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Stingray crée une chaîne de télévision dédiée aux vidéoclips québécois

Une main tient une télécommande devant un écran de télévision.

La chaîne se nommera PalmarèsADISQ.

Photo : iStock

La Presse canadienne

Mise à mal par la diffusion numérique, par l'absence de vidéoclips à la télévision et par certaines décisions réglementaires, l'industrie de la musique québécoise reçoit finalement un coup de pouce du secteur privé.

La firme Stingray et l'ADISQ ont annoncé vendredi la création d'une chaîne de télévision spécialisée dans le vidéoclip québécois, PalmarèsADISQ, qui sera distribuée par Bell, Vidéotron, Cogeco et TELUS dans six millions de foyers canadiens.

Stingray compte financer ce service d'abord par la commandite et la publicité. Son président, Eric Boyko, a annoncé que l'entreprise versera la moitié de ses profits dans un fonds destiné à la création de vidéoclips québécois.

« Tout le monde connaît l'importance de YouTube, tout le monde connaît l'importance des vidéoclips », a-t-il fait valoir en annonçant la nouvelle vendredi au siège social de l'entreprise à Montréal. « Le but du projet, ce n'est pas seulement de faire de la télévision, c'est aussi de pouvoir créer plus de vidéoclips afin de permettre à nos artistes québécois et francophones d'aller concurrencer les autres artistes sur plusieurs plateformes à l'échelle mondiale. »

Le président de Stingray, Eric Boyko, s'exprime au micro lors d'un point de presse.

Le président de Stingray, Eric Boyko.

Photo : Radio-Canada

L'objectif de Stingray est d'atteindre rapidement un versement annuel d'un million de dollars à ce fonds de création.

La directrice générale de l'ADISQ, Solange Drouin, s'est vivement réjouie de cette décision de Stingray, qu'elle avait elle-même approché dans le but de mener ce projet à terme.

« Quand Solange vient vous voir et vous dit qu'elle veut quelque chose, vous dites oui. On a appris cela très vite », a lancé à la blague Eric Boyko.

« Une décision malheureuse »

Le vidéoclip francophone est pratiquement disparu du paysage télévisuel depuis le changement de vocation des chaînes spécialisées MusiquePlus et MusiMax.

Depuis quelques années, les vidéoclips d'ici ont eu la vie dure. Pourtant, tous les artistes vous le confirmeront, les vidéos sont plus importantes que jamais.

Solange Drouin, directrice générale de l'ADISQ

La directrice générale de l'ADISQ en a profité pour revenir à la charge contre la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui a permis, il y a un an, aux deux chaînes francophones spécialisées en musique de ne plus financer la production de vidéoclips.

« Cette décision malheureuse du CRTC fait en sorte que les vidéoclips de chez nous sont privés de leur principale source de financement », a-t-elle déploré, espérant la mise en place d'un nouveau mécanisme de financement pérenne et structurant.

« Le geste de Stingray de contribuer à la production de vidéoclips, en plus de ramener le vidéoclip à nos écrans, est un symbole fort qui, nous l'espérons, encouragera le CRTC à rendre une décision allant dans le sens des propositions présentées par l'ADISQ », précise-t-elle. L'ADISQ a notamment demandé la création d'un nouveau fonds dédié au vidéoclip, financé par une petite partie des revenus des grands groupes privés de télévision que sont Bell Média, Québecor Média, Groupe V Média, Rogers Media et Corus Entertainment.

La télévision et la radio, toujours pertinentes

Solange Drouin a fait valoir que des sondages réalisés par l'ADISQ démontrent que les Québécois sont informés de la sortie de nouveautés musicales d'abord par la télévision et la radio, « avant les médias sociaux et bien avant les services de diffusion en continu ». Elle a toutefois précisé, à l'instar d'Eric Boyko, que la diffusion de vidéoclips sur la plateforme numérique YouTube est devenue incontournable dans l'univers musical actuel pour rejoindre un auditoire international.

PalmarèsADISQ diffusera des vidéoclips 24 heures sur 24, en faisant une place de choix non seulement aux musiciens québécois francophones, mais aussi à ceux de langue anglaise.

« C'est la première fois qu'un service s'engage à accorder une place déterminée aux artistes du Québec qui chantent en anglais, ce qui est digne de mention », a souligné la directrice générale de l'ADISQ. Une place de choix sera aussi réservée aux artistes francophones du reste du Canada et aux artistes provenant de la francophonie internationale.

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