•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'avocat de Bissonnette plaide pour une libération conditionnelle après 25 ans

Image d’Alexandre Bissonnette tirée d’une caméra de surveillance. Il est assis sur une chaise, face à une table. Vêtu d’une combinaison blanche, il se prend la tête avec sa main droite. Dans le coin supérieur droit de l’image, on aperçoit une autre prise de vue de la caméra, en plongée. Le sergent enquêteur Steve Girard, de la Sûreté du Québec, fait face à Bissonnette.
Alexandre Bissonnette lors de son interrogatoire qui s’est déroulé au quartier général de la Sûreté du Québec le 30 janvier 2017. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

L'avocat d'Alexandre Bissonnette tente de convaincre le juge, lundi, que son client devrait pouvoir demander une libération conditionnelle après 25 ans d'incarcération.

Un texte de Yannick Bergeron

Alexandre Bissonnette s'expose à la plus importante peine de prison jamais imposée au Canada après avoir tué six membres de la communauté musulmane de Québec, en janvier 2017.

Toute la semaine sera consacrée aux débats sur la peine à lui imposer. Le jeune homme de 28 ans pourrait devoir patienter - théoriquement - pendant 150 ans avant d'obtenir une libération sous conditions.

« Dans notre système canadien, la notion de châtiment exclut la notion de vengeance », fait valoir d'entrée de jeu Me Charles-Olivier Gosselin.

L'avocat de Bissonnette insiste : ses représentations n'ont pas pour but de minimiser les impacts « sociaux, politiques et sur les victimes ».

Aucune peine ne permettra de réparer les torts causés, ajoute-t-il.

Jamais libre

Me Gosselin s'attaque ensuite à une « fausse croyance populaire » qui voudrait que les meurtriers soient libérés après 25 ans.

En moyenne, les détenus obtiennent une libération conditionnelle après avoir passé 28,4 ans au pénitencier.

« Et il ne pourra jamais récupérer sa liberté complète, c'est une peine à vie », signale l'avocat de l'aide juridique.

Me Gosselin rappelle que, même si un jour Bissonnette sortait de prison, le tueur aurait des conditions à respecter « pour le reste de ses jours ».

Émotions

Lors du témoignage d'un psychiatre au mois d'avril, le juge François Huot s'était interrogé sur une impression que Bissonnette n'avait pas montré d'émotions, même lors de témoignages de victimes durs à écouter.

L'avocat de la défense a mis en garde le juge contre cette perception, en convenant que son client a fixé le sol pendant la plus grande partie du processus.

« Est-ce qu’on peut reprocher à quelqu’un de se couper de ce qui se passe? » a questionné l'avocat, soulignant l'importante foule qui a assisté aux audiences fort médiatisées.

Me Gosselin voit dans l'attitude de son client une grande distinction par rapport à un meurtrier qui profiterait du tribunal pour se bomber le torse et faire la promotion de son idéologie.

Débat constitutionnel

Me Charles-Olivier Gosselin tentera de se faire convaincant auprès du juge toute la journée, lundi. Après quoi, le procureur de la poursuite, Me Thomas Jacques, plaidera à son tour, mardi.

La poursuite veut demander des peines consécutives.

Si, à la suite de cet exercice, le juge croit qu'il est possible d'imposer des peines consécutives, il entendra le débat sur la constitutionnalité de la loi qui permet de les imposer.

Les avocats de Bissonnette contestent cette disposition du Code criminel.

Les audiences sur la détermination de la peine du meurtrier ont débuté en avril par les témoignages de plusieurs survivants et de proches des victimes.

Justice et faits divers