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  • Archives
  • Sébaste dans le golfe du Saint-Laurent ou la fin attendue du moratoire

    Plusieurs sébastes se retrouvent dans un filet sur le pont d'un chalutier.
    C'est la fin du moratoire sur la pêche commerciale au sébaste décrété par le gouvernement canadien. Photo: Radio-Canada

    Le sébaste est revenu en force dans les eaux du golfe du Saint-Laurent. L'abondance retrouvée de ce poisson de fonds a convaincu le gouvernement fédéral de lever le moratoire sur sa pêche commerciale, instauré en 1995. Nos archives relatent le début de cette crise ainsi que son prochain dénouement.

    Aux grands maux, les grands remèdes

    Au milieu des années 1990, le sébaste, aussi connu sous le nom de rouget, est en danger. Les stocks de l’espèce ont diminué de 97 % dans les eaux du golfe du Saint-Laurent.

    Comme avec la morue, le gouvernement canadien doit prendre de grands moyens. Il impose un moratoire pour interdire la pêche commerciale du petit poisson.

    Comme nous le rappellent nos archives, l’annonce du moratoire a été effectuée le 21 décembre 1994. Le journaliste Jean-François Roy le souligne par un reportage qui résume la conférence de presse du ministre fédéral des Pêches, Brian Tobin, organisée à Rimouski.

    Cette décision porte un nouveau coup dur au secteur de la pêche dans l’est du Canada.

    Environ 600 pêcheurs et travailleurs d’usine perdent leur emploi en Nouvelle-Écosse et aux Îles-de-la-Madeleine. Cependant, en conférence de presse, Brian Tobin se veut rassurant. Ceux et celles qui sont affectés par le moratoire sur le sébaste recevront des indemnités financières.

    Madelipêche écope

    Heureusement, car les temps difficiles n’ont pas tardé à arriver, notamment aux Îles-de-la-Madeleine.

    Le 19 novembre 1995, l’émission La semaine verte nous présente un reportage de la journaliste Rachel Brillant au sujet des répercussions qu’a le moratoire sur les activités de Madelipêche, à Cap-aux-Meules.

    Le plus gros employeur des Madelinots doit fonctionner au ralenti. Des dizaines de travailleurs perdent leur emploi. On doit se tourner vers le hareng et le maquereau. On importe à grand frais du sébaste de Russie. Ce ne sont là que des stratégies pour éviter le pire.

    C’est sur une base de survie et non pas, je dirais, d’expansion.

    Paul Delaney, président de Madelipêche
    « La semaine verte », 19 novembre 1995

    Le moratoire a finalement donné des fruits, ou, dans ce cas-ci… du poisson.

    En 2011, contre toute attente, le sébaste réapparaît en masse. C’est ce que révèle le 20 mars 2018 un reportage du journaliste Michel-Félix Tremblay présenté au Téléjournal Est du Québec.

    Il y a quelques années, on parlait d’une espèce menacée ou qui avait un statut préoccupant. On n'a vraiment plus d’inquiétude pour cette espèce-là.

    Hugo Bourdages, biologiste, Institut Maurice-Lamontagne, Pêches et Océans Canada.

    Deux millions et demi de tonnes de sébaste nagent actuellement dans les eaux du golfe du Saint-Laurent. Le moratoire pourrait être levé et la pêche pourrait reprendre en 2019, peut-être même en 2018.

    Une question centrale se pose tout de même. Si ce poisson est au rendez-vous, les clients, eux, le seront-ils?

    « Téléjournal Est du Québec », 20 mars 2018

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