•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cannabis : le Sénat pourrait revenir à la charge

 Philippe-Vincent Foisy écoute Raymonde Saint-Germain à la table d'un café.
La sénatrice Raymonde Saint-Germain en entrevue avec Philippe-Vincent Foisy au Nates, à Ottawa Photo: Radio-Canada / Virginie Gagnon-Leduc
Radio-Canada

Les sénateurs pourraient renvoyer une autre fois à la Chambre des communes le projet de loi sur la légalisation du cannabis, indique la sénatrice indépendante Raymonde Saint-Germain. Dans une entrevue réalisée pour le balado La mêlée politique, elle se dit « déçue » de la réponse du gouvernement Trudeau, qui a refusé leurs principaux amendements.

Un texte de Philippe-Vincent Foisy, animateur du balado La mêlée politique et correspondant parlementaire à Ottawa

Les débats sur la légalisation du cannabis ont mis Raymonde Saint-Germain à l’avant-scène. Elle fait partie des sénateurs qui tentent d’obtenir du gouvernement fédéral certains compromis. Ils veulent notamment permettre aux provinces d’interdire la culture du cannabis à domicile.

La sénatrice Saint-Germain nous rencontre au Nates, jeudi. Elle prend son café avec deux crèmes. « Je l’avoue », dit-elle en riant.

La veille, le gouvernement Trudeau venait de rejeter des amendements importants, dont celui sur la culture à domicile et un autre qui établira un registre public des investisseurs et des administrateurs de l'industrie du cannabis.

C’est certain que c’est décevant, parce que notre rôle, c’est de nous assurer de l’intérêt des provinces et du respect des compétences. Dans le cas présent, la compétence des provinces n’est pas respectée.

La sénatrice indépendante Raymonde Saint-Germain

Les élus de la Chambre des communes vont débattre des modifications en début de semaine prochaine. Le projet de loi sera ensuite renvoyé au Sénat.

« J’ai bon espoir qu’il y aura une insistance sur cette question-là, soutient-elle. J’ai le devoir, comme sénatrice du Québec, de continuer de plaider au maximum. Le projet de loi du gouvernement du Québec est cohérent. »

Selon Raymonde Saint-Germain, le Sénat devrait référer au comité des affaires sociales, qui a étudié le projet de loi dans son ensemble « pour étudier des arguments additionnels quant au maintien de l'amendement ».

Les sénateurs devront par la suite se prononcer à nouveau sur l’amendement.

« On ne peut pas présumer des résultats. Les sénateurs étaient unanimes lors du premier vote, rappelle-t-elle. Si le vote sur cet amendement devait à nouveau inclure le message qu’il faut l’adopter, je pense que notre travail aura été complété et que là, le gouvernement devra à nouveau répondre. »

Il reste techniquement une semaine aux travaux parlementaires, et le gouvernement compte faire adopter le projet de loi avant la pause estivale, puisqu’il faudrait de 8 à 12 semaines avant que les Canadiens puissent consommer légalement du cannabis.

« La barre doit être relevée » au Sénat

La sénatrice nommée en décembre 2016 assure que lors de sa nomination, le premier ministre ne lui a pas demandé de soutenir le programme du gouvernement libéral ni de voter en faveur du projet de légalisation du cannabis.

Raymonde Saint-Germain soutient qu’elle n’aurait pas pu faire son travail s’il avait été teinté par la partisanerie. Celle qui a été sous-ministre au sein du gouvernement québécois avant d’être nommée protectrice du citoyen explique avoir soumis sa candidature pour siéger au Sénat afin de défendre les minorités et le respect des compétences provinciales.

« La politique partisane, je serais incapable; je pense que j’ai une déformation qui m'empêche d’en faire. Je ne pourrai pas voter dans un vote imposé », dit-elle.

La vérité, c’est aussi que je n’ai jamais trouvé dans aucun gouvernement, au Québec ou fédéral, qu’un seul parti avait le monopole de la vérité.

La sénatrice indépendante Raymonde Saint-Germain

Elle affirme vouloir laver la réputation de la Chambre haute.

« Il y a beaucoup d'avancées qui ont été faites, explique-t-elle, citant le rapport du vérificateur général produit dans la foulée du scandale des dépenses au Sénat. Il y a encore place à moderniser l’institution. »

« Je suis obligée de vous dire en sincérité que certains sénateurs, et bien sûr je ne donnerai pas de noms, n’ont pas été nommés sur la base des qualifications requises pour donner un second regard attentif aux projets de loi, admet-elle. Dans chaque groupe, incluant les conservateurs, il y a des sénateurs très compétents, mais la barre doit être relevée. »

Pour écouter l’entrevue : Radio-Canada.ca/meleepolitique

Politique fédérale

Politique