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Sous la menace de nouvelles taxes, la Chine dénonce le « chantage » de Trump

Donald Trump entend forcer Pékin à réduire le déficit commercial des États-Unis de 200 milliards de dollars.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Agence France-Presse

Face aux nouvelles menaces de Donald Trump de taxer 200 milliards de dollars d'importations supplémentaires, la Chine a réagi lundi soir en dénonçant « le chantage » du président américain.

« Si les États-Unis perdent le sens commun et publient une liste [de produits visés], la Chine se verra dans l'obligation d'adopter une combinaison de mesures quantitatives et qualitatives en forme de représailles énergiques », a indiqué le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.

Il réagissait ainsi à la dernière salve lancée lundi par le président Trump.

En annonçant vendredi des taxes de 25 % sur 50 milliards de dollars d'importations chinoises, le président américain avait prévenu : si Pékin venait à répliquer, il imposerait des taxes douanières additionnelles.

Une menace à laquelle le géant asiatique est resté sourd puisqu'il a annoncé dans la foulée des mesures américaines qu'il imposerait des taxes à l'identique sur des marchandises américaines.

Lundi, Donald Trump a mis sa menace à exécution en demandant au secrétaire américain au commerce (USTR) Robert Lighthizer « d'identifier 200 milliards de dollars de biens chinois en vue de tarifs supplémentaires de 10 % ».

Des mesures supplémentaires doivent être prises pour encourager la Chine à changer ses pratiques déloyales et à ouvrir son marché aux biens américains.

Donald Trump, dans un communiqué transmis par la Maison-Blanche

« La Chine n'a apparemment aucune intention de changer ses pratiques illégales d'acquisition de la propriété intellectuelle et de la technologie américaines », a-t-il dit, affirmant que Pékin a décidé au contraire de « menacer les entreprises, les travailleurs et les agriculteurs des États-Unis ».

Donald Trump, qui entend forcer Pékin à réduire le déficit commercial des États-Unis de 200 milliards de dollars, précise que si la Chine venait à augmenter de nouveau ses tarifs, l'administration américaine infligerait alors des taxes sur 200 milliards d'importations additionnelles.

Washington pourrait ainsi taxer potentiellement la grande majorité des importations chinoises.

En 2017, les États-Unis ont exporté pour 130,4 milliards de dollars de marchandises vers le géant asiatique, deuxième puissance économique mondiale. Ils ont importé dans le même temps 505,6 milliards de biens chinois, selon les statistiques du département du Commerce. Soit un déficit de plus de 375 milliards.

« J'ai une excellente relation avec le président Xi [Jinping] et nous continuerons de travailler ensemble sur de nombreux problèmes », a souligné Donald Trump.

« Mais les États-Unis ne toléreront plus d'être désavantagés sur le plan commercial par la Chine et par les autres pays du monde », a-t-il ajouté.

En guerre contre ses propres alliés

La Maison-Blanche a déjà lancé tous azimuts des mesures protectionnistes contre ses partenaires commerciaux et alliés.

Après avoir exigé en 2017 la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (ALENA) qui lie les États-Unis au Canada et au Mexique, l'administration Trump a imposé le 1er juin des tarifs de 25 % sur l'acier et de 10 % sur l'aluminium de ces deux pays au nom de la défense de la sécurité nationale américaine.

L'Union européenne n'a pas non plus été épargnée par les hostilités américaines: l'acier et l'aluminium des 28 pays membres sont eux aussi frappés de ces mêmes taxes douanières.

« Les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine doivent être bien plus équitables », a martelé lundi Donald Trump qui a imposé dès fin mars des taxes de 25 % sur l'acier et de 10 % sur l'aluminium chinois également au nom de la défense de la sécurité nationale.

Les annonces vendredi de ces tarifs respectifs ont mis fin à une trêve entre les deux premières puissances mondiales, qui avait été annoncée le 19 mai à la suite d'âpres discussions entre de hauts responsables chinois et américains d'abord à Pékin puis dans la capitale fédérale américaine Washington.

Donald Trump, président des États-Unis

L'administration Trump doit en outre publier d'ici le 30 juin des mesures de restrictions aux investissements chinois.

La politique commerciale américaine et les mesures de représailles annoncées par ses partenaires commerciaux font de plus en plus redouter une guerre commerciale mondiale qui risque de compromettre la croissance de l'économie de la planète.

Aux États-Unis, elle suscite des inquiétudes chez les agriculteurs susceptibles d'être les plus durement touchés par les mesures chinoises.

Les secteurs automobile et aéronautique redoutent eux aussi les conséquences de ce conflit. Vendredi, l'avionneur Boeing avait indiqué à l'AFP qu'il évaluait désormais les dégâts potentiels des mesures annoncées ce jour-là.

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