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Les touristes chinois changent le paysage touristique canadien

Des touristes asiatiques visitent le parc national de Banff. Ils se tiennent devant le lac Two Jack. Au loin s'élève le mont Rundle.
L’année 2018 a été décrétée celle du tourisme Canada-Chine. Photo: Getty Images / miroslav_1

Le nombre de touristes est en nette augmentation au pays, et c'est dû, en grande partie, aux visiteurs en provenance de la Chine.

Un reportage de Roberto Rocha, de CBC

Cette année, la Chine est devenue le deuxième pays d’origine des visiteurs au Canada, derrière les États-Unis. Presque 70 000 visiteurs chinois sont entrés au Canada en mars, selon des données désaisonnalisées. Le Royaume-Uni, qui était en deuxième place depuis trois décennies, a chuté au troisième rang.

Le nombre de visiteurs étrangers au Canada a fléchi brutalement après les attentats du 11 Septembre et l’adoption de mesures de sécurité accrues à la frontière.

La crise du SRAS en 2002, la récession en 2008 et un taux de change défavorable ont entraîné l’effondrement du nombre de visiteurs au Canada en 2010 au taux le plus faible depuis 1972, lorsque Statistique Canada a commencé à suivre l’évolution du nombre d’entrées à la frontière.

Mais une économie globale florissante et une croissance des voyages aériens en provenance de pays émergents font remonter les chiffres. Ils sont cependant plus faibles que les sommets atteints à la fin des années 90, alors que le Canada accueillait plus de 4 millions de visiteurs par mois.

Je ne vois pas pourquoi il ne serait pas possible d’atteindre ces chiffres à nouveau.

Claude Normandin, analyste à Statistique Canada

Le Canada est devenu une destination possible pour les voyageurs chinois il y a huit ans, lorsque la Chine a octroyé au Canada le statut de destination approuvée (ce qui veut dire que les citoyens chinois ont le droit de venir ici).

Les États-Unis ont obtenu ce statut en 2008 et la plupart des pays européens en 2004.

Sherry Sun, copropriétaire et directrice générale de Canada CYTS Travel Services, un voyagiste établi à Richmond, en Colombie-Britannique, qui sert une clientèle chinoise, affirme que le Canada devient une destination de choix pour les voyages d’affaires (réunions, primes, conférences et expositions).

Mme Sun soutient que les voyageurs chinois sont attirés par les paysages grandioses du Canada, comme les montagnes Rocheuses ou les chutes Niagara. Beaucoup ont également des membres de leur famille qui habitent la côte ouest.

« Les villes ici ont de grandes communautés chinoises et une histoire riche qui s’est bâtie autour des chemins de fer et des mines d’or », précise-t-elle.

Mes clients sont surpris de voir qu’ils peuvent manger aussi bien qu’à Hong Kong.

Sherry Sun, copropriétaire et directrice générale de Canada CYTS Travel Services

Un paysage touristique changeant

Typiquement, la vaste majorité des visiteurs du Canada, soit environ les deux tiers, entrent au pays par l’Ontario. Mais, au cours des deux dernières années, cette tendance a commencé à changer.

Les entrées en Ontario ont atteint un plateau alors que celles pour l'ensemble du Canada continuent d’augmenter. Il y a deux raisons à cela : moins d’Américains entrent par voie terrestre et plus de voyageurs internationaux arrivent par voie aérienne.

« En Colombie-Britannique, nous voyons beaucoup plus de voyageurs qui arrivent de l’Asie, dit Claude Normandin, analyste à Statistique Canada. Auparavant, dans les années 70 et 80, les voyageurs non américains venaient surtout de l’Europe. »

Quand on s'attarde au nombre de voyageurs étrangers selon leur province d’entrée, la Colombie-Britannique et, à un moindre degré, le Québec et l’Alberta sont les principaux responsables de cette croissance (autant pour les touristes en provenance des États-Unis que de l’étranger).


Visiteurs au Canada selon leur provenance et leur province d’entrée

Graphique sur les entrées par province
Source : Statistique Canada

À mesure que les gens dans les marchés émergents voient leur revenu disponible augmenter, ils sont libres de décider où passer leurs vacances, où étudier et où faire des affaires à l’étranger.

M. Normandin explique que le Canada a augmenté son budget marketing pour attirer l’attention de ces voyageurs potentiels.

En 2016, le gouvernement a injecté 50 millions de dollars supplémentaires sur deux ans dans Destination Canada, une société de la Couronne qui fait la promotion du pays comme destination de voyage et d’affaires. Son financement a été stabilisé à 95,5 millions de dollars jusqu’en 2022. En 2012, c’était autour de 72 millions de dollars.

Au cours des 10 dernières années, il y a eu autant d’entrées par voie aérienne en provenance des États-Unis qu’en provenance de pays tiers. L’entrée par voie terrestre depuis les États-Unis demeure toutefois le type de visite le plus populaire.

Des capacités limitées peuvent atténuer la croissance

Le Canada est sur la bonne voie pour rattraper des destinations comparables mais plus populaires, comme l’Allemagne et la Nouvelle-Zélande, selon un rapport de Destination Canada.

Étant donné que 2018 est l’Année du tourisme Canada-Chine, un partenariat pour promouvoir les voyages entre les deux pays, on s’attend à ce que le nombre de Chinois qui visiteront le pays cet été continue d’augmenter.

Mais ce n’est pas tout le monde dans l’industrie touristique qui en profitera. L’hébergement, le transport local et les attractions dans certaines destinations touristiques comme Vancouver et Banff, par exemple, affichent déjà complet pour l’été 2018, dit Mme Sun.

« Nous essayons de faire la promotion de la saison hivernale », affirme-t-elle.

Mais les gens trouvent déjà qu'il fait froid au Canada. Ils ne veulent pas venir pendant l’hiver.

Sherry Sun, copropriétaire et directrice générale de Canada CYTS Travel Services

Le rapport de Destination Canada soutient que ces problèmes de capacité vont possiblement ralentir la croissance du tourisme au Canada dans les années à venir.

« L’augmentation de la capacité et le développement de nouveaux produits ne se feront pas du jour au lendemain. Pour cela, il faudra la coopération concertée et l’investissement de tous les ordres de gouvernement et du secteur privé », précise le rapport.

Avec la collaboration de Ximena Sampson

Tourisme

Économie