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Présidentielle en Colombie : victoire du candidat de droite, Ivan Duque 

Ivan Duque.
Le champion de la droite dure, Ivan Duque, 41 ans, est le dauphin de l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010). Photo: AFP / Raul Arboleda
Agence France-Presse

Le candidat de droite Ivan Duque a remporté dimanche le second tour de l'élection présidentielle en Colombie, et va donc succéder à Juan Manuel Santos à l'issue d'un duel inédit avec un représentant de gauche, Gustavo Petro.

Selon des résultats officiels portant sur 96,99 % des suffrages dépouillés, Ivan Duque, candidat du Centre démocratique (CD), a recueilli 54,07 % des voix contre 41,72 % à Gustavo Petro du mouvement Colombie Humaine, à l'issue d'un scrutin marqué par une participation de 52,18 %, crucial pour l'avenir de l'accord de paix avec l'ex-guérilla FARC que la droite entend réviser.

Les bureaux de vote ont fermé à 16 h locales, à l'issue d'une journée électorale qui s'est déroulée dans le calme.

Dauphin du populaire ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), farouche opposant à l'accord avec les FARC qui a polarisé le pays, Ivan Duque promet de modifier ce texte selon lui trop laxiste envers les ex-chefs guérilleros. Avec son élection, il est devenu le plus jeune président de Colombie depuis 1872.

Ses partisans n'ont pas perdu de temps pour célébrer la victoire. Plusieurs ont fait entendre le klaxon de leur véhicule tandis que d'autres se dirigeaient vers l'endroit où le candidat doit attendre les résultats définitifs.

Des partisans du candidat de droite Ivan Duque célèbrent sa victoire à la présidentielle colombienne. Des partisans du candidat de droite Ivan Duque célèbrent sa victoire à la présidentielle colombienne. Photo : Reuters / Andres Stapff

Le président sortant, Juan Manuel Santos, a qualifié cette présidentielle de « transcendantale », soulignant que « pour la première fois, un ex-commandant des FARC a voté en démocratie, sans armes et comme leader d'un parti politique ».

L'accord, qui a permis le désarmement de 7000 rebelles, a valu à ce président de centre-droit le Nobel de la Paix, mais aussi une impopularité de 80 % dans ce pays de 49 millions d'habitants. Au pouvoir depuis 2010, il se retire à 66 ans, ne pouvant pas se représenter après deux mandats.

Le chef du parti FARC, Rodrigo Londoño, a estimé qu'il fallait rester « vigilants dans cette lutte pour construire les chemins de la réconciliation, qui nous permettent d'édifier en paix la nouvelle Colombie ».

Le pacte signé fin 2016 a clos plus de 52 ans d'affrontements avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie, mais la Colombie peine à émerger du conflit.

Elle reste confrontée à une corruption et des inégalités criantes, notamment en matière d'éducation et santé, ainsi qu'à la violence de groupes armés se disputant le narco-trafic dans ce pays, premier producteur mondial de cocaïne.

Le règne de la droite

Soutenu par les conservateurs, les partis chrétiens, les évangéliques et l'ultra-droite, M. Duque avait remporté 39,14 % des voix au premier tour le 27 mai contre 25,08 % à M. Petro, ancien maire de Bogota et ex-guérillero du M-19 dissout. La participation avait été de 53,9 %. Habituellement moins de la moitié des 36 millions d'électeurs votent.

Novice en politique avec un seul mandat comme sénateur, l'avocat et économiste Ivan Duque se défend d'être la « marionnette » d'Alvaro Uribe.

Deux partisans du candidat de gauche Petro attendent les résultats officiels du deuxième tour de la présidentielle colombienne, à Bogota. Des partisans du candidat de gauche Petro attendent les résultats officiels du deuxième tour de la présidentielle colombienne, à Bogota. Photo : Reuters / Nacho Doce

La gauche colombienne, divisée, a pâti de la présence des guérillas.

Défendant la liberté d'entreprendre pour relancer la quatrième économie d'Amérique latine, M. Duque a répété vouloir « tourner les pages de la corruption, de la politique politicienne, du clientélisme ».

Les deux adversaires s'opposent aussi sur le dialogue avec l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla du pays, en cessez-le-feu pour le scrutin. Gustavo Petro veut le poursuivre; Ivan Duque compte durcir la position gouvernementale.

M. Duque pourra par ailleurs compter sur un soutien important au Congrès, où la droite s'est imposée aux législatives de mars.

Pour sa part, la FARC n'avait même pas atteint les 0,5 % de voix nécessaires pour dépasser les 10 sièges parlementaires octroyés par l'accord.

Clore définitivement le chapitre d'une guerre fratricide, qui a fait au moins 8 millions de victimes entre morts, disparus et déplacés, sera la tâche fondamentale du futur président, intronisé le 7 août.

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