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L'Université de Regina abolit son bureau de prévention de la violence basée sur le genre

Le résumé d'Andréanne Apablaza
Radio-Canada

L'Université de Regina abolit son bureau de prévention de la violence basée sur le genre après l'avoir mis en place il y a environ un an. Faute de financement, une coordonnatrice assumera seule les responsabilités du centre ainsi que d'autres responsabilités à partir de septembre.

Un texte d’Andréanne Apablaza

Annoncée en grande pompe en mars 2017, la création du bureau de la prévention de la violence basée sur le genre représentait la première de neuf recommandations d'un rapport pour réduire ce type de violence sur le campus.

Le bureau était notamment responsable de coordonner les efforts des différentes ressources de l’Université et de l’extérieur, d’offrir du soutien et de l’information ainsi que de sensibiliser la communauté universitaire aux enjeux liés à la violence sexuelle et basée sur le genre.

L’instructrice Roz Kelsey avait été nommée directrice du bureau pour une durée de 16 mois, mais espérait que le poste devienne permanent.

À la place, l’Université transfère les responsabilités de la directrice à un nouveau poste. Une coordonnatrice de la prévention et de l’intervention de la violence sexuelle est entrée en poste le 11 juin. Il s'agit de Lynn Thera. Elle assumera dès septembre les responsabilités de la directrice et celles du coordonnateur de la sécurité personnelle, qui était entre autres responsable de recevoir les plaintes d’agressions sexuelles.

L’Université dit avoir pris cette décision en raison de difficultés financières.

« La situation financière de l'Université représente un défi, depuis les deux dernières années. Nous essayons de trouver un moyen d'utiliser au mieux les ressources qui sont en place sur le campus », explique le vice-recteur Thomas Chase.

Malgré cela, Thomas Chase estime qu’il s’agit d’une bonne nouvelle, puisque ce nouveau poste est permanent.

Or, la décision d’éliminer le bureau déçoit plusieurs membres de la communauté universitaire et elle soulève de nombreuses questions.

« Remplacer un poste par l'autre n’est peut-être pas le meilleur moyen de faire face au problème de violence, les deux postes ayant des objectifs très différents », souligne la directrice du Centre des femmes de l’Université de Regina, Jill Arnott.

Plus de responsabilités, moins de postes

La nouvelle coordonnatrice de la prévention et de l’intervention de la violence sexuelle assumera les fonctions de la directrice du Bureau de la prévention de la violence basée sur le genre, ainsi que les responsabilités du coordonnateur de la sécurité personnelle.

Des membres de la communauté universitaire craignent que cette employée ait trop de responsabilités et n’arrive pas à répondre à toutes les demandes.

Un rapport qui a évalué les premiers mois du Bureau de la prévention de la violence basée sur le genre soulevait en décembre sa lourde charge de travail.

Dans le rapport dont Radio-Canada a obtenu copie, on peut lire que les responsabilités du poste de directrice du bureau « sont onéreuses et ne peuvent être accomplies raisonnablement par un seul individu ».

La directrice du Centre des femmes de l’Université de Regina, Jill Arnott, estime que la charge de travail semble trop élevée pour un seul poste. « Personne ne peut tout faire et assumer toutes ces responsabilités. »

La directrice de la recherche et des communications de PATHS, l’Association provinciale des services de transitions de la Saskatchewan, Crystal Giesbrecht, s’est dite surprise d’apprendre l’abolition du bureau. « Il a été ouvert depuis peu, je pense qu'il est prématuré de voir des résultats concrets et de faire des changements significatifs en si peu de temps », explique-t-elle.

Elle s'inquiète aussi des impacts du changement de nom du nouveau poste de coordonnateur. De responsable de la prévention de la violence basée sur le genre, le poste deviendra responsable de la prévention de la violence sexuelle.

Il s'agit d'un changement important, selon l'Association, qui pourrait mener à un manque de service, notamment pour les personnes qui ne s'identifient ni comme femme ni comme homme.

« Il est important que l'Université de Regina ait une position spécifique pour faire face à la violence sexuelle. Mais la violence basée sur le genre est quelque chose de plus large. Nous savons que, dans la province et dans la ville, nous avons des taux élevés de violence contre les personnes qui ne correspondent pas au genre binaire », explique Crystal Giesbrecht.

Consultations

Le président du groupe de travail sur la prévention et la réponse à la violence sexuelle, David Gregory organisera des rencontres avec les membres de la communauté universitaire afin de connaître leurs idées et leurs préoccupations face aux politiques de l’Université en matière d’agression sexuelle et de violence. Le groupe de travail tiendra deux « conversations sur le campus » les 22 et 25 juin.

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