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  • Archives
  • Pierre Bourgault, une voix qui percute à Radio-Canada et au Québec

    Dans un studio de télévision, Un Pierre Bourgault songeur est assis. Il y a de la fumée dans l'air.
    Pierre Bourgault participe en 1976 à l'émission « Le 60 ». Photo: Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty
    Radio-Canada

    Le 16 juin 2003 s'éteint une voix qui a marqué l'univers politique, radiophonique et télévisuel du Québec. Pierre Bourgault nous quitte, terrassé par un cancer des poumons. Nos archives conservent plusieurs moments de la carrière polyvalente de cet homme tant à Radio-Canada que sur la scène politique québécoise.

    Pierre Bourgault l’artisan

    Pierre Bourgault est né à East Angus, près de Sherbrooke, en 1934. Étudiant, il ne rêve que de faire du théâtre.

    Après avoir terminé ses études, il trouve ses premiers emplois à Radio-Canada.

    Montage d'archives sur la carrière de Pierre Bourgault

    Notre montage d’archives témoigne de cette étape un peu moins connue de sa carrière. Nous sommes dans la deuxième moitié des années 1950 et au début des années 1960. Pierre Bourgault travaille alors comme régisseur et acteur au secteur Variétés de Radio-Canada.

    Il agit aussi comme animateur et intervieweur dans plusieurs émissions d’information du diffuseur public.

    Une photo prise le 18 janvier 1963 saisit Pierre Bourgault, qui anime alors l’émission 20 ans Express. Il est debout en compagnie de Suzanne-Andrée Dansereau, assistante à la réalisation, Paul-Marie Lapointe, directeur de l’information, et Jacques Faure, réalisateur.

    Pierre Bourgault qui anime « 20 ans Express » est debout à côté d'une table.  À la table se retrouvent également Suzanne-Andrée Dansereau, Paul-Marie Lapointe et Jacques Faure, les autres membres de l'équipe de l'émission. Pierre Bourgault anime en 1963 l'émission 20 ans Express. Il est photographié ici en compagnie de son équipe. Photo : Radio-Canada / André Le Coz

    Plusieurs collègues remarquent son talent à l'époque.

    Le 7 mai 1985, le journaliste et animateur Gérard Pelletier se confie à Aline Desjardins, animatrice de l'émission Avis de recherche. Selon lui, la qualité principale de Pierre Bourgault, comme journaliste, c'est « le coup d’œil ».

    Mais bientôt, Pierre Bourgault se lasse de son travail à Radio-Canada. Il démissionne et part pour l’Europe. À son retour, il entreprend une étape importante de sa carrière : celle de tribun de la cause de l’indépendance du Québec.

    « Jamais je n’irais me battre pour les Anglais! »

    Le 20 décembre 1966, Pierre Bourgault partage avec Fernand Séguin, animateur de l’émission Le sel de la semaine, une anecdote fort amusante. Entre le 1er novembre 1960 et le 20 juin 1962, il joue, dans le téléroman de Marcel Dubé La côte de sable, le rôle du déserteur Mathieu Larocque.

    Une de ses répliques – prémonitoire? – est : « Jamais je ne me battrais pour les Anglais! » Une remarque particulièrement drôle quand on sait la fougue avec laquelle il a combattu pour l’indépendance du Québec dès son retour d’Europe.

    Si son coup d’œil est perçant, sa langue se révèle acérée et habile. Pierre Bourgault est un tribun redoutable. Il place ce talent d’orateur au service du mouvement souverainiste québécois. En 1964, à seulement 30 ans, il devient le président du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN).

    Lors de l’élection générale québécoise de juin 1966, il passe à un cheveu d’être élu député en portant les couleurs du RIN. En septembre 1967, Pierre Bourgault abandonne la direction du RIN. En octobre 1968, le RIN est dissous et se joint au Parti québécois, dirigé par René Lévesque.

    Même s’ils partagent la même passion pour l’indépendance du Québec, Pierre Bourgault et René Lévesque sont loin de faire bon ménage. De caractère trop dissemblable, ils ont des prises de bec épiques et célèbres. Bourgault quittera le Parti québécois en 1981.

    Pierre Bourgault renoue au début des années 1970 avec une étape précédente de sa vie : celle de communicateur. Il est journaliste à l’édition française du magazine Maclean's. L'homme compose des chansons, notamment pour Steve Fiset et Robert Charlebois.

    Il écrit même brièvement pour le magazine Nous, publié par son ami René Homier-Roy, des nouvelles érotiques sous le pseudonyme de Chantal Bissonnette.

    L'animateur Pierre Bourgault, des écouteurs encerclant son cou,
est assis à une table où reposent ses notes qu'il tient d'une main. Près de sa tête, on voit un micro suspendu qui porte une affichette
avec le logo de Radio-Canada. Pierre Bourgeault anime l'émission radiophonique Imprévus du samedi en 1986. Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

    En parallèle, Pierre Bourgault redevient un habitué des ondes de Radio-Canada. Il anime plusieurs émissions de radio, dont Imprévus du samedi.

    Il enseigne également au Département de communications de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il y forme une multitude de celles et ceux qui brillent de nos jours dans les médias québécois.

    D’une certaine façon, les animatrices Marie-France Bazzo et Josée Di Stasio ainsi que l'animateur Guy A. Lepage sont des enfants de Pierre Bourgault.

    Pierre Bourgault a été un communicateur efficace, un politicien passionné et un preux défenseur de la langue française. Il y a 15 ans, le Québec perdait une voix qui a marqué son histoire

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