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Tarifs douaniers : la capitale canadienne de l’automobile s'inquiète

Des travailleurs arrivent à l'usine d'assemblage Fiat Chrysler, à Windsor
L'usine d'assemblage Fiat Chrysler à Windsor Photo: La Presse canadienne / Geoff Robins
Radio-Canada

Si le président américain, Donald Trump, va de l'avant avec sa menace d'imposer une taxe pouvant aller jusqu'à 25 % sur l'industrie automobile, les effets pourraient être sévèrement ressentis à Windsor, la capitale canadienne de l'automobile.

Des résidents de Windsor, dont beaucoup travaillent au sein de l'industrie automobile, sont inquiets. Depuis plusieurs mois, ils surveillent attentivement la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain.

Mais la récente menace du président Trump sur Twitter, au lendemain du Sommet du G7, vient de faire augmenter le stress d’un cran au sein de la communauté du Sud-Ouest de l’Ontario.

Si des tarifs douaniers sont imposés à l’industrie automobile, les conséquences pourraient être dévastatrices et des emplois pourraient être perdus des deux côtés de la frontière.

Le résident de Windsor Mike Mallot travaille dans le milieu depuis plus de 20 ans. Il craint, comme plusieurs, que l’usine d’assemblage Fiat Chrysler soit forcée de déménager aux États-Unis.

Je ne peux même pas imaginer de quoi la ville aurait l’air sans l’usine Chrysler. Windsor deviendrait une ville fantôme.

Mike Mallot, employée à l’usine d’assemblage Fiat Chrysler de Windsor
Le résident de Windsor Mike Mallot travaille dans le secteur de l'industrie automobile depuis plus de 20 ans.Le résident de Windsor Mike Malott travaille dans le secteur de l'industrie automobile depuis plus de 20 ans. Photo : La Presse canadienne / Geoff Robins

L’usine d’assemblage compte quelque 6000 travailleurs. On y trouve la plus large main-d’oeuvre dans le domaine manufacturier au Canada, selon un rapport du Centre de recherche sur les politiques de l'automobile de l'Université McMaster, publié en 2017.

Ford, pour sa part, emploie environ 2330 travailleurs au total dans ses deux usines de montage de moteurs à Windsor.

Le maire de Windsor, Drew Dilkens, reconnaît que le secteur automobile demeure le « pain et le beurre » de la ville, mais souligne que des efforts ont été entrepris pour diversifier l’économie, notamment dans le secteur des technologies de l’information.

Une dépendance dont il faut s'affranchir

Les fabricants de pièces tentent quant à eux de percer dans d’autres industries ou marchés, comme l’explique le directeur général de l'entreprise Laval International, établie à Windsor. Jonathon Azzopardi est aussi membre du conseil d’administration de l’Association canadienne des fabricants de pièces automobiles.

Il remarque toutefois que 70 % des membres de l’Association envoient leur marchandise aux États-Unis et que certaines pièces peuvent traverser la frontière jusqu’à sept fois lors du processus de fabrication.

Jonathon Azzopardi est membre du conseil d’administration de l’Association canadienne des fabricants de pièces automobiles.Jonathon Azzopardi est membre du conseil d’administration de l’Association canadienne des fabricants de pièces automobiles. Photo : La Presse canadienne / Geoff Robins

Les fabricants qui dépendent encore des États-Unis et du secteur automobile devraient être sérieusement préoccupés.

Jonathon Azzopardi, membre du conseil d’administration de l’Association canadienne des fabricants de pièces automobiles

L’industrie automobile, le premier secteur d’exportation au Canada, génère quelque 80 milliards de dollars annuellement en activité économique.

Au pays, cela comprend environ 500 000 emplois directs et indirects, selon l'Association canadienne des constructeurs de véhicules.

Près de 95 % des véhicules construits au Canada sont exportés aux États-Unis.

Avec les informations de La Presse canadienne

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