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Cinq ans après les inondations de 2013, toujours pas de protection pour Calgary

Vu aérienne du secteur riverain de Calgary. L'eau recouvre les rues, les terrains, et les stationnements.

Le centre-ville de Calgary inondé, le 22 juin 2013.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Radio-Canada

En 2013, Calgary et le sud de l'Alberta vivaient les pires inondations de l'histoire de la province. Cinq ans plus tard, aucun des projets prévus sur les rivières Bow et Elbow en amont de la ville pour la protéger des inondations n'a vu le jour.

Le maire de Calgary l’avoue. Chaque printemps, son niveau de stress augmente. « Comme les résidents de Calgary, je suis toujours un peu fébrile quand le printemps arrive », dit Naheed Nenshi.

Le maire Naheed Nenshi debout sur la berge d'une rivière bordée d'arbres avec en arrière-plan la ville de Calgary.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de Calgary, Naheed Nenshi.

Photo : Radio-Canada / Louise Moquin

De petits projets, comme le réaménagement des berges dans le quartier Eau Claire et la consolidation de ponts ou de stations de pompage sont déjà terminés ou devraient l’être dans les prochaines années, mais le maire de Calgary, Naheed Nenshi, sait qu'il faut en faire plus. « Tous ces projets ont leur importance, mais ils ne sont pas suffisants », dit-il.

Nous avons besoin de solutions en amont.

Naheed Nenshi, maire de Calgary

La rivière Elbow

Le barrage du réservoir Glenmore aura de nouvelles barrières en acier et un pont piétonnier surélevé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le barrage du réservoir Glenmore une fois que les travaux seront terminés.

Photo : Ville de Calgary

Sur la rivière Elbow, des travaux de 82 millions de dollars sont en cours afin de relever le pont piétonnier et d'installer des barrières d’acier sur le barrage du réservoir Glenmore.

Les travaux doivent être exécutés d’ici 2020. Un pas dans la bonne direction, mais qui ne règle pas la question d’un barrage en amont sur cette rivière.

Springbank, le projet de la controverse

Plan serré de deux pancartes demandant de ne pas détruire Springbank tenues par trois personnes derrière lesquelles se trouvent d'autres manifestants avec des pancartes. En arrière-plan, des gratte-ciels.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des résidents manifestent contre le projet de réservoir de Springbank.

Photo : Radio-Canada

La province souhaite construire le réservoir Springbank à une quinzaine de kilomètres de Calgary. D'une capacité de 70,2 millions de mètres cubes, le réservoir permettrait aux terres avoisinantes de rester sèches la majeure partie du temps, mais ne les épargnerait pas en cas d’inondations.

Le projet de 432 millions de dollars fait face à une forte opposition de la part d’une vingtaine de résidents du secteur, qui serait ainsi inondé. Des propriétaires déterminés à ne pas quitter leurs terres.

Lee Drewry est debout devant une clôture. En arrière-plan, un champ et une ferme près d'un boisé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lee Drewry possède un ranch là où le réservoir Springbank doit être construit.

Photo : Robson Fletcher

La famille de Lee Drewry possède un ranch depuis 1870 à l’endroit où la construction du réservoir de Springbank est prévue. « Mon ranch serait totalement recouvert d'eau et de limon. Cette terre nous appartient, le gouvernement doit reconsidérer [le site du projet] », dit-il.

Comme les autres membres du groupe Do not Dam Springbank (pas de barrage à Springbank), il souhaite que la province se ravise et choisisse l’option du réservoir de McLean Creek.

La province, qui a déjà rejeté cette option, rétorque que ce barrage serait plus coûteux, retarderait les travaux de plus de deux ans et aurait des conséquences néfastes sur l’environnement, notamment pour les habitats protégés des ours grizzlys et des truites.

Un grizzly se repose au bord d'une rivière.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Parcs Canada estime que 20 000 grizzlys vivent dans l'ensemble de l'Alberta, de la Colombie-Britannique, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

« Plusieurs études scientifiques démontrent que Springbank est le bon endroit pour bâtir le barrage. Un petit nombre de personnes seront touchées tandis que des millions d'autres seront protégées. Le projet de McLean est très compliqué, en comparaison », dit la ministre de l’Environnement, Shannon Phillips.

Shannon Philips est debout derrière un lutrin avec un micro devant des drapeaux du Canada et de l'Alberta.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre de l'Environnement de l'Alberta, Shannon Philips, affirme que les nouveaux plafonds d'émission permettront aux entreprises de demeurer compétitives.

Photo : Radio-Canada

Le réservoir de Springbank fait aussi face à l'opposition de la Première Nation Tsuut'ina, dont des terres seraient inondées. La communauté autochtone veut pouvoir en discuter avec la Ville et avec les gouvernements provinciaux et fédéraux.

Une attente angoissante

L’attente exaspère Tony Morris, un avocat de Calgary qui vit le long de l’Elbow et dont la maison, située dans le quartier Roxboro, a été inondée en 2013. Il est aussi coprésident du groupe Calgary River Communities Action Group.

Plan serré sur Tony Morris debout devant une rue bordée d'arbres dans un quartier résidentiel.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tony Morris est inquiet que les travaux n'avancent pas plus vite pour protéger les résidents de Calgary contre les inondations.

Photo : Radio-Canada / Bryan Labby

« Chaque année qui passe est une autre année risquée pour la ville », dit-il. « Nous sommes loin d'être aussi avancés que je le pensais il y a cinq ans », ajoute-t-il.

La Bow

En ce qui a trait à la rivière Bow, le gouvernement provincial a déjà conclu une entente avec l’entreprise TransAlta pour baisser et contrôler les niveaux de ses réservoirs Ghost et de Barrier Lake au plus fort de la période des inondations.

La province évalue aussi actuellement trois options de projets en amont : la construction d’un nouveau réservoir à Glenbow ou à Morley ou une extension du réservoir Ghost. Les résultats sont attendus l’an prochain.

Les trois solutions :

1. Réservoir Glenbow

Où : en amont du barrage de Bearspaw, à 33 km de Calgary
Coût estimé : plus de 500 millions de dollars
Temps de construction : 15 à 20 ans
Capacité : jusqu'à 70 millions de mètres cubes

Le site prévu pour ce barrage est situé plus près de Calgary que les deux autres sites à l'étude. La construction du réservoir Glenbow permettrait de mieux protéger la métropole que des projets plus en amont sur la rivière, puisqu’il retiendrait l'eau de pluie qui tombe près de la ville. Son inconvénient principal est qu’il engloutirait une part importante du parc provincial de Glenbow Ranch, près de Cochrane, un parc qui protège un écosystème fragile.

2. Réservoir Morley

Où : sur les terres de la Première Nation Stoney Nakoda, à 62 km de Calgary
Coût estimé : plus de 500 millions de dollars
Temps de construction : 15 à 20 ans
Capacité : jusqu’à 150 millions de mètres cubes

Même si ce projet prévoit la construction d'un réservoir avec le double de la capacité du réservoir Glenbow pour le même prix, sa réalisation nécessiterait des négociations avec la communauté autochtone Stoney Nakoda, ce qui pourrait prendre du temps et faire augmenter les coûts.

3. Réservoir Ghost

Où : lac Ghost, à 60 km de Calgary
Coût estimé : 100 à 300 millions de dollars
Temps de construction : 10 à 15 ans
Capacité : augmenterait la capacité actuelle de 93 millions de mètres cubes de 35 millions

La capacité pourrait être accrue en augmentant la hauteur du réservoir de trois mètres ou en baissant le niveau d'eau dans le réservoir en prévision de la crue printanière.

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