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Christo empile 7500 bidons en plein cœur de Londres

L'artiste Christo, 83 ans, prend la pose devant sa dernière oeuvre, un mastaba de 7500 bidons, installé tout l'été dans Hyde Park à Londres.
Un message environnemental? Des ballons pour enfants? L'artiste de 83 ans Christo préfère ne rien dire sur le sens de sa dernière création. Photo: Reuters / Simon Dawson
Agence France-Presse

Pesant 600 tonnes, 7506 bidons ont été empilés pour former un trapèze. L'artiste Christo a dévoilé lundi sa dernière œuvre, un mastaba flottant sur le lac Serpentine, à Hyde Park, une installation monumentale, déroutante, et destinée autant à susciter le débat qu'à « stimuler les sens ».

En voyant cet assemblage de bidons métalliques, faisant très fortement penser à des barils de pétrole au cœur d'un des poumons verts de Londres, d'aucuns penseront à un message contre la pollution.

D'autres verront dans cette installation surprenante, visible à plusieurs centaines de mètres à la ronde, un genre de prisme, un pixel géant, ou bien une simple forme géométrique.

L'œuvre se veut par nature ouverte à toutes les interprétations et n'a pas comme vocation de véhiculer une quelconque déclaration, explique l'artiste américain d'origine bulgare.

« Marchez autour. Regardez-la. Je ne peux rien dire d'autre », dit Christo, star mondiale de l'art contemporain, connu pour les spectaculaires « emballages » du Reichstag, à Berlin en 1995, et du Pont-Neuf, à Paris en 1985, lors d'une conférence de presse organisée sur les rives du Serpentine, lac artificiel prisé des touristes, des cygnes et des autres canards.

Il n'y a pas de message. Qu'elle soit critique ou positive, toute interprétation est légitime.

Christo, 83 ans

Seule concession du créateur : l'œuvre de 20 mètres de haut peut s'apparenter à une sorte « d'escalier vers le ciel ».

Retour du bidon chez Christo

Première installation d'envergure à ciel ouvert de Christo au Royaume-Uni, ce mastaba (sépulture antique que l'on retrouve en Égypte et en Mésopotamie) est constitué de 7506 bidons de métal de 200 litres reposant sur une plateforme flottante solidement ancrée au sol.

Détail du mastaba de 7500 bidons, installé par l'artiste Christo dans Hyde Park à Londres.Le bidon, matière de prédilection pour l'artiste Christo. Photo : Reuters / Simon Dawson

Rouge et blanc d'un côté, bleu, mauve et rouge de l'autre, le trapèze offre un contraste saisissant avec les eaux calmes et bordées de grands arbres du lac Serpentine.

Christo retrouve avec le bidon un matériau dont il apprécie le faible coût et le potentiel esthétique. L'artiste avait commencé à s'intéresser aux formes cylindriques en réalisant à la fin des années 50 de petites sculptures avec des canettes, peintes ou emballées.

En 1962, l'artiste, qui avait fui la Bulgarie communiste, avait barré une rue de Paris avec un mur de bidons, sa réponse au mur de Berlin.

Plus récemment, Christo, lauréat avec son épouse Jeanne-Claude, aujourd'hui morte, du Praemium Imperiale, considéré comme le prix Nobel des arts, avait créé un mur de 13 000 bidons à Oberhausen, dans l'ouest de l'Allemagne.

Le London Mastaba, dont la construction, financée par l'artiste, avait commencé le 3 avril, sera visible pendant l'été et jusqu'au 23 septembre, avant d'être recyclé.

Des visiteurs étonnés et perplexes

À peine installée, l'oeuvre ne manquait pas de susciter de l'étonnement et des réactions partagées chez les visiteurs de Hyde Park.

Le mastaba de 7500 bidons, installé par Christo dans Hyde Park à Londres.La structure ultramoderne tranche avec la nature. Photo : Reuters / Simon Dawson

« On dirait des ballons pour enfants », a déclaré, un brin perplexe, une touriste de 46 ans, Yasmin Koc Ozcengel, originaire d'Istanbul.

« C'est très moderne, alors que l'endroit est à la fois naturel et historique », a-t-elle souligné, estimant que ce mastaba aurait pu être accueilli par un site plus approprié.

Christo voulait provoquer la réflexion? « Il y est arrivé, parce que je suis là en train de réfléchir à ce que ça peut bien être », a dit de son côté Sheila Steffenson, une Américaine de 58 ans basée à Londres.

« Peut-être s'agit-il d'un message sur la pollution? Qui sait? » a-t-elle ajouté.

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