues officielles de la province en n'exigeant pas le bilinguisme pour certains postes d'agents de l'Assemblée législative. Le rapport résume notamment une enquête menée à la suite d’une plainte concernant l’absence d’exigence du bilinguisme dans trois offres d’emploi d’agents de l’Assemblée législative, dont le poste de directeur général des élections. « La commissaire note que les réponses du gouvernement provincial pour justifier l’absence d’une exigence de bilinguisme équivalent à nier le principe d’égalité des deux langues et des deux communautés linguistiques officielles du Nouveau-Brunswick », peut-on lire dans un communiqué de son bureau.


Crédit pictos : Freepik de www.flaticon.com sous liscence du CC 3.0 BY




Katherine d'Entremont déposera son ciquième et dernier rapport mercredi. Elle prendra officiellement sa retraite le 22 juillet.

Nous ne sommes pas toujours en accord, mais ça c’est bien normal et c’est le cas pour tous les officiers de l’Assemblée législative, a déclaré le premier ministre du Nouveau-Brunswick Brian Gallant, lorsqu'il a été questionné sur le bilan du mandat de la commissaire.

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