•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Inondations de 2013: « Au fond, ça a été une bonne chose »

Pascale Tétreault se tient appuyée sur une vitrine remplie de pâtisseries.

La boulangerie de Pascale Tétreault à Canmore a été inondée en juin 2013.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Radio-Canada

Les traces des inondations de 2013 ont complètement disparu de la boulangerie Le Fournil à Canmore. Cinq ans après, la propriétaire des lieux, Pascale Tétreault, a décidé comme beaucoup de sinistrés d'aller de l'avant. Et lorsqu'elle regarde dans le rétroviseur, c'est sans tristesse et même avec un sourire.

Un texte de Tiphanie Roquette

Le désastre naturel a pourtant frappé fort ce commerce naissant. La boulangerie n’était ouverte que depuis 14 mois quand la pluie est tombée sans relâche, faisant gonfler les rivières.

Une de nos serveuses est rentrée dans la cuisine [et a crié] “ l'eau arrive ” et sur le bord des fenêtres on voyait une vague qui s'en venait rapidement , se souvient Pascale Tétreault qui mime avec ses bras l’arrivée de l’eau.

La photo de gauche montre Pascale Tétreault les pieds dans l'eau devant sa boulangerie. La photo de droite montre les planchers couverts de sédiments et d'eau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'eau a ruiné toutes les denrées de la boulangerie, le matériel et les murs.

Photo : Le Fournil

L’inondation et le reflux d’égout ont détruit toute la boulangerie. L’intégralité des pâtisseries, des préparations et du matériel a fini à la poubelle. Les murs saturés d’eau sale ont dû être abattus.

Des émotions en montagnes russes

Sur le coup, je suis tout de suite tombée en mode réaction... Faut qu'on fasse ci, faut qu'on fasse ça… mais c'est par après que là, le choc arrive et qu'on se dit ''c'est sérieux; là, on a tout perdu'' , raconte Mme Tétreault.

Les six premiers mois ont été difficiles. Même si, contrairement à de nombreux sinistrés, l’entrepreneure avait une bonne assurance, celle-ci a demandé beaucoup de reçus pour les remboursements.

C'est vraiment décourageant et on ne voit pas le bout du tunnel.

Pascale Tétreault, sinistrée en juin 2013

La communauté a offert son soutien, mais les attentes et l’attention pressante des Canmorites sont parfois pesantes. Le traumatisme de l’événement a aussi laissé des traces.

Un jour de pluie, je me suis sentie très mal. Je m'en suis rendu compte à cause de la fenêtre qui était ouverte à côté de moi, l'odeur de la pluie est venue me chercher et c'est là que j'ai compris que c'est une sorte de choc post-traumatique , ne cache pas Mme Tétreault.

Apprendre de l'épreuve

La boulangère a pensé tout laisser tomber, mais ses amis l’ont aidée à remonter la pente. Elle reconnaît aussi l’aide du gouvernement provincial, qui a offert des prêts aux petites entreprises et de l’aide psychologique aux sinistrés. Être capable de parler à quelqu’un qui ne vit pas la situation, c’est d’une grande aide. C’est là qu’on mesure si on est capable de recommencer, pense la femme d’affaires.

Quatorze mois après les inondations, Pascale Tétreault a rouvert sa boulangerie, plus forte des leçons apprises du désastre naturel. Elle a épuré le design de son commerce, pour qu'il lui ressemble davantage.

des pâtisseries dans une vitrine réfrigéréeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pascale Tétreault a modernisé le design de la boulangerie lors de la reconstruction.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Son inventaire est tenu à jour et est extrêmement précis, un conseil qu’elle donne à tous les commerçants.

Au final, elle voit ces inondations comme un tournant pour le meilleur.

Le bouton "reset", c’est ça que j’ai eu. J’ai eu la chance de recommencer puis de corriger certaines erreurs du début.

Pascale Tétreault, sinistrée en juin 2013

Depuis la réouverture, les revenus de la boulangerie ont quintuplé. Est-ce que cela veut dire qu’elle est prête à faire face à tous les obstacles? Je ne sais pas. Parfois on se dit que c’est un signe qu’il faudra [peut-être] aller ailleurs, conclut-elle en riant.

Pascale souritAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pascale Tétreault croit que les inondations ont contribué à faire de son commerce un succès.

Photo : Radio-Canada / Louise Moquin

Les inondations de 2013 en chiffres :

  • 345 mm : c’est le volume de pluie le plus important enregistré pendant les inondations au ruisseau Burns, au coeur des montagnes Rocheuses. Le reste de la région a reçu, en deux jours, entre 75 et 175 mm, un volume équivalent à un mois de pluie;
  • 1750 m3/s : c’est le débit de la rivière Bow au centre-ville de Calgary le 21 juin. La rivière coulait plus rapidement que les chutes du Niagara en hiver. La force des flots a arraché les indicateurs sur la rivière Highwood à High River;
  • 32 : le nombre de municipalités qui déclarent l’état d’urgence locale. Le gouvernement provincial déclarera aussi un état d’urgence pour toute l’Alberta;
  • plus de 100 000 personnes : le nombre d’évacués qui doivent fuir la montée des eaux et les pannes de courant. Environ 75 000 d'entre eux sont des Calgariens, 13 000 viennent de High River et 2000 des Premières Nations. Certains devront vivre dans des logements temporaires pendant des mois;
  • cinq morts : Lorraine Gerlitz, Dominic Pearce, Amber Rancourt, Jacqui Brocklebank et Robert Nelson ont perdu la vie durant les inondations;
  • Entre 5 et 6 milliards de dollars de dégâts : la province n’a pas réussi à évaluer précisément les dommages. Plus de 10 000 personnes ont eu recours au programme de remboursement des désastres. Jusqu’à maintenant, environ 2,5 milliards de dollars ont été investis dans la reconstruction, la préparation aux urgences et la prévention des inondations.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Alberta

Entrepreneuriat