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Levée de boucliers contre l’examen d’entrée à la profession d’infirmière au N.-B.

Les trois étudiantes en entrevue.

Des étudiantes en sciences infirmières étaient présentes à la conférence.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Quatre établissements ont dénoncé le traitement « discriminatoire » réservé aux francophones à l'examen d'entrée dans la profession infirmière au Nouveau-Brunswick, lors d'une conférence de presse, lundi. Des étudiantes qui ont échoué à l'examen NCLEX-RN à plusieurs reprises se disent « vraiment contentes » de cet appui.

L'Université de Moncton, le Réseau de santé Vitalité, le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) et l'Association des collèges et universités de la francophonie canadienne estiment qu'il s'agit d'un cas de violation des droits linguistiques au Nouveau-Brunswick.

Cette dénonciation fait suite aux échecs de plus de 50 % des candidats et candidates lors de leur première tentative à cet examen, peut-on lire dans un communiqué.

Un tableau montrant les taux de réussite pour chaque année depuis 2010.

En 2017, seulement 40% des personnes inscrites à l'examen en français l'ont réussi.

Photo : Radio-Canada / Kristel Mallet

Les établissements se disent inquiets de l’impact de ces résultats sur la qualité des services de santé offerts aux francophones. Ils pressent donc l’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (AIINB) ainsi que le premier ministre Brian Gallant, en tant que ministre responsable de l’application de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, de corriger la situation.

Une des conséquences du manque d'outils francophones pour se préparer à l'examen est l'augmentation du nombre d'étudiants qui choisissent de faire l'examen en anglais.

Un graphique

De plus en plus d'étudiants francophones choisissent de passer cet examen en anglais.

Photo : Radio-Canada / Kristel Mallet

C'est très difficile

Pamela St-Coeur-Leclerc, Stéphanie Noël et Gaëtanne Blanchard sont étudiantes en sciences infirmières au Nouveau-Brunswick. Elles ont toutes trois fini leur baccalauréat pleine d'espoir quant à leur future carrière. Mais après avoir tenté leur chance à l'examen NCLEX-RN trop de fois, elles sont découragées.

Le 31 juillet prochain, si on n'a pas réussi, on perd notre droit de pratique.

Pamela St-Coeur-Leclerc, étudiante en sciences infirmières au Nouveau-Brunswick
La jeune femme en entrevue.

Pamela Saint-Coeur-Leclerc a repris l'examen NCLEX-RN à 11 reprises. Il ne lui reste qu'une tentative pour le réussir.

Photo : Radio-Canada

Stéphanie Noël est à l'origine de cette crise. Elle a révélé, en avril dernier, avoir passé l'examen à neuf reprises, sans succès. S'il reste à entendre ce que l'AIINB a l'intention de faire, elle se dit contente de l'appui de ces quatre associations.

C'est incroyable de voir que ça porte fruit un peu, de voir que ces quatre associations sont là pour nous.

Stéphanie Noël, ancienne étudiante en sciences infirmières au Nouveau-Brunswick
La jeune femme en entrevue.

Stéphanie Noël a échoué l'examen NCLEX-RN à neuf reprises.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement se dit préoccupé

Le ministre de la Santé, Benoît Bourque, a fait une déclaration par courriel, suite à cette conférence de presse. L’AIINB est l’organisme de réglementation provincial pour les membres de la profession infirmière, peut-on lire dans le communiqué. Par conséquent, elle est ultimement responsable de traiter des problèmes ayant trait à l’examen d’admission à la profession. L’examen que les infirmières et infirmiers doivent passer au Nouveau-Brunswick est un test standardisé utilisé par la grande majorité des provinces et territoires au Canada.

Nous sommes évidemment préoccupés par les récents résultats de l’examen et des incidences possibles que cela peut avoir sur le nombre d’infirmières. Néanmoins, nous devons nous assurer d’atteindre un juste équilibre concernant l’embauche d’un nombre suffisant d’infirmières et d’infirmiers ayant la capacité d’offrir des soins d’excellente qualité.

L'AIINB impose aux candidats à la profession l’examen NCLEX-RN, qui est utilisé aux États-Unis et au Canada, mais non au Québec. L'examen est développé aux États-Unis et il est révisé et traduit par des Canadiens.

Le Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick a déterminé, en mai dernier, qu’il existe un écart considérable entre le français et l'anglais quant aux ressources de préparation à l’examen NCLEX-RN.

L'Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick est restée silencieuse jusqu'à présent. L'organisme a expliqué, la semaine dernière, qu'il ne ferait pas de commentaire parce que l'affaire a été soumise aux tribunaux.

Deux autres organismes, soit la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick et la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton, ont déposé en cour, le mois dernier, un avis de poursuite contre l'Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick au sujet de l'examen NCLEX-RN et le manque de ressources pour les étudiants francophones.

Nouveau-Brunswick

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